<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232</id><updated>2012-01-28T21:52:25.727+01:00</updated><category term='Les opéras'/><category term='Morrison Toni'/><category term='Verdi'/><category term='Cinéma 1970'/><category term='Provost Martin'/><category term='Cinema 2000'/><category term='Puccini'/><category term='Rilke R.M.'/><category term='Cavalier Alain'/><category term='Riklis Eran'/><category term='Cinéma 1950'/><category term='Bergman Ingmar'/><category term='Cormac McCarty'/><category term='Cohen Albert'/><category term='Kurosawa Akira'/><category term='Assayas Olivier'/><category term='René Clément'/><category term='Peinture'/><category term='Becker Jacques'/><category term='René Clair'/><category term='Naruse Mikio'/><category term='Eliot George'/><category term='Leroy Mervyn'/><category term='Hitchcock'/><category term='Gavras Julie'/><category term='Duvivier Julien'/><category term='Cinéma 1930'/><category term='Les Livres'/><category term='Schwartz-Bart André'/><category term='Cinema 1990'/><category term='Vautier René'/><category term='Wong Kar-Waï'/><category term='Mendelsohn Daniel'/><category term='Wilder Billy'/><category term='Brontë Charlotte'/><category term='Nothomb Amélie'/><category term='Allen Woody'/><category term='Ray Nicholas'/><category term='Schumann R et C'/><category term='Mizogushi'/><category term='Cinéma 1940'/><category term='Folman Ari'/><category term='Maxence Firmine'/><category term='Wright Joe'/><category term='R.w.Fassbinder'/><category term='Clint Easwood'/><category term='Levi Primo'/><category term='Cinéma 1980'/><category term='Sokourov Alexandre'/><category term='Bashevis Singer Isaac'/><category term='Mankiewicz'/><title type='text'>L'Aide-Mémoire</title><subtitle type='html'>Un blog-notes pour garder l'émotion des livres lus, des films vus, des musiques entendues.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>46</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-1203720187191964128</id><published>2011-11-04T13:49:00.000+01:00</published><updated>2011-11-04T14:06:08.516+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Allen Woody'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinema 2000'/><title type='text'>Whatever works (Woody Allen 2009)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S2w8t595enI/AAAAAAAAAGY/0_johpA9XlA/s1600-h/w1.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 102px; height: 145px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S2w8t595enI/AAAAAAAAAGY/0_johpA9XlA/s200/w1.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5434785609681566322" /&gt;&lt;/a&gt;Le monde est horrible ! Corruption, ignorance, pauvreté, sida, génocide, réchauffement planétaire, terrorisme sont des mots qui font partie de notre quotidien ."L'horreur", disait Kurtz, le héros de Conrad dans Le coeur des ténèbres en découvrant la nature hostile et primitive de la jungle africaine, mais "qu'aurait-il dit, s'il y avait reçu le Times ?"Que faire quand dès le matin, en lisant votre journal quotidien , vous passez du récit d'un massacre au Darfour à celui de l'explosion d'un bus scolaire ? Vous tournez la page et finissez votre petit-déjeuner ! Et que faire d'autre ? C'est trop accablant pour l'individu déjà tourmenté par ses tristes rêves, ses espoirs déçus, sa vie amoureuse insatisfaisante, ses affaires ratées.&lt;div&gt;Pourtant il y a eu tout au long de l'Histoire des hommes, de Jésus à Marx, qui ont eu de grandes idées pour changer le monde. Mais elles souffraient toutes d'une faille irrémédiable, la fallacieuse notion que les gens sont foncièrement honnêtes et n'aspirent qu'à un monde meilleur quand ils ne sont que des vers de terre cupides et lâches . Les êtres humains rendent la vie pire qu'elle ne devrait être et c'est déjà un cauchemar sans leur aide ! Dans l'ensemble on est une espèce ratée dont les membres ne pensent qu'à s'entredévorer dans un monde cruel et sombre.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Peut-on alors trouver un sens à la vie sur terre ? Il ne manque pourtant pas d'idiots bavards qui pensent avoir la réponse . Tout le monde a un avis sur tout , morale, sciences, politique, amour, enfants, sport, santé, tout le monde croit détenir la vérité . Nous croulons sous les informations, les conseils, les recommandations pour vivre mieux, vivre plus vieux. "Être informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, tel est le sort des imbéciles." disait Georges Bernanos. Au final on finit tous par être mis dans une boîte et une nouvelle génération d'idiots vient vous parler de la vie et de ce qu'il convient de faire.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais au fond que fait d'autre le réalisateur de ce film en mettant en scène Boris et ses amis si ce n'est donner sa vision des choses, tout en ayant l'humilité de reconnaître que cela ne signifie "rien, zéro." Et que vient chercher ce public que Boris interpelle au delà de l'écran ? Pourquoi paye-t -il le prix d'une place de cinéma pour écouter l'histoire pas vraiment joyeuse d'un type pas même sympa qu'il ne connaît pas, si ce n'est pour chercher  un écho à ses propres interrogations ?&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Pourquoi vit-on ? Cette question-là qui a toujours paru à Boris Yellnikow bien plus importante que de savoir comment gagner sa vie, préoccupation majeure de ses congénères, il se l'est tant posée, qu'il se réveille la nuit fou d'angoisse à l'idée qu'il va mourir et sans avoir la réponse . Devant l'incompréhension de son entourage face à ses affres métaphysiques, il est persuadé  d'être le seul à avoir une vision lucide de cette société auto satisfaite, violente, illettrée et sexuellement refoulée.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Rien de toutes ces étranges activités que les hommes ont inventées pour s'occuper le corps et l'esprit et oublier qu'ils vont mourir, ne parvient à le distraire de l'existentielle question.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Pourtant selon les critères d'une civilisation barbare et stupide, Boris a eu pas mal de chance dans la vie. Physicien au brillant esprit, il est passé tout près du prix Nobel -décision politique, forcément, comme tous les honneurs bidons!-, il a épousé une femme belle, riche, brillante sans qu'il ne soit satisfait par cette union trop parfaite . Si Boris était un exemple de réussite sociale, il n'était pas heureux pour autant . A force de se cogner contre les murs de l'absurdité du monde, il préféra, se jeter par la fenêtre, espérant ainsi échapper dans la mort aux questions  obsessionnelles qu'il se posait sur la vie.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ironie du sort, n'ayant pas plus réussi à se suicider qu'à vivre heureux, Boris se  réfugia dans une solitude choisie, il se fit ermite au milieu de le ville, s'abandonnant à sa misanthropie constitutionnelle et rejetant en bloc tout ce qui fait le jeu social . Il renonça à plaire à qui que ce soit, afficha sans vergogne son sale caractère et réduisit ses relations humaines à quelques élus avec qui il passait son temps à dire du mal de ce qu'il détestait, les gens et la politique. Il jouait aux échecs aussi,peut-être à son grand regret non pas en héros bergmanien qui attendrait la rupture du septième sceau, mais pour gagner sa vie en donnant des cours à de pauvres gamins devant subir les foudres de son irascible impatience.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Jusqu'à ce que débarque dans sa vie, Mélody Saint Anne Célestine, une petite Eve candide et ingénue tout droit sortie d'Eden, Mississippi, qui aurait croquée la pomme sans avoir eu la révélation du bien et du mal. De questions existentielles, Mélody ne s'en pose pas. Façonnée par une éducation conservatrice et religieuse, ayant passée plus de temps dans les concours de beauté que sur les bancs de l'école, elle a résolu le problème en faisant sienne l'idée que "Dieu a un plan dont nous faisons tous partie."Elle évoque sans angoisses le vie et la mort, raconte en toute simplicité sa première expérience sexuelle, ce péché de la chair qu'elle a trouvé simple et pas compliqué du tout contrairement à Boris qui n'entend dans son récit que l'assouvissement d'un désir animal derrière une tente barbare . Boris n'aime pas faire l'amour. Il n'a que mépris pour cette ridicule gymnastique ,ces coups de rein et ces sauts de carpe, pour citer Albert Cohen, qui conduit  l'individu à se rouler dans une hypocrisie répugnante pour parvenir à ses fins . Et ce n'est pas son ami de toujours, Léo Brockman qui le convaincra du contraire. Il faut entendre cet homme érudit et cultivé, d'une esthétique sensibilité, évoquer les seins de la mère de Mélody, une femme aux antipodes de sa personnalité, qui devrait lui déplaire et qu'il ne pense qu'à séduire,et en appeler à Degas pour justifier ses pulsions sexuelles et recouvrir d'un vernis culturel son attirance purement physique .&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mélody n'est pas effrayée par ce vieil ours qui grogne plus qu'il ne mord, elle le pousse hors de sa tanière, s'extasiant naïvement devant tout ce qu'il lui fait découvrir de la fascinante New-York. Elle sait même, avec son innocente fraîcheur,apaiser les angoisses nocturnes de Boris . Quand il se réveille en hurlant qu'il a vu les ténèbres, elle lui propose simplement de regarder autre chose,et ce vieux petit garçon blotti contre cette  maternelle jeune fille oublie le temps d'un film de Fred Astaire sa peur du néant.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Aussi incroyable que cela puisse paraître, Mélody va tomber amoureuse de ce pessimiste acariâtre et hypocondriaque dont elle a pris le désespoir pour de la sagesse . Elle est fière d'être la femme d'un génie, se pensant trop bête pour que cela puisse lui arriver un jour, génie qui au passage n'exerce pas son rôle de Pygmalion sans une certaine prétention égoïste, n'ayant que faire des goûts de Mélody et ayant décider une fois pour toutes qu'il n'y avait de bons que les siens.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;"Vous y croyez à cette histoire ?" interrogera Boris en s'adressant une seconde fois au public qui est en droit de se poser des questions sur sa vraisemblance . C'est là tout le privilège et le pouvoir de l'auteur qui le temps d'un film se fait démiurge façonnant et animant ses créatures comme bon lui semble. Et il lui semblera bon, après avoir marié Mélody et Boris, de plonger sa jeune héroïne dans une aventure des plus fleur bleue avec un romanesque jeune homme  et  de donner des limites à son histoire d'amour avec Boris, révélant par là-même celles de l'attitude de ce sauvage atrabilaire, si enfermé dans son comportement négatif, si déterminé à ne rien aimer, à ne profiter de rien,à n'être drôle que dans le sarcasme, à ne voir dans les autres que des abrutis hostiles et belliqueux, "comme un enfant qui pique une colère parce qu'il ne peut pas avoir ce qu'il veut."lui dira Mélody,et encore pour lui expliquer qu'elle le quitte "j'aimerais participer au monde, les êtres humains sont peut-être des vers de terre et des crétins ,mais ils ont juste peur..." comme a peur Boris malgré son ironique lucidité,  de tout ce qui peut le faire souffrir, des sentiments, de l'amour et qui ne s'est pas réfugié dans sa tour d'ivoire uniquement par  choix philosophique mais aussi pour, bien à l'abri dans sa solitude et ses habitudes maniaques, échapper aux turbulences de la vie.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Depuis qu'il est en âge de réfléchir, Boris aura été obsédé par "la recherche d'une chose qui donne l'illusion d'avoir un sens pour échapper à la panique ". Et puisqu'il en est arrivé à la conclusion que tout repose sur un hasard dénué de sens , à quoi se raccrocher si ce n'est à l'amour,même s'il ne rime pas avec toujours, l'amour donné, reçu et tout le bonheur et la joie qui va avec. "Le tout c'est que ça marche tant qu'on ne fait de mal à personne."&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Tout au long de la vie on rêve tous de tomber sur la bonne personne,( ce que fera Boris au sens propre du terme lors de son second suicide) !Là encore tout n'est qu'affaire de hasard, le facteur chance y est pour beaucoup .Et le lucide et désabusé Boris n'en finit pas de s'étonner-et nous avec !- sur cet astronomique enchaînement de circonstances,qui fait que parfois deux destins se croisent et qu' alors la vie prend enfin un sens pour deux fuyards cramponnés à leur amour dans ce vaste, sombre,indifférent et incroyablement violent univers.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-1203720187191964128?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/1203720187191964128/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2011/11/whatever-works-woody-allen-2009.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1203720187191964128'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1203720187191964128'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2011/11/whatever-works-woody-allen-2009.html' title='Whatever works (Woody Allen 2009)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S2w8t595enI/AAAAAAAAAGY/0_johpA9XlA/s72-c/w1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-337009661124255014</id><published>2011-01-26T18:01:00.003+01:00</published><updated>2011-01-26T19:53:10.727+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les opéras'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Puccini'/><title type='text'>Tosca (Giacomo Puccini)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #0000ee;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="text-decoration: underline;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S03tX7vsGGI/AAAAAAAAAGI/rsgdK26kQ9w/s1600-h/t1.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5426254121481803874" src="http://3.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S03tX7vsGGI/AAAAAAAAAGI/rsgdK26kQ9w/s200/t1.jpg" style="cursor: hand; cursor: pointer; float: left; height: 143px; margin: 0 10px 10px 0; width: 107px;" /&gt;&lt;/a&gt;Elle voulait vivre d'art et d'amour, Tosca, sans faire de mal à personne,tentant d'alléger les souffrances qu'elle rencontrait.Peu lui importaient la gloire et les honneurs, elle qui donnait ses chants pour embellir les cieux,  peu lui importaient les richesses, elle qui avait offert ses bijoux à la Madonne pour que lui soit tissé le plus beau des manteaux.Aimer et donner était sa religion.Sa foi était sincère et ses prières ardentes même si elle ne venait pas toujours à l'église que pour orner de fleurs les autels . En ce lieu divin elle retrouvait Mario Caravadossi, l'homme qu'elle aimait,ce cadeau du ciel, ce don de Dieu . Et si elle s'abandonnait dans ses bras sous le regard de la Vierge Marie qui ne pouvait être que bienveillant, elle ne commettait nul sacrilège tant leur amour était de ceux qui par leur rayonnement embellissent le monde.Pour Mario, Tosca brûlait d'un amour fou, il était toute sa vie . Sa seule attente était de le rejoindre dans leur petite maison, leur refuge sacré ignoré de tous, plein d'amour et de mystère.Là dans la clarté de la lune, le coeur grisé du parfum des fleurs, ils écouteraient ensemble les voix de la nuit qui murmurent leurs mille chansons d'amour et ce chant céleste résonnerait à travers les buissons et les forêts, à travers les prairies tressaillant sous la brise marine jusqu'à la voûte étoilée où flotte le désir.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Mais il est des êtres qui ne connaissent de jouissance qu'en foulant aux pieds le bonheur des autres.Scarpia était de ceux-là . S'il voulait la tête de Caravadossi parce qu'il n'acceptait pas de courber l'échine devant le tyran et se riait de son pouvoir , plus encore il convoitait Tosca.Ce bigot sadique, tour à tour confesseur ou bourreau,cachait sous le manteau de la religion sa nature perverse et son goût pour la débauche.S'il poursuivait Tosca, ce n'était pas par amour  ni même par passion.Il n'avait aucun goût pour les consentements résignés et les serments au clair de lune, il n'avait que mépris pour les soupirs et les airs de guitare.Ce qui enflammait Scarpia, c'était les conquêtes difficiles, la poursuite de son désir jusqu'à l'assouvissement pour mieux le rejeter ensuite et se chercher une nouvelle proie.Pour posséder Tosca il ne reculerait devant rien, torturant son âme à plaisir, sa souffrance ne faisant que fouetter son désir.Loin de l'émouvoir, ses larmes seraient du feu  coulant dans les veines de Scarpia, ses spasmes de colère seraient pour lui comme des spasmes d'amour.Ce qu'il voulait plus que tout, c'était  voir plier cette femme aux yeux si fiers brûlants de passion, il la voulait humiliée, avilie et que par amour pour Caravadossi, pour lui épargner la vie, enfin elle s'offre à lui, Scarpia.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le baiser que Tosca donnera à Scarpia sera un baiser de mort.De ses douces et blanches mains faites pour cueillir les roses et caresser les petits enfants,ses mains qui si souvent s'étaient jointes pour prier Dieu, Tosca, si bonne et si compatissante, plongera un couteau dans le coeur du tyran devant qui tout Rome tremblait. Elle se fera Justice pour sauver l'homme qu'elle aime.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S1WUcJrIPXI/AAAAAAAAAGQ/B4PIFmfu6bE/s1600-h/t2.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5428408137219063154" src="http://4.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S1WUcJrIPXI/AAAAAAAAAGQ/B4PIFmfu6bE/s200/t2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 99px; margin-bottom: 10px; margin-left: auto; margin-right: auto; margin-top: 0px; text-align: center; width: 111px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Dans sa prison de San Angello, Caravadossi attendait la mort et si elle lui était cruelle c'est parce que son rêve d'amour à jamais s'enfuyait, son amour pour Tosca, puisque la vie n'avait de sens qu'avec elle, puisqu'il ne voyait qu'à travers ses yeux, puisque la beauté de tout empruntait à elle seule sa voix et sa couleur. Au moment de  quitter cette terre, c'était à Tosca qu'il pensait, "E lucevan le stelle", à ces nuit où les étoiles brillaient, la terre embaumait, la porte du jardin grinçait et où le bruit d'un pas faisait craquer le gravier. Là elle entrait toute fraîche, se jetant dans ses bras. Ah ses doux baisers, ses tendres caresses qui faisaient trembler Mario !Il allait mourir désespéré et il n'avait jamais autant aimé la vie.Et à entendre cet air ô combien connu, si tragique que même sans en comprendre les paroles, on est remué jusqu'au fond de l'âme, cette plainte bouleversante qui monte dans la nuit, il faut être totalement insensible pour ne pas sentir ses yeux se remplir de larmes.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le temps d'un dernier rêve leur sera offert, le temps d'un rêve de fuite, du rêve d'un ailleurs où leurs âmes se nourriraient d'espoirs nouveaux, d'ardeurs célestes pour s'élever jusqu'à l'extase de l'amour.Fuir ce monde cruel qui ne laisse pas de place à ceux qui s'aiment, prendre la mer et à jamais unis dans les sphères célestes, se dissiper au dessus des flots, au soleil couchant dans un nuage léger.Partir loin de cette terre de douleurs pour un pays parfumé de roses où libres, ils pourraient répandre leur amour sur le monde en harmonieuses chansons, en harmonieuses couleurs. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Leur voyage ne sera qu'un ultime  songe.Poursuivis au delà de la mort par la perfidie de Scarpia que leur amour n'a pas réussi à désarmer, c'est pour toujours que Tosca fermera les yeux de Mario de mille baisers d'amour avant de le rejoindre en se jetant dans l'abîme.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-337009661124255014?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/337009661124255014/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2011/01/tosca-giacomo-puccini.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/337009661124255014'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/337009661124255014'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2011/01/tosca-giacomo-puccini.html' title='Tosca (Giacomo Puccini)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S03tX7vsGGI/AAAAAAAAAGI/rsgdK26kQ9w/s72-c/t1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-6071343811099639735</id><published>2010-12-14T16:42:00.002+01:00</published><updated>2011-06-14T13:33:23.641+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='René Clément'/><title type='text'>Monsieur Ripois (René Clément 1953)</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/TP5HauFC5OI/AAAAAAAAAfA/1cbi6cKKKZY/s1600/MONSIEUR+RIPOIS.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/TP5HauFC5OI/AAAAAAAAAfA/1cbi6cKKKZY/s320/MONSIEUR+RIPOIS.jpg" width="231" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Quel sale type, ce monsieur Ripois et comme il m'a dans un premier temps étonnée ce héros du film de René Clément à être dessiné de façon aussi antipathique, arriviste sordide ne reculant devant aucune bassesses pour parvenir à ses fins, se servant honteusement de son pouvoir de séduction &amp;nbsp;sur les femmes.&lt;br /&gt;Un héros étonnant parce qu'il a le romantique visage de Gérard Philippe et que, s'il n'y a aucune peine à &amp;nbsp;l'imaginer séduisant ce héros, il me parait plus difficile de le croire totalement cynique et égoïste sans une once de sensibilité.De là vient la complexité et l'ambiguïté du personnage , de cet homme qui pour conquérir Patricia, la meilleure amie de sa femme,décide de lui raconter sa vie de séducteur en toute franchise,sans rien omettre de ses zones d'ombre pour la convaincre de la sincérité de son amour pour elle.&lt;br /&gt;Un héros étonnant,parce que dans le cinéma français de ces années là, ce sont plutôt les femmes qui avaient le mauvais rôle, qu'elles soient fatales ou franchement garces,voire même naïvement perverses, ce sont elles qui conduisent les hommes par le bout du nez et les mènent à leur perte. De Duvivier à Allégret en passant par Clouzot ou Grémillon, de la Gaby de Pépé à Dora en passant par Jenny Lamour ou Madeleine , elle est longue la liste de ces femmes rouées et manipulatrices qui piétinent sans scrupule la vie des hommes qui les aiment et laissent derrière elles un champ de ruines.Au passage, l'histoire de ce monsieur Ripois a d'ailleurs bien des points communs avec celle de Dora dans Manège d'Allégret.&lt;br /&gt;Alors René Clément avait-il décidé de prendre le contre-pied de ces réalisateurs qui diabolisaient les femmes, André Ripois était-il le pendant masculin de ces traîtresses héroïnes ?Pas sûre !&lt;br /&gt;André Ripois est un Don Juan.Il en a tous les traits de caractère et il en aura le destin tragique.Il vit dans l'instant et le plaisir immédiat, il rejette toutes contraintes et toutes règles, qu'elles soient morales ou sociales. La séduction est son métier et il est prêt à aller très loin pour gagner la partie quitte à se mettre en danger, à risquer sa vie, n'abandonnant que lorsqu'il sent sa très chère liberté menacée.Il n'a alors d'issue que dans la fuite.Mais face à lui, ses femmes d'âges et d'origines sociales différentes ne sont pas que d'innocentes et involontaires victimes.Si elles se laissent prendre dans ses filets, étourdir par ses belles paroles, c'est comme pour mieux le posséder.Quand elles ont succombé, elles n'ont plus qu'une idée,l'infantiliser, faire de lui leur chose, leur jouet, leur poupée qu'elles peuvent bercer,nourrir, chérir, gronder,comme bon leur semble, préférant l'illusion des sentiments à leur réalité.Que ce soit Norah, son autoritaire supérieure hiérarchique qui prend un plaisir presque sadique à le voir se débattre avec les rouleaux de papier peint avant d'exiger sa ration de tendresse et de caresses, ou la romantique et vertueuse Anne,certes lâchement abusée mais qui après une promesse de mariage ne rêve plus que buffets et casseroles et le traîne de vitrine en vitrine pour meubler leur futur nid conjugal ou encore Marcelle, la prostituée au grand coeur qui le ramasse sale et affamé un soir dans la rue, un chien perdu qu'elle conduira chez elle et traitera comme son chien, oh un chien bien traité, nourri, paré et qui l'attend sagement sur le canapé, avec la radio en fond sonore pour qu'il ne s'ennuie pas.Quant à Catherine, la femme légitime , belle ,riche, intelligente et entourée, elle ne peut être dupe de ce trop charmant professeur de français qui n'a pour méthode d'enseignement que son sourire charmeur et son regard enjôleur et qui le jour même du mariage n'a d'yeux que pour sa meilleure amie Patricia.Catherine a envie d'être dupée, comme Norah, Marcelle ,Anne, elle a envie de continuer à aimer non pas André Ripois mais à travers lui, une certaine idée de l'amour, envie de continuer à faire de cet homme à la jolie figure le support de ses fantasmes et de ses rêves.&lt;br /&gt;Par le hasard ou les lois du destin,Catherine aura son jouet pour elle seule et elle pourra le promener indéfiniment dans son fauteuil-poussette en se racontant des histoires sans plus avoir à craindre qu'on ne lui prenne ou qu'il ne lui échappe, cet André Ripois qui définitivement privé de sa vitale liberté n'aura pas besoin d'être entraîné dans les abîmes de la terre pour connaître l'enfer.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-6071343811099639735?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/6071343811099639735/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/12/monsieur-ripois-ren%C3%A9-cl%C3%A9ment-1953.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6071343811099639735'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6071343811099639735'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/12/monsieur-ripois-ren%C3%A9-cl%C3%A9ment-1953.html' title='Monsieur Ripois (René Clément 1953)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/TP5HauFC5OI/AAAAAAAAAfA/1cbi6cKKKZY/s72-c/MONSIEUR+RIPOIS.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-7549699128282260528</id><published>2010-12-07T10:13:00.011+01:00</published><updated>2012-01-28T21:52:25.825+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Hitchcock'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>La mort aux trousses (Alfred Hitchcock 1959 )</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/TNqiPw2KbeI/AAAAAAAAAe0/vCD7oHQIZCo/s1600/la_mort_aux_trousses4.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/TNqiPw2KbeI/AAAAAAAAAe0/vCD7oHQIZCo/s320/la_mort_aux_trousses4.jpg" width="240" /&gt;&lt;/a&gt;Sans vouloir comparer nos vies aux aventures extraordinaires de Roger Tornhill, je me demandais malgré tout après avoir vu ce film si ce n'était pas le sort de tout un chacun que de vivre avec la mort aux trousses. La mort aux trousses et seul, petite fourmi noyée dans la foule new-yorkaise ou minuscule silhouette perdue au milieu de nulle part dans &amp;nbsp;la campagne désertique, qui plus est poursuivie &amp;nbsp;par un avion quand elle n'est pas accrochée aux gigantesques sculptures du mont Rushmore.La mort aux trousses, seul et balloté dans un monde kafkaïen au gré de forces incontrôlables.Car aussi sûr de lui et assuré de sa position d'homme séduisant qui a réussi socialement qu'est Roger Tornhill,au final, il ne maîtrise rien.Le voilà projeté en un instant par le hasard du destin dans un univers absurde et cauchemardesque, lancé dans un voyage qu'il n'a pas choisi et dont il ne connait pas la destination, embarqué contre son gré dans ce train qui ressemble diablement à la vie, à la recherche de son identité puisqu'on le prend pour un autre, y compris ses proches qui ne croient pas un mot de son histoire.Seul et ne pouvant compter sur personne puisqu'il doit même monnayer son aide auprès de sa mère, désespérément &amp;nbsp;à la recherche de la vérité, du sens de toute cette histoire.Seul et manipulé pour d'incompréhensibles intérêts par des hommes cupides et des femmes vénales, ces dernières utilisant leur arme fatale, la séduction trop souvent confondue avec l'amour.Et finalement c'est l'amour qui &amp;nbsp; lui fera retrouver et son identité et la vérité , à lui et à celle qui fut son ennemie dans un premier temps, Eve Kendall.Parce qu'ensemble, ils vont apprendre à ne plus agir dans leur seul et égoïste intérêt mais à se mettre en danger et à s'oublier &amp;nbsp;pour l'autre.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ceci dit, ces quelques lignes sont tout à fait contestables puisque leur point de départ &amp;nbsp;n'est que la traduction française. &amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-7549699128282260528?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/7549699128282260528/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/la-mort-aux-trousses-alfred-hitchcock.html#comment-form' title='11 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/7549699128282260528'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/7549699128282260528'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/la-mort-aux-trousses-alfred-hitchcock.html' title='La mort aux trousses (Alfred Hitchcock 1959 )'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/TNqiPw2KbeI/AAAAAAAAAe0/vCD7oHQIZCo/s72-c/la_mort_aux_trousses4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-925870082008115111</id><published>2010-11-30T10:43:00.007+01:00</published><updated>2011-11-04T14:25:03.488+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1970'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Allen Woody'/><title type='text'>Annie Hall (Woody Allen 1977)</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/TAUOB_6HFyI/AAAAAAAAAHw/bEb8A76Isz4/s1600/ah1.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5477799949263902498" src="http://2.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/TAUOB_6HFyI/AAAAAAAAAHw/bEb8A76Isz4/s400/ah1.jpg" style="cursor: hand; float: left; height: 133px; margin: 0px 10px 10px 0px; width: 93px;" /&gt;&lt;/a&gt; Pourquoi n'ai-je encore rien trouvé de mieux pour combattre la morosité qui souvent m'assaille le dimanche soir que de revoir un film de Woody Allen, d'un homme qui pourtant voit la vie comme un moment "de solitude, de souffrances et de malheur" où il y a deux voies possibles ," l'horrible et le misérable" et pourquoi, quand surgit le générique de fin, mon humeur sombre a-t-elle fait place à une euphorisante légèreté ?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Une des clés de cet effet thérapeutique se trouve peut-être dans la dernière scène d'Annie Hall, le premier film de l'abondante filmographie de Woody Allen que je revois avec plaisir.On y découvre Alvy Singer, un des nombreux personnages doubles de Woody Allen, mettre en scène une pièce de théâtre largement inspirée de son histoire d'amour manquée avec Annie Hall/Diane Keaton, mais une histoire revue et corrigée grâce à &amp;nbsp;son pouvoir de créateur, ce qui &amp;nbsp;lui permet de réécrire le scénario de la vie à l'aune de son désir, la vie &amp;nbsp;en mieux quoi !Et c'est ce que fait Woody Allen film après film, balançant sans cesse entre illusion et réalité et cela de la façon la plus réjouissante qui soit. Il expose avec humour et lucidité ses angoisses existentielles d'être humain perdu dans ce vaste monde hostile qui pour peu qu'on soit un tantinet angoissé et lucide soi -même, font écho aux nôtres,il fait &amp;nbsp;de ses névroses sa source d'inspiration batissant un univers de fiction qui devient tangible à force de nous être familier, un univers où il nous donne rendez-vous.Il nous invite à observer ce bal des casse-pieds qu'est souvent la vie mais un bal où il s'offrirait le luxe par sa baguette magique de réalisateur de faire changer le sens de la danse.&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/TAUNLsQBgGI/AAAAAAAAAHg/tyw57lXEj-U/s1600/ME0000029377_3.JPG" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ainsi quand dans la file d'attente d'une salle de cinéma, Alvy s'énerve contre un prétentieux pontifiant qui pérore sans vergogne sur Fellini ou Becket et se targue de sa chaire d'université et de sa thèse sur Mc Luhan pour rendre irréfutables ses discours suffisants, il se permet d'aller chercher le véritable Marshall Mc Luhan qui justement, par le plus grand des hasards se trouve là et qui en quelques mots cloue le bec de l'impudent.Avec cette conclusion d'Alvy à laquelle on ne peut qu'adhérer et rêver :"Ah, si c'était ça la vie !"en s'adressant directement au public, à nous car l'écran n'est en rien une séparation infranchissable et Woody Allen use de ce procédé quand il lui chante nous impliquant un peu plus dans son histoire et rendant plus floue encore la frontière entre fiction et réalité.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les occasions de s'énerver pour ce lucide pessimiste qui se protège derrière sa dérision qu'est Alvy &amp;nbsp;sont nombreuses &amp;nbsp;et les dialogues du film sont émaillées de réflexions acerbes sur ses sujets d'exaspération.Sont particulièrement insupportables, pour lui que sa mère définissait déjà comme un enfant qui ne faisait rien comme tout le monde et ne s'entendait avec personne, les idiots bavards et tous ceux qui prétendent savoir ce qu'il faut faire.Ils fuient les soirées branchées que ce soit celles qu'affectionnait sa seconde femme,celle qui faisait des &amp;nbsp;pulsions animales d'Alvy un concept psychanalytique,soirées réunissant de pseudo-intellectuels en proie à l'incontinence verbale ou bien dans un autre style mais dans le même genre, les soirées organisées dans le monde du showbizz où l'obsession du paraître semble être à son paroxisme,faisant regretter à Alvy sa solitude, même s'il y a abondance de filles jolies et peu farouches.Il revendique le droit de n'être pas dans le coup, de détester le soleil, la macrobiotique,les familles américaines types cachant leurs névroses sous une lisse image resplendissante de santé, la Californie trop propre, le rock,il revendique le droit d'échapper au diktat de rester jeune à tout prix, de chercher sans cesse la nouveauté et le plaisir immédiat que ce soit en essayant des substances illicites ou rencontrant de nouvelles têtes.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Lui est insupportable de faire des choses qu'il n'aime pas pour gagner sa vie, comme d'écrire pour des artistes qu'il trouve pathétiques et détestables sans pouvoir leur dire ou de participer à des émissions de télé ineptes à en avoir la nausée, expression qu'Alvy qui est un as de la somatisation n'entend pas qu'au sens figuré,il a la nausée et le vertige face au vide culturel où le monde s'enfonce.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Alvy veut être lui en toute liberté, ne pas se laisser enfermer dans le conformisme ambiant, ne pas se laisser absorber par le groupe et ses modes ,façonner par la pensée unique et réductrice.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Seule issue pour Alvy,chercher la perfection dans l'art puisqu'il ne la trouve pas dans la vraie vie, cette" vie qui imite plus souvent &amp;nbsp;la mauvaise télévision que l'art."Et il y a un petit plaisir narcissique &amp;nbsp;pour le spectateur non américain dont je fais partie à entendre Woody Allen à travers ces personnages faire sans cesse référence à la vieille Europe en matière de culture:de Bergman à Thomas Mann,de Mozart à Mahler en passant par Ophuls,Fellini,Renoir, Flaubert....excepté Wagner qui immanquablement lui fait entendre le bruit des bottes quand il ne lui donne pas envie d'envahir la Pologne.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Quand Alvy rencontrera Annie Hall, il voudra lui faire partager ses goûts.On les verra au cinéma allant voir Bergman ou Le chagrin et la pitié, choisissant des livres ensemble et pour elle , de préférence avec le mot mort dans le titre ou se disputant sur l'utilité ou pas de cours du soir pour Annie qu' Alvy trouve sans vouloir l'avouer vraiment un peu godiche et provinciale.C'est que si pour Alvy la mort est la seule grande question importante, l'amour et les relations homme/femme restent la préoccupation majeure du quotidien.Un amour qui n'hésite pas à flirter sans complexes avec le romantisme le plus cliché mais ô combien délicieux : balade au bord de mer, coucher de soleil,diner aux chandelles, promenade dans un parc new-yorkais où ils s'attardent à observer les passants (comme cette vieille femme donnant à manger aux pigeons), &amp;nbsp;mais un amour qui est si difficile à concilier avec l'individualité de chacun et les compromis que demande la vie de couple. Annie et Alvy, par exemple n'ont pas forcément les mêmes aspirations et la même façon d'envisager la vie.Ils se sont plus, passent de bons moments ensemble et de fichus quarts d'heure.Ils pratiquent allègrement la gymnastique proustienne à grands renforts de "tu m'aimes, je te fuis", "je t'aime tu me fuis". Kafkaïennes histoires d'amour !Quand Alvy a rencontré sa première femme, Alisson, un parfait "stéréotype culturel judéo-new-yorkais politiquement à gauche, genre friquée bon chic bon genre",qui plus est &amp;nbsp;jolie, elle lui correspondait parfaitement et pourtant il fera tout pour faire échouer leur relation, totalement innhibé par cet idéal de femme,tellement idéale qu'elle en devenait castratrice , comme s'il avait besoin de conserver un certain ascendant sur les femmes de sa vie pour exister, le sentiment de leur être un tantinet supérieur par sa lucidité ou sa cérébralité . Alvy fera au passage devant Annie quelques démonstrations de sa mâle attitude dans d'hilarants combats avec des homards ou des araignées, scènes franchement burlesques, qui me font mourir de rire.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Incompréhensibles histoires d'amour qui font se rencontrer des hommes et des femmes qui ne se correspondent pas vraiment, qui disent s'aimer &amp;nbsp;et ne savent pas seulement partager sans mesquinerie leurs livres quand ils se séparent.Et ce ne sont ni les passants interrogés dans la rue, ni les psychanalystes qu'Alvy fréquentent assidument qui apportent réponse à ses questions.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Au fond si tout ce petit monde se cherche et se déchire en faisant une telle "fixation sur l'orgasme", c'est pour échapper à la béance de l'existence et si chacun se fourvoie dans des relations sociales au final décevantes et insastisfaisantes, c'est tout simplement pour échapper à l'angoissante solitude de la vie.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;De 1977 à 2009, de Annie Hall à Whatever works, de Alvy Singer à Boris Yellnikow, il n'y a rien de bien nouveau dans le ciel allennien.Et c'est peut-être ça au fond , cette familiarité et cette permanence rassurantes qui font que j'ai toujours le même plaisir à m'évader en passant un petit moment dans son univers fantasque et bavard.&lt;/div&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/TAUNLsQBgGI/AAAAAAAAAHg/tyw57lXEj-U/s1600/ME0000029377_3.JPG" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-925870082008115111?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/925870082008115111/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/annie-hall-woody-allen-1977.html#comment-form' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/925870082008115111'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/925870082008115111'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/annie-hall-woody-allen-1977.html' title='Annie Hall (Woody Allen 1977)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/TAUOB_6HFyI/AAAAAAAAAHw/bEb8A76Isz4/s72-c/ah1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-4188385337405990499</id><published>2010-11-23T15:40:00.008+01:00</published><updated>2011-06-14T13:35:15.194+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='René Clair'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1930'/><title type='text'>A nous la liberté (René Clair 1931 )</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/TN0ZB-zYKuI/AAAAAAAAAe4/b_DSOf5PvXw/s1600/a_nous_la_liberte2.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/TN0ZB-zYKuI/AAAAAAAAAe4/b_DSOf5PvXw/s320/a_nous_la_liberte2.jpg" width="228" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;"Le travail, c'est obligatoire car le travail c'est la liberté." assène le maître d'école à ses élèves pour bien faire entrer le message dans les petites têtes studieusement penchées sur leurs cahiers, une position qu'elles devront s'habituer à garder pour trouver leur place dans le monde.&lt;br /&gt;Et si les aventures d'Emile et Louis, les deux héros du film de René Clair, commencent derrière les barreaux, c'est comme pour mieux tirer les parallèles entre le monde carcérale et celui du travail.Même décor, de grands espaces déshumanisés de béton et d'acier cernés de murs épais, fermés de hautes grilles, une lumière blafarde et artificielle comme pour mieux oublier les envies d'escapade que fait naître celle du soleil, même longues chaînes de travail autour desquelles s'agitent de manière mécanique des hommes devenus les rouages interchangeables d'une immense machine à produire, même règles asservissantes, même surveillance humiliante exercée par des gardiens ou des contre-maîtres dont seul l'uniforme varie, même aliénation dans le travail à exercer des tâches fastidieuses et répétitives qui dépossèdent de ses forces le corps et l'esprit.Si les ouvriers entrent et sortent de leur plein gré de l'usine, leur liberté n'en est pas moins factice, astreints qu'ils sont à se conformer aux ordres de la pointeuse,aux déplacements en troupeau, aux abus de pouvoir de chefaillons en mal d'autorité,astreints à se laisser parquer, étalonner, ficher, échangeant leur identité contre un numéro de matricule.&lt;br /&gt;Mais aussi domptés que puissent être les hommes, matés, soumis, on ne peut les empêcher de rêver de &amp;nbsp;liberté dans un coin de leur tête. Emile et Louis derrière leurs barreaux partagent le même espoir : la grande évasion.Et si pour mieux les museler on leur interdit de parler, rien ni personne ne peut détruire cette connivence tacite qu'il y a entre eux, qui naît d'un regard, d'un sourire esquissé, d'un clignement de l'oeil.Parce que...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial; font-size: 15px;"&gt;...la liberté c'est toute l'existence&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial; font-size: 15px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial; font-size: 15px;"&gt;Mais les humains ont créé les prisons&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial; font-size: 15px;"&gt;Les règlements, les lois, les convenances&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial; font-size: 15px;"&gt;Et les travaux, les bureaux, les maisons&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Deux hommes, deux visions de la liberté.&lt;br /&gt;La tentation est grande, pour ceux qui ont fait partie du camp des dominés, de penser la liberté du côté des dominants, de ceux qui ont le pouvoir et Louis le futé en fera l'expérience.Astucieux roublard, il gravira la pyramide jusqu'à son sommet.Le voilà riche et respecté pour son argent,s'offrant même le luxe d'être honnête, traînant dans son sillage tous ceux qui cachent leur vénalité sous une répugnante hypocrisie.Là à la tête&amp;nbsp;de gigantesques usines produisant des phonographes, de ces phonographes sur lesquels les jeunes filles aiment tant écouter des chansons d'amour,il exerce sans scrupules sur de pauvres bougres l'oppression qui, il y a peu lui faisait scier les barreaux de sa cage et sauter par-dessus les murs. Est-elle là la liberté, vivre dans une vaniteuse démesure, dans cette immense et somptueuse villa, où malgré les stucs et les dorures, l'homme semble aussi peu à sa place qu'il ne l'était dans l'usine ou la prison, rivé une fois de plus à une &amp;nbsp;table certes brillant de l'éclat du cristal et de l'argenterie et chargée des plus riches nourritures mais où il est entouré de &amp;nbsp;faux-amis qui le méprisent en secret, corseté dans son habit de nouveau riche et ligoté par les convenances du jeu social ?Ridicules marionnettes s'agitant dans un décor de théâtre, passant leur vie à amasser de l' argent qui au final n'est rien d'autre que du papier, du papier qui se vole et qui s'envole !&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial; font-size: 15px;"&gt;Pourquoi faut-il se compliquer la vie ?&lt;br /&gt;Pour de l'argent se faire des cheveux&lt;br /&gt;Alors qu'on peut suivre sa fantaisie&lt;br /&gt;Quand on est libre, on fait tout ce qu'on veut&lt;br /&gt;On vit heureux selon ses vœux&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial; font-size: 15px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;Pour Emile l'ancien compagnon d'infortune de Louis, ce n'est pas ça la liberté, lui qui &amp;nbsp;a sacrifié la sienne pour que Louis puisse se sauver lorsqu'ensemble ils se sont évadés.Vivre libre, c'est vivre le nez au vent, profiter du temps qui passe,respirer l'air pur,se chauffer au soleil, regarder la course des nuages dans le ciel allongé dans l'herbe verte, s'émerveiller de la beauté des fleurs et de celle des des jeunes filles, tous ces plaisirs simples et gratuits que lui offre la nature, si loin des gris et sinistres paysages &amp;nbsp;des villes obscurcis par la fumée des cheminées d'usine Il l'aime tant sa liberté que pour la garder il est prêt à lui sacrifier sa vie, à fuir dans la mort ces prisons où sans cesse le respect de l'ordre le ramène.Dans ce monde là où l'on vénère comme des dieux le profit et la rentabilité, il n'y a pas de place pour les rêveurs et les vagabonds heureux.Car l'argent n'intéresse pas Emile, ce sale argent pour lequel les hommes sont prêts à se vendre et même à vendre leurs filles, ces filles qui à susciter la convoitise deviennent de précieuses marchandises que l'on protège,que l'on enferme derrière des grilles, fussent-elles cachées sous les fleurs. Seul le &amp;nbsp;visage de Jeanne aurait pu convaincre Emile de se laisser enfermer dans une prison d'amour par cette belle geôlière.Mais puisqu'elle en aime un autre, Emile respecte trop la liberté pour contraindre celle qu'il aime.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial;"&gt;Mon vieux copain, la vie est belle&lt;br /&gt;Quand on connaît la liberté&lt;br /&gt;N'attendons plus, partons vers elle&lt;br /&gt;L'air pur est bon pour la santé&lt;br /&gt;Partout, si l'on en croit l'histoire&lt;br /&gt;Partout, on peut rire et chanter&lt;br /&gt;Partout, on peut aimer et boire&lt;br /&gt;À nous, à nous la liberté !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;C'est un conte, c'est une fable, ce film de René Clair qui traite d'un sujet sombre sur un ton joyeux et même optimiste puiqu'il a imaginé une fin idéale où Louis, avant de reprendre la route avec son copain Emile, offre ses usines à ses ouvriers qui, délivrés par le progrès de l'asservissant travail, peuvent enfin profiter de la vie ,rire et danser.Peu de dialogues, tout est suggéré par l'image, le décor, le mouvement&amp;nbsp;entre cinéma muet et cinéma parlant .&amp;nbsp;Mais sous le propos faussement naïf ,sous l'apparente légèreté se cache une féroce satire de la société dirigée par son goût de l'argent.Tout le film est ainsi, balançant entre gravité et drôlerie comme si René Clair à travers l'oeil de sa caméra avait décidé d'en rire pour ne pas en pleurer, de nous montrer l'absurdité de &amp;nbsp;ce monde féroce à travers la loupe du burlesque.Et il avait un sacré regard,ce réalisateur, qui mériterait bien qu'entre Métropolis et Les temps modernes, on lui fasse une place un petit peu plus grande.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/TOvT5XO4E4I/AAAAAAAAAe8/Sw3EseXmbZg/s1600/A_Nous_La_Liberte_22.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/TOvT5XO4E4I/AAAAAAAAAe8/Sw3EseXmbZg/s1600/A_Nous_La_Liberte_22.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial; font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: #662222; font-family: arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-4188385337405990499?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/4188385337405990499/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/nous-la-liberte-rene-clair-1931.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/4188385337405990499'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/4188385337405990499'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/nous-la-liberte-rene-clair-1931.html' title='A nous la liberté (René Clair 1931 )'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/TN0ZB-zYKuI/AAAAAAAAAe4/b_DSOf5PvXw/s72-c/a_nous_la_liberte2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-6117826089027517154</id><published>2010-11-13T09:05:00.000+01:00</published><updated>2010-11-13T09:05:09.826+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Schumann R et C'/><title type='text'>Lettres d'amour de Robert et Clara Schumann</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/Sxj65UAvldI/AAAAAAAAAGA/3G6Jf13zxCo/s1600-h/9782283023617.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5411350814816966098" src="http://3.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/Sxj65UAvldI/AAAAAAAAAGA/3G6Jf13zxCo/s200/9782283023617.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 200px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 137px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Clara Wieck aime et elle est aimée.Par son comportement et son attitude elle ne semble pas appartenir à la terre, vous vous en apercevrez facilement."Ces mots ont été écrits par Robert Schumann en mars 1836 à un ami afin de lui demander d'être pour un temps un messager entre deux âmes tenues éloignées l'une de l'autre par des circonstances hostiles . Le père de Clara s'oppose formellement à l'amour entre sa fille et Robert leur interdisant et de se voir et de correspondre . Ne pouvant se rencontrer, leurs années de fiançailles seront un long échange de lettres où ils affirmeront leur volonté de s'unir pour la vie, leur amour semblant s'affermir au fur et à mesure que surgissent les obstacles devant eux. Bien sûr il y eut des périodes de doute et de désespoir. Pour communiquer ils n'ont que le courrier, des lettres qui parfois s'égarent et n'arrivent que plusieurs jours après avoir été rédigées . Pour se comprendre ils n'ont que ces mots écrits sur le papier, source parfois de malentendus, d'incertitudes, de tensions douloureuses entre eux . Si inébranlable que soit leur foi l'un en l'autre, il y a parfois des moments de découragement baignés de larmes et du désarroi à ne rien savoir de ce que l'on a de plus cher au monde, d'autant plus qu'ils vivent cet amour dans la culpabilité et l'interdit avec le sentiment de blesser les êtres qui ont compté dans leur passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La force de continuer envers et contre tous, ils la puisent dans la certitude qu'il existe entre eux la plus belle histoire d'amour qui soit au monde, qu'avec leur rencontre le ciel a enfin une réalité . A jamais leurs âmes et leurs existences sont liées . De Robert, Clara dit qu'il est l'idéal d'homme qu'elle portait en elle,qu'elle le veut de toute son âme ,qu'elle est morte pour tous les autres et ne vit que pour lui,qu'il est son espoir,son art, son amour, son tout,qu'il tient en sa main toute sa vie,qu'elle veut partager avec lui joies et douleurs jusqu'à son dernier soupir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Clara Robert dit qu'elle est la fiancée conforme à son idéal, incomparable, admirable,avec sa sensibilité si profonde, si rare et si miraculeusement en résonance avec la sienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce qu'il vénère cette fille du ciel, levant les yeux vers elle comme vers la sainte vierge,parce qu'elle est l'idole aux pieds de laquelle il dépose son coeur et qu'il voudrait couronner de fleurs, il voit en elle un modèle de noblesse et de grandeur et dans cette longue séparation une épreuve qui le rendra plus plus digne d'elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est sa lumière,Clara,la clarté du jour,sa radieuse image domine les ténèbres, illumine les pensées sombres qui parfois l'assaillent et l'aide à supporter la vie avec plus de légèreté."Ma Clara, toi seule tu m'as redonné le goût de vivre, j'étais un pauvre être abattu, un être de glace, ton amour m'a fait renaître."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est son ange gardien qui lui donne la joie et le prend sous son aile protectrice, qui sans cesse l'accompagne de son immatérielle présence, flottant autour de lui, le réchauffant de ses regards si tendres,l'ange du ciel qui lui ouvre des horizons sans limites et qui "apprend au premier homme à découvrir la création le promenant de hauteur en hauteur, lui montrant chaque jour des sites plus beaux.", elle est son amour si proche de Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puisqu'il leur est interdit de se rencontrer physiquement, leurs esprits se donnent rendez-vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je jouerai demain à onze précise l'adagio de Chopin et quand je le jouerai je penserai à vous d'une manière intense, ma prière est que vous fassiez de même pour que nos esprits se retrouvent."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Minuit sonne et je vois la lune . La pensée que nous la voyons tout deux me rend heureuse et me console."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvent à travers leurs lettres, leurs pensées sont semblables et ces similitudes les réjouissent comme autant de confirmations de la gémelléité de leurs âmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Schumann demandera à Clara de se rendre sur la tombe de Beethoven et de Schubert et d'y déposer quelques branches de myrtes en prononçant leurs deux noms,pèlerinage symbolique, tendres offrandes à leur amour qui communie dans la musique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car c'est par la musique qu'ils se sont rencontrés et c'est à travers la musique qu'ils vivent leur amour, cette musique qui pour l'un et l'autre traduit si bien leur vie intérieure."Qu'y a-t-il de plus divin que de transposer ses sentiments en musique" et c'est ce qu'ils font, Clara en interprétant, Robert en composant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clara est malade d'admiration pour Schumann le compositeur . Lorsqu'il lui envoie de nouvelles compositions,elle se précipite sur le piano pour les déchiffrer et n'en finit pas de s'extasier sur les qualités de son esprit et de son âme au point d'en être parfois effrayée . Clara qui doute toujours d'elle craint de ne pas combler ce mari ardent aux créations si audacieuses, de ne pas le nourrir suffisamment pour qu'il ne s'ennuie pas auprès d'elle . Sa musique la transcende."Ce que tu fais est plus que de la musique, il me semble comprendre toutes tes pensées, je voudrais m'anéantir dans ta musique."lui écrit-elle ou encore "J'aime ta sonate comme je t'aime."Parfois quand elle ne peut lui écrire, elle s'assoit au piano pour bavarder avec Schumann et quand elle l'interprète en concert,elle le fait avec un tel amour que même le public le perçoit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Schumann aime l'interprète en Clara:"Quand je t'entends jouer, je devine ton coeur profond, ton coeur qui m'aime et je suis pénétré d'un sentiment divin."Mais elle est surtout sa grande inspiratrice . L'impatience et la tension de l'attente que font naitre leur séparation lui font remplir des cahiers entiers de notes . Devant son piano,il pleure, il rit, il écrit une musique qui vient tout droit de son coeur. Quand il compose il est tout à elle et son oeuvre ne semble exister que pour chanter ses louanges. En lui elle fait naître des symphonies . Et "comme l'amour rend sensible à tout ce qui est beau, la musique est davantage pour eux qu'elle n'était auparavant."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour tromper l'incertitude de l'avenir, il y a aussi le rêve et Schumann aime lui décrire la vie telle qu'il l'imagine avec elle, loin du monde" en évitant les visites, c'est à dire la curiosité et l'ennui", une vie où ils trouveraient le bonheur dans leur propre maison en se tenant à l'écart des fâcheux avides de commérages, "soumis à leur vanité et à leur soif d'argent."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà comment Schumann voit leur maison :" Il régnera chez nous une obscurité de rêve, il y aura des fleurs aux fenêtres, des murs bleu pâle,des gravures, un piano à queue et là, nous nous aimerons, unis dans une profonde fidélité . Tu aimeras Bach en moi et en toi j'aimerai Bellini . Nous jouerons souvent à quatre mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la tombée du jour j'improviserai tandis que doucement tu chanteras et alors heureuse, t'appuyant sur mon coeur tu me diras:" Je ne pensais pas que ce pouvait être aussi beau.""&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La séparation physique leur est souvent pesante . Pourtant Schumann la sent si proche de lui qu'il croit pouvoir parfois la saisir . Sans cesse il pense à elle et avec une telle intensité qu'il la sent assise là près de lui ou sur ses genoux, la tête sur son épaule et les bras autour de son cou . Chaque jour il lui dit bonsoir, l'appelle des noms les plus tendres, chaque nuit il rêve d'elle et chaque matin elle est là devant lui, adorable . Où qu'il soit elle le poursuit de ses regards.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si leur amour est passionné, il sait aussi être raisonnable et composer avec les contraintes du quotidien . Clara ne veut ni chevaux, ni diamants, tous deux aspirent à une vie simple mais ils savent l'un et l'autre qu'ils ont besoin d'une relative tranquillité pour exercer leur art et que trop de soucis matériels ruineraient leur bel amour .En être conscients leur donne la patience d'attendre le moment où ils pourront vivre sous le même toit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et même si l'attente est douloureuse parfois, qu'importe puisqu'ils savent l'un et l'autre qu'ils ont fait la rencontre, celle qui les fait déborder de tendresse et de reconnaissance à en étouffer de bonheur,celle qui les a transformés,qui donne à l'avenir une image heureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Que peut-il nous arriver puisque notre véritable capital nous le portons en nous-mêmes . Ainsi nous n'avons qu'à continuer courageusement, tout ira bien."écrira Clara.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ce doit être si nous le voulons." répondra Schumann.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-6117826089027517154?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/6117826089027517154/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/lettres-damour-de-robert-et-clara.html#comment-form' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6117826089027517154'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6117826089027517154'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/lettres-damour-de-robert-et-clara.html' title='Lettres d&apos;amour de Robert et Clara Schumann'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/Sxj65UAvldI/AAAAAAAAAGA/3G6Jf13zxCo/s72-c/9782283023617.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-1268871426315167300</id><published>2010-11-08T09:49:00.003+01:00</published><updated>2011-06-14T13:35:46.580+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinema 1990'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cavalier Alain'/><title type='text'>La rencontre (Alain Cavalier 1996)</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S5drAD2mC7I/AAAAAAAAAGg/Y4PLlGOfU8Q/s1600-h/la_rencontre.png"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5446939923106368434" src="http://4.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S5drAD2mC7I/AAAAAAAAAGg/Y4PLlGOfU8Q/s320/la_rencontre.png" style="cursor: hand; float: left; height: 242px; margin: 0px 10px 10px 0px; width: 320px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Dans mon désir de voir ce film, il y a d'abord eu le titre, "La rencontre", un titre qui sonne comme une invitation , chargé de charme et de mystère, d'une attente presque magique . Et puis de la curiosité pour les images qu'un homme a choisies de filmer et de partager avec un public anonyme, images de sa rencontre avec la femme qu'il aime, la caméra devenant son oeil d'amoureux, un oeil qui ne voit pas cette femme comme tout le monde peut la voir,qui va au delà de la simple apparence extérieure du corps . Jamais d'ailleurs on ne verra cette femme entièrement. Non, c'est un regard de l'intime qui s'attarde sur une bouche, un oeil, des mains qui travaillent, qui s'émeut de la courbure d'un pied, de la pointe d'un sein qui affleure au travers de l'eau du bain, de la ligne d'un dos que le drap repoussé dévoile. Ce sont des images d'objets, des petites choses de rien qui n'ont de valeur que parce qu'en eux s'est caché un peu de leur histoire, petit caillou en forme de coeur trouvé ensemble sur une plage et qui devient talisman gardé au fond d'une poche, bague qu'elle portait lors de leur premier dîner, bouquets d'immortelles jaunes , ces petites fleurs têtues pas même jolies qui poussent dans le sable des dunes dont le parfum enchante et raconte longtemps après avoir été cueillies le bruit de la mer et le vent dans les cheveux ou encore ce double de clé qu'elle lui a offert pour qu'il puisse la retrouver dans sa "grotte" qui est devenue la leur, pour qu'il puisse pousser les neuf portes qui conduisent à sa chambre. Là est le lit, lit défait par les tendres batailles et le sommeil à deux. Lui l'insomniaque qui arpentait la ville la nuit pour fuir sa chambre de solitaire a trouvé la paix contre cette dormeuse,elle a pansé les plaies de ce corps qui exprimait par des douleurs les angoisses de son âme.Et s'il filme d'autres lits, lits anonymes de chambre d'hôtel, lit austère de son ancienne vie de solitaire, c'est pour mieux lui dire à travers les images de ces meubles réduits à leur fonctionnalité, si contrastant avec le nid douillet et tiède tapissé d'oreillers qu'ils partagent, le manque et le froid de la vie sans elle. Loin d'elle il continue à filmer,manière de concrétiser ce dialogue permanent avec elle qu'il poursuit en pensées, voulant tout lui dire de ce qu'il voit, sent, entend, tout lui dire de ce qu'était sa vie d'avant elle. Et près d'elle il filme encore, voulant tout savoir de ce qu'elle voit, sent, entend,s'arrêtant sur les fleurs de son jardin ou sur sa brosse à dents, tout savoir de sa vie d'avant lui et la caméra s'attarde sur la photo de la petite fille qu'elle a été, comme pour mieux pénétrer son mystère.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Journal en images d'une rencontre mais aussi journal du temps qui passe, comme pour mieux le retenir, du temps perdu et du temps retrouvé, instants uniques et fugaces condamnés à l'oubli fixés par la pellicule . Et comme pour mieux sentir s'écouler le temps partagé de leur vie à deux, ils ont échangé leurs montres, ces drôles d'objets qui mesurent la vie de leurs périssables propriétaires et qui parfois leur survivent devenant de précieux souvenirs de ceux qui ne sont plus.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Si ces images prennent sens pour le spectateur étranger à cette histoire, c'est parce qu'il y a ces voix qui les commentent, leurs voix qui expliquent, parfois émouvantes, parfois agaçantes, voire même irritantes quand elles frôlent la niaiserie. Peut-être que dans cette familiarité si grande que fait naître l'état amoureux, on peut se permettre d'être un peu bête, de laisser tomber le costume d'adulte sérieux pour s'abandonner à d'inavouables enfantillages.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;C'est peut-être là pour moi la limite de ce film . A trop vouloir révéler la fusion étroite du couple qui fait tomber les barrières les plus intimes, le réalisateur fait passer le spectateur d'une saine curiosité pour une histoire dans laquelle il peut se projeter à un voyeurisme dérangeant qui vient en rompre le charme fragile.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Reste à chacun la liberté d'imaginer comme bon lui semble, les images qu'il juxtaposerait derrière ce titre.... &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-1268871426315167300?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/1268871426315167300/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/la-rencontre-alain-cavalier-1996.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1268871426315167300'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1268871426315167300'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/la-rencontre-alain-cavalier-1996.html' title='La rencontre (Alain Cavalier 1996)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S5drAD2mC7I/AAAAAAAAAGg/Y4PLlGOfU8Q/s72-c/la_rencontre.png' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-1483866261239881826</id><published>2010-11-04T13:55:00.000+01:00</published><updated>2011-11-04T13:59:38.629+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinema 1990'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Clint Easwood'/><title type='text'>Sur la route de Madison (Clint Eastwood 1995)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 92px; height: 127px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/Sw_4cLLWdbI/AAAAAAAAAFc/0iljjzncm-M/s320/ms3.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5408814840415679922" border="0" /&gt;On peut bien dire de ce film, comme je l'ai lu ici où là , que c'est un affligeant mélo, une histoire d'amour à l'eau de rose aux dialogues mal écrits, et c'est vrai qu'ils ont parfois quelques maladresses,qu'il est moralisateur et fait l'apologie de la famille, il reste que le personnage de Francesca né sous la la plume de Robert James Waller, filmé avec attention par un Clint Eatswood tout en délicatesse  et auquel Meryl Streep a offert son émouvant visage, ce personnage-là s'est imprimé dans ma mémoire."Ce qui touche le coeur, se grave dans la mémoire"pour citer encore Voltaire, et elle me touche le coeur Francesca, parce qu'elle a des regards, des sourires, des mouvements du corps si chargés d'indicibles émotions qu'ils sont plus éloquents que de longs discours, d'une si simple évidence qu'ils ne peuvent avoir été inspirés que par une tendre et fine observation.Il suffit de quelques images au début du film, un scène ordinaire de la vie d'une famille américaine de l'Iowa en 1967, mais qui avec quelques ajustements de décors et de costumes pourrait être transposée  en 2009 dans n'importe quelle province du monde occidental, pour comprendre ce qu'est le quotidien de cette femme.Une femme qui s'est effacée derrière la mère, une mère qui prépare le repas comme elle l'a fait tant de fois ,ses mains accomplissant cette tâche fastidieuse et répétitive mécaniquement,laissant son esprit s'évader avec la Norma de Bellini,un bref instant de solitude presque paisible dérobé à l'agitation de la vie de famille avant que les portes ne claquent, que le tube du jour remplace Casta Diva à la radio et que sa famille, mari et enfants engloutissent le repas sans un mot, dans l'indifférence, tout ce travail accompli chaque jour, depuis tant d'années leur apparaissant comme une évidence, un dû et la raison d'être de cette femme qu'ils n'imaginent pas avoir d'autres aspirations.Pas besoin de mots,une lueur de déception dans les yeux de Francesca, un sourire qui hésite entre tendresse et désenchantement devant cette famille qui ne sait pas vraiment qui elle est et le visage posé sur sa main, son regard qui se perd au loin dans un ailleurs de rêve qu'elle n'espère plus, tout est dit de sa solitude au milieu des siens.Elle les aime ces enfants qu'elle a portés et mis au monde, qu'elle a élevés en s'y consacrant corps et âmes sans même s'en apercevoir, toute entière absorbée par ce don d'elle-même et le bonheur qu'ils lui renvoyaient, tissant durant toutes ces années de soins attentifs  ces tendres liens qui les unissent , cet attachement bienveillant qui la rend indulgente pour les adolescents égoïstes et mutiques qu'ils sont devenus.Elle les aime mais elle est heureuse qu'ils partent quatre jours pour la foire de l'état de l'Illinois, quatre jours tout à elle de bienheureuse solitude, de paix et de silence, quatre jour  à occuper son temps comme bon lui semble,sans horaires, sans contraintes, marcher pieds nus dans la maison désertée, siroter du thé glacé sur la terrasse, feuilleter un livre, heureuse d'être seule tout en se sentant vaguement coupable de l'être, de ne pas être pleinement satisfaite par cette vie de famille sans histoire que beaucoup pourraient lui envier,  auprès de son mari, honnête et travailleur, ce bon père, si correct,oui coupable d'éprouver de l'ennui dans cette belle campagne de l'Iowa où tout est si tranquille, trop tranquille ,dans cette vie lisse et prévisible si loin de ses rêves de jeunesse .Quand le destin arrête devant sa porte Robert Kincaid à la recherche du pont de Roseman qu'il veut photographier,elle ne peut être qu'intriguée par cet homme solitaire si différent de ceux qu'elle cotoie depuis toujours, un homme capable de descendre d'un train dans une ville inconnue parce qu'elle lui a paru jolie,un homme capable de parler de ses rêves et de s'intéresser aux siens, qui semble ressentir les choses comme elle les ressent, si intriguée qu'elle dépassera sa réserve et le souci du qu'en dira-t-on jusqu'à l'inviter chez elle, afin de respirer un peu plus longtemps cet air venu d'ailleurs qu'il traîne dans son sillage.&lt;img src="http://4.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/Sw-hFdwBBNI/AAAAAAAAAFU/KZWjObukbDQ/s320/sur_la_route_de_madison.1179082159.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5408718792752694482" style="margin: 10px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 214px;" border="0" /&gt;Intriguée et curieuse de cet homme qui ne semble faire que ce qu'il aime, vivre sa passion et en vivre, une vie si éloignée de la sienne toute en concessions et en compromis.Intriguée et avide de cette conversation qui s'installe  entre eux avec tant de facilité, aux sujets semblant inépuisables, si différente de ces échanges de pluie et de beau temps dont elle a l'habitude. Ils savent peu de choses l'un de l'autre et pourtant entre eux la complicité est immédiate, qu'ils parlent de voyages, de Yeats ou épluchent les carottes, ils se confient l'un à l'autre comme s'ils se connaissaient depuis toujours, comme s'ils se cherchaient à travers le monde depuis toujours.Intriguée et troublée par cet homme qui, a réveillé en elle ses curiosités enfouies, ses appétits de connaissance, réveillait aussi la femme, toute cette sensuelle féminité éteinte.Elle le sait, le sent très vite même si elle s'en défend et elle a cette coquetterie charmante de remettre ses boucles d'oreilles quand elle l'invite à boire un thé.Mais ce n'est pas un geste de vaniteuse séduction quand elle s'achète une nouvelle robe pour la soirée qu'ils vont passer ensemble, c'est que le regard neuf et bienveillant de Robert Kincaid l'a révélée à elle-même ,il lui a redonné un corps,ce corps qu'elle contemple dans le miroir de sa chambre, son peignoir entrouvert, presque surprise de le trouver désirable et désirant.Elle n'est plus la même femme, celle qui s'est toujours conformée à ce qu'on attendait d'elle, elle est elle-même enfin !Et elle le sera plus que jamais durant cette journée qu'ils passeront loin du comté de Madison et des regards inquisiteurs, allongés dans l'herbe ou dansant  tendrement enlacés, hors du temps, loin du monde, d'eux seuls préoccupés, elle toute en questions, voulant tout savoir de lui, de sa vie d'avant elle, de son travail, lui faisant ce qu'il savait faire, la photographier, à croire que cette passion n'était née en lui  que pour arriver jusqu'à elle.Cette femme-là , surprendra ses enfants quand après sa mort, ils découvriront les photos que Robert avait faites d'elle.Etait-ce leur mère, cette jeune femme lumineuse en jean et chemisier blanc, les cheveux détachés, qui souriait avec tant de bonheur à l'objectif ?&lt;img src="http://2.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/Sw-cuiK-p6I/AAAAAAAAAFM/o782XCbhYm8/s320/ms1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5408714000756025250" style="margin: 10px auto 10px; text-align: left; display: block; cursor: pointer; width: 132px; height: 88px;" border="0" /&gt;Quel que soit leur choix et quoi qu'on puisse penser de la fin de cette histoire,leurs vies se seraient liées pour toujours sur la route de Madison.Ils auraient la certitude, celle qu'on a qu'une fois dans sa vie, d'avoir rencontré leur double, l'attendu enfin venu.Même séparés physiquement, dans tout ce qu'ils entreprendraient désormais, l'autre serait présent.Jusqu'à la mort et au delà de la mort, ils ne seraient plus jamais deux personnes distinctes.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-1483866261239881826?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/1483866261239881826/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/sur-la-route-de-madison-clint-eastwood.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1483866261239881826'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1483866261239881826'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/11/sur-la-route-de-madison-clint-eastwood.html' title='Sur la route de Madison (Clint Eastwood 1995)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/Sw_4cLLWdbI/AAAAAAAAAFc/0iljjzncm-M/s72-c/ms3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-483301943673696492</id><published>2010-05-25T09:49:00.003+02:00</published><updated>2011-11-04T09:53:36.619+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les opéras'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Verdi'/><title type='text'>Rigoletto (Verdi)</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S-liq5KnnsI/AAAAAAAAAHY/uT5qTm2FYVc/s1600/Verdi-Rigoletto-Domingo-MacNeil-Cotrubas-Diaz-Levine-Metropolitan-Opera-B0001BPPO4-L.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470011711457566402" src="http://2.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S-liq5KnnsI/AAAAAAAAAHY/uT5qTm2FYVc/s320/Verdi-Rigoletto-Domingo-MacNeil-Cotrubas-Diaz-Levine-Metropolitan-Opera-B0001BPPO4-L.jpg" style="cursor: hand; float: left; height: 320px; margin: 0px 10px 10px 0px; width: 227px;" /&gt;&lt;/a&gt;Si "La donna è mobile" est un des airs d'opéra les plus populaires et certainement le plus connu du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Rigoletto&lt;/span&gt; de Verdi, il ne faut pas croire que l'apparente légèreté de la musique donne le ton de l'oeuvre ." La donna è mobile...comme la plume au vent, la femme est volage, elle change d'avis comme de propos, bien malheureux est celui qui lui confie son coeur..."cette chanson qu'interprète au troisième acte le duc de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;Mantoue&lt;/span&gt; et qui offre de la femme une image de futile girouette tournant au vent des ses humeurs, n'est &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;qu'ironie&lt;/span&gt; tragique puisque le seul personnage défendable de l'histoire est une femme que perdront des hommes bouffis d'orgueil et de vanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Il lui est confortable ,au duc de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Mantoue&lt;/span&gt;, de croire que les femmes sont des êtres inconstants et frivoles, de charmants animaux de compagnie, lui que la nature a tant gâté, lui offrant beauté, richesse et pouvoir et qui ,en impénitent libertin, se vautre dans une honteuse débauche qui n'a pour limites que celles de son &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;plaisir.Si&lt;/span&gt; la vie n'est pour lui qu'une suite de ripailles et de festins,son plus &amp;nbsp;délicieux divertissement reste les femmes et leur conquête, des &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;femmes-jouets&lt;/span&gt; que les hommes peuvent à loisir séduire et abandonner, enlever et emprisonner sans tenir compte le moins du monde de leur avis, même si le duc ne se comporte pas forcément en soudard, trouvant du plaisir à les charmer, les caresser de mots enjôleurs,les flatter de compliments , les affoler de promesses &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;d'amour : un&lt;/span&gt; maître dans l'art de la séduction à laquelle par fatuité ou ignorance ses victimes se laissent prendre ! Pour attiser son désir, il lui faut sans cesse de nouvelles proies et la jeune inconnue qu'il aperçoit à l'église sans rien connaître d'elle le trouble diablement par son mystère.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Quand malgré l'éventail de distractions qui s'ouvre sans cesse devant lui, l'ennui le saisit, il y a son bouffon pour l'amuser à la demande . &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;Rigoletto&lt;/span&gt; n'a pas été gâté par la nature lui, elle l'a faite difforme et pauvre. Mais sa langue, plus acérée qu'un poignard, plus venimeuse qu'un serpent est son arme imparable. Dans l'ombre du puissant duc qu'il divertit de ses sarcasmes, elle lui donne la hardiesse que son dos tordu &amp;nbsp;lui refuse, elle le venge par son insolence des moqueries &amp;nbsp;que fait naître sa silhouette contrefaite. S'il veut garder sa place de polichinelle,protégé par le mâle dominant et craint de la meute des courtisans ,il se doit d'être drôle pour plaire au premier et méchant pour effrayer les &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;seconds . Protégé par ce bouclier de cynisme, lui&lt;/span&gt; dont la laideur et la faiblesse physique auraient pu faire un parfait bouc émissaire, le souffre-douleur idéal objet de quolibets et de railleries, de ceux qui en concentrant sur eux l'agressivité sociale soude le groupe,lui &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;Rigoletto&lt;/span&gt;, que la souffrance aurait pu aussi rendre compatissant , sait aussi hurler avec les loups et suggérer au duc, quand il désire l'entendre, d'éloigner tel mari gênant ou d'emprisonner tel père bafoué qui réclame &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;vengeance.Il&lt;/span&gt; sait se faire vil et cruel pour braquer sur d'autres la lumière qu'il fuit par peur, trouvant là un moyen de se protéger et d'assouvir son désir de revanche.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais Dieu que ces oripeaux de guignol sont parfois lourds à porter !Quel soulagement de rentrer chez lui et de laisser tomber la défroque, de sortir de cette gangue, de cette carapace qui l'encombre pour être enfin lui-même, loin du regards des autres, un homme sensible et tendre qui n'aspire qu'à vivre tranquille auprès de sa &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;fille.C'est&lt;/span&gt; que &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;Rigoletto&lt;/span&gt; a un secret qu'il défend jalousement, une fille cachée ,élevée loin du monde et de ses perversions, un ange de douceur et de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;pureté.Il&lt;/span&gt; l'aime plus que tout, elle est son bien le plus précieux, son trésor inestimable mais il l'aime de cette amour contestable qui fait passer la possession de l'être aimé avant son bonheur,il la tient enfermée pour ne pas dire prisonnière, bien sûr pour la protéger des convoitises malveillantes qu'elle susciterait en se promenant au grand jour mais aussi parce qu'il veut la garder pour lui seul, quitte à rester sourd aux rêves bien légitimes de son enfant que sa jeunesse lui inspire.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;On peut le comprendre ,&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;Rigoletto&lt;/span&gt;, d'avoir si peur de &amp;nbsp;perdre cette fille qu'il adore car &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;Gilda&lt;/span&gt; est &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;l'Amour&lt;/span&gt; personnifié, ce total don de soi tout en attachement et en sollicitude, un amour qui n'attend rien pour lui si ce n'est le bonheur de l'être aimé, un amour qui n'est &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;qu'élan&lt;/span&gt; vers l'objet de sa dévotion ,si indifférent aux vanités du monde, au pouvoir, à la richesse, à ce goût pour ces &amp;nbsp;satisfactions éphémères qui font parfois confondre amour et admiration de la force.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Elle est &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;l'Amour&lt;/span&gt; venu sur terre pour sauver les hommes, pour donner un sens à leurs vies d'éternelles et stériles luttes et ils ne la verront pas. Le duc de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;Mantoue&lt;/span&gt; qui ne poursuivait &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;Gilda&lt;/span&gt; que pour sa jolie silhouette inconnue sera passagèrement troublé par les sentiments inattendus et ignorés de lui jusqu'à présent qu'elle fera naître dans son coeur de libertin, tant de sincérité et de candeur lui laissant entrevoir que l'on pouvait peut-être confier son coeur à une femme et y trouver le bonheur mais il était trop veule pour renoncer aux plaisirs faciles et leur préférer l'honnêteté et la &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;droiture.Il&lt;/span&gt; l'oubliera pour le premier jupon de ribaude qui le frôlera.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Quant aux &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;courtisans&lt;/span&gt;, à cette masse indifférenciée où chacun abdique sa pensée individuelle pour l'esprit de corps,ils ne voient en elle que l'occasion d'une bonne plaisanterie et une des meilleures puisqu'elle se fait au dépend d'un autre, unissant le groupe dans une action collective et s'attaquant au bonheur d'un être qui plus est détesté,puisque le bonheur qui se voit chez autrui réveille souvent en ceux qui le contemplent les instincts &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;malveillants.En&lt;/span&gt; enlevant la fille de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;Rigoletto&lt;/span&gt; et à associant ce dernier à cette mascarade, ils ne voient que le bon tour qu'ils lui jouent et ne pensent pas un seul instant à la souffrance qu'ils infligent.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;Rigoletto&lt;/span&gt; ?Que ne &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;s'est-il&lt;/span&gt; enfui avec sa fille quand il était encore temps ?A l'amour de son enfant il a préféré son amour-propre, laver son sale orgueil dans le sang de la vengeance quand enfin il pouvait espérer une vie paisible avec &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;elle.Elle&lt;/span&gt; &amp;nbsp;mourra donc de l'amour qu'elle portait en elle et dont décidément les hommes ne voulaient pas, leur préférant leurs éternelles batailles.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le duc de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;Mantou&lt;/span&gt; pouvait bien chanter d'une voix insouciante et ô combien cruelle pour &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_29"&gt;Rigoletto&lt;/span&gt;, la donna e mobile, c'est aux femmes et à leur fidélité qu'il devait la vie, celle de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_30"&gt;Gilda&lt;/span&gt; qui bien que se sachant trahie,donna la sienne pour lui et celle de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_31"&gt;Maddalena&lt;/span&gt;, honnie et méprisée de tous parce que contrainte à l'avilissement par un frère sans scrupules exploitant sa beauté, une &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_32"&gt;pécheresse&lt;/span&gt; aux yeux du monde mais qui valait peut-être mieux qu'aucun autre de ces hommes.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Non, décidément,il n'y avait rien de léger dans cet opéra au titre joyeux qui sous-entendait la farce et la comédie mais toute la tragédie d'un monde &amp;nbsp;où il y avait peu de place pour l'Amour.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-483301943673696492?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/483301943673696492/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/05/rigoletto-verdi.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/483301943673696492'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/483301943673696492'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2010/05/rigoletto-verdi.html' title='Rigoletto (Verdi)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_JMXju1lMxXw/S-liq5KnnsI/AAAAAAAAAHY/uT5qTm2FYVc/s72-c/Verdi-Rigoletto-Domingo-MacNeil-Cotrubas-Diaz-Levine-Metropolitan-Opera-B0001BPPO4-L.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-3060704561261752715</id><published>2009-09-30T10:38:00.023+02:00</published><updated>2010-11-08T20:19:27.825+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cormac McCarty'/><title type='text'>La route (Cormac McCarthy)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SsMZ4SAeMyI/AAAAAAAAAcw/2VbMx3XLaUc/s1600-h/1571322514_small.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5387178033962431266" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 273px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SsMZ4SAeMyI/AAAAAAAAAcw/2VbMx3XLaUc/s400/1571322514_small.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le monde était retourné au chaos, il s'enfonçait dans les ténèbres, les nuits obscures au-delà de l'obscure, les jours chaque jour plus gris que celui d'avant.Le feu avait ravagé la terre qui continuait à tourner absurdement autour d'un soleil dont les rayons ne traversaient plus l'épais nuage de poussières et de cendres qui l'entourait.Il ne restait plus rien de la verdure et des arbres portant des fruits que produisaient la terre, plus rien des animaux vivants qui peuplaient les eaux et les cieux et que l'homme avait dominés pour son propre malheur . Des choses qu'on ne pourrait pas refaire, ni réparer. Un froid de tombeau enveloppait la planète fossilisée, retournant lentement à son état minérale. A sa surface se désagrégeaient les ruines carbonisées de tout ce qui avait été l'activité humaine, de tout ce qui avait rempli des vies, occupant les têtes et les corps de bizarres préoccupations pour oublier qu'elles allaient au devant de leur propre fin, l'extrême fragilité de tout enfin révélée dans cette dévastation. &lt;div&gt;Quelques créatures humaines avaient échappées provisoirement au désastre, plus morts-vivants que survivants, coquilles vides sans foi errant sur la terre en délire,trouvant parfois refuge dans des sectes barbares renouant avec des rites ancestraux et sacrificiels, fugitifs en guenilles, pillards sanguinaires, bandes de cannibales aux rouges foulards sataniques trainant derrière eux leurs esclaves, tous parachevant l'oeuvre de destruction par leurs mutuelles rivalités.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et puis cheminant sur les noirs rubans de macadam dont les hommes avaient quadrillé la terre, fuyant le froid mortel vers le sud, hypothétique promesse d'un ailleurs vivable, un père et son enfant.Deux bêtes traquées affrontant la peur et la souffrance, tenues par les nécessités vitales, se nourrir,se protéger du froid et des prédateurs et marcher, marcher,suivre cette route sans savoir où elle les conduisaient ni quel nouveau danger les guettait, chaque jour inventer l'espoir pour oublier l'accablant vide noir de l'univers, l'obsédante tentation que tout soit fini, du temps en sursis dans un monde en sursis,la vie avec comme seule certitude qu'au bout se trouvait la mort.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;L'homme ne survivait pas pour lui mais pour le petit, ce petit né après la catastrophe, qui n'avait rien connu du monde d'avant, ce petit à qui il avait insufflé la vie et qu'il se devait de protéger du mal avec son corps.Il savait que l'enfant était son garant : "S'il n'est pas la parole de Dieu alors Dieu n'a jamais parlé."&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il était l'homme parce qu'il était capable d'amour.Et cette frêle forme bleue qui dormait contre lui semblait être le terrain d'une ultime entreprise à l'orée d'un monde qui sombrait dans la sauvagerie.Quand il posait sa main sur les côtes du petit corps décharné,il sentait la chaleur et le mouvement, les battements du coeur et la respiration,la force de la vie et ces pâles cheveux emmêlés qu'il aimait caresser était comme un "calice d'or bon pour abriter un Dieu".Ensemble ils étaient les gentils car ils portaient le feu, le feu qui éclaire le chemin dans l'obscurité, le feu qui donne la force dans l'adversité, le feu qui préserve de l'indifférence mortifère.Gardiens du feu divin.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il était l'homme parce qu'il pouvait être pris d'irrépressibles sanglots en regardant son petit, à cause de la bonté ou de la beauté, des choses auxquelles il n'avait plus moyen de penser,parce qu'il savait encore s'émouvoir de l'exquise chaleur du feu, de son reflet sur la neige orange et frémissante, de la musique d'une cascade,'parce qu' il savait inventer des histoires et des jeux pour tromper la peur et le désespoir.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il était l'homme parce que son esprit construisait dans ce monde gris cendre des rêves colorés comme il en avait eus dans son enfance, des rêves luxuriants ou terrifiants mais jamais comme ce qui allait être.Des rêves nourris de souvenirs, des souvenirs d'elle, des souvenirs de choses inconnues désormais,le nom des choses suivant lentement ces choses dans l'oubli.Sur cette route,il n'y avait plus d'hommes du Verbe,le Verbe créateur, ils étaient partis, emportant le monde avec eux le laissant seul.Tout était en train de pourrir, les livres témoins de la pensée des hommes moisissant dans les flaques d'eau.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Grande était la tentation de s'abandonner au désespoir quand tout était en cendres dans son coeur.Il y avait toujours un peu de lui-même qui souhaitait que ce fût fini.Pourquoi vouloir atteindre la côte, mot vide de sens et sans substance et suivre cette route jonchée des corps suppliciés, de ceux que la mort avait saisis là, pétrifiés dans leur douleur sans qu'ils aient eu la moindre chance de s'échapper.Pourquoi ne pas se coucher là au milieu de la route et se laisser glisser dans le sommeil de la mort ?Il savait qu'il plaçait son espoir là où il n'y avait aucune raison de rien espérer.Quand ils atteindraient enfin la mer couleur d'encre, froide et désolée,il n'y aurait le long du rivage aussi loin que porteraient leurs regards, que" les squelettes de poissons par millions comme une isocline de mort, un seul vaste sépulcre" la mort à perte de vue.Une quête insensée.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais il était un homme de parole et l'enfant le guidait par la main, chacun tout l'univers de l'autre, cet enfant qui dans ses rêves faisait fuir l'apocalyptique dragon,cet enfant à qui il trouvait encore la force de raconter des histoires de courage et de justice.Quand il n'avait plus rien d'autre pour donner du sens, il pouvait faire des litanies de ses souvenirs, construire des cérémonies à partir de rien et les animer de son souffle Ils étaient des gentils et les gentils n'abandonnent jamais, ils trouvent toujours quelque chose.Il pouvaient mourir de faim mais ne mangeraient jamais les autres, pas plus qu'ils ne devaient se laisser manger.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et qu'importe ce que le vieil homme qui disait s'appeler Elie venait annoncer, la fin d'un monde ou la fin du monde, personne ne le saurait.Quand on meurt, c'est comme si tout le monde mourrait et la mort disparaitrait avec le dernier être vivant.Si Dieu n'existait pas,rien ne les empêchait d'être ses prophètes.Ils avaient invité le vieil homme à partager leur feu, le feu qu'il ne pensait jamais revoir sur cette terre et le petit s'était fait ange pour le nourrir.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;"C'est pas toi qui doit s'occuper de tout!" disait-il au petit, "si, c'est moi."La bonté avait trouvé le petit garçon et il continuerait à porter le feu,celui qui était au fond de lui et que son père avait attisé de son souffle, celui qui passait d'une créature humaine à l'autre au fil des temps éternels.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Dans ce froid couloir qu'avait été sa vie, éclairé par la lumière qu'ils portaient en eux, l'homme avait atteint le point de non-retour.Le petit devait continuer seul et chercher les gentils, "qui sait ce qu'il pourrait trouver plus loin sur la route" ? "Va ,vis et deviens." aurait-pu lui dire son père.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les hommes n'avaient pas trouvé de remède contre le mal, ils n'avaient su s'attaquer qu'à son image telle qu'ils se la représentaient.Le règne du bien n'arriverait pas.Mais ne plus croire au bien n'empêchait pas de croire à la bonté et à l'amour.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-3060704561261752715?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/3060704561261752715/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/09/la-route-cormac-mccarthy.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3060704561261752715'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3060704561261752715'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/09/la-route-cormac-mccarthy.html' title='La route (Cormac McCarthy)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SsMZ4SAeMyI/AAAAAAAAAcw/2VbMx3XLaUc/s72-c/1571322514_small.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-3263598012060803023</id><published>2009-07-01T11:01:00.030+02:00</published><updated>2011-06-14T13:36:18.880+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='R.w.Fassbinder'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1980'/><title type='text'>Le secret de Veronika Voss(R.W. Fassbinder 1982)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353415883056061314" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SksnYcx9m4I/AAAAAAAAAbY/IjVKJF4GB4A/s400/18445356.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 400px; margin: 0px 10px 10px 0px; text-align: left; width: 300px;" /&gt;"Je ne devrais pas vous prescrire de la morphine mais un être qui vous aime."dira Marianne Katz, neurologue de son état, en tendant l'ordonnance qu'elle venait de rédiger à sa cliente, de celles qu'elle affectionnait en prédateur repérant ses proies, riches, solitaires et chargées de souffrances dont elle les soulageait provisoirement, leur vendant très cher l'accès éphémère à ces paradis artificiels qui leur faisaient oublier quelques heures l'enfer de leur vie terrestre.&lt;br /&gt;Cette scène qui se jouait à Munich en 1955, elle ressemblait fort à celle tournée dans les années quarante par la UFA, "Poison insidieux",où Véronika Voss, alors au sommet de sa gloire, était bouleversante dans le rôle d'une femme qui vendait son âme à un méphistophélique médecin contre une ultime et rédemptrice injection. Aujourd'hui dans l'anonymat d'une salle de cinéma, Véronika fermait les yeux tant il lui était insupportable de se voir dans ce vertigineux écran-miroir qui reflétait à la fois son passé et son présent, la divine actrice qu'elle était en ce temps et la femme déchue qu'elle était devenue.&lt;br /&gt;C'est vrai qu'elle était sublime alors, étoile scintillante sous le feu des projecteurs et tous les regards braqués sur elle lui renvoyaient l'éclat de son rayonnement.Elle en ressentait une exaltation si forte, des émotions si enivrantes qu'il lui était difficile de quitter ce monde idéal pour se retrouver dans la froide banalité du quotidien. Peu lui importait de travailler pour la UFA, de fréquenter Goebbels,peu lui importait que son pays soit en guerre! Elle ne voulait rien d'autre que l'ivresse, la vie comme un alcool fort qui lui coulerait dans les veines.Sans cesse elle jouait,construisait le rêve à sa guise, elle était actrice de sa propre vie pour faire de la grise et déprimante réalité un univers flamboyant. Bien à l'abri dans le blanc décor de sa villa, elle ne voulait rien entendre du bruit des bottes dans le monde  extérieur. A son mari qui essayait de suivre l'angoissante actualité sur leur poste de radio, elle réclamait de douces lumières et de jolies musiques, à ce mari qui n'en pouvait plus de vivre avec une créature devenue inhumaine à tant se cacher derrière les artifices, une femme dont il était le partenaire plus que l'époux, lui donnant la réplique. Il était pourtant si fier d'elle quand elle donnait vie à ses scénarios qu'il lui écrivait sur mesure et elle lui était si reconnaissante de lui insuffler à travers ses mots la force de son amour. Mais cet amour-là n'était pourtant pas assez fort pour la sauver, pas assez fort pour donner un sens à sa vie, pour qu'elle s' accepte telle qu'elle était, dans sa simplicité de femme.Elle, elle voulait être toutes les femmes, la femme dans sa quintessence, l' unique, la grande séductrice qui n'avait d'existence que dans le regard des autres.Et si l'admiration qu'elle suscitait n'était pas assez intense pour maintenir son état de griserie, alors il y avait les pilules et l'alcool pour combler le manque, ce même alccol que buvait son mari pour oublier lui, qu'il n'arrivait pas à combler sa femme.&lt;br /&gt;Cette salle de cinéma où elle était entrée pour se revoir dans la lumière, elle ne pouvait que la fuir pour se fondre dans l'ombre de la nuit et là enfin, loin des regards, s'abandonner à des émotions bien réelles et non plus dictées par son rôle. Est-ce le bruit des sanglots de cette femme qui ont arrêté Robert Krohn qui marchait  tête baissée sous la pluie,pour  lui offrir abri et protection, un petit coin de parapluie contre un coin de paradis, le temps d'une marche entre ces arbres qu'auraient pu peindre Magritte ? Et ce rire qui succéda aux pleurs sur le visage de Véronika, Robert n'en savait pas l'inestimable valeur, lui qui sans le vouloir lui avait rendu son humanité en s'intéressant à elle sans la reconnaitre, sans même savoir qui était Véronika Voss.Il lui avait offert quelques minutes de la liberté et de l'insouciance d'un être humain comme les autres avant que de nouveau l'angoisse referme ses griffes sur elle dans ce bus où ils étaient montés, l'angoisse d'être reconnue, de se montrer sans fards, dans sa nudité de femme ordinaire et de lire la déception dans les yeux des passagers.&lt;br /&gt;Robert ne refusera pas le rendez-vous que Véronika lui fixera par téléphone dans un élégant salon de thé, attiré par le mystère de cette femme à peine entrevue comme un papillon par la lumière, lui Robert Krohn, journaliste sportif, qui supporte le jour sa vie grise et la nuit écrit des poèmes en rêvant d'entendre ce qui n'a jamais été entendu "le centième nom d'Allah, le dernier bruit de cymbale de Mozart, les échos de la vie utérine....". Là elle lui jouera le grand jeu de la femme fatale mais de façon si théâtrale qu'elle en sera pathétique, le noyant sous un flot de paroles décousues,s'agaçant des lumières qui ne la mettent pas en valeur, nerveuse, agitée, comme effrayée de ne pas être à la hauteur du personnage qu'elle interprète devant ce spectateur conciliant et inattendu, complice de l'illusion qu'elle s'offre une fois encore pour se sentir vivante, pour se persuader qu'elle a encore un avenir."Côté ombre, côté lumière, vous me trouvez belle ?lui dira-t-elle en jouant avec les bougies"Ombre et lumière, les deux secrets du cinéma."Oui, tout est là dans ce jeu subtile d'ombres et de lumières qui permet de façonner la réalité selon les désirs de son créateur, dans cet univers réinventé en puisant au plus obscur de l'être pour le faire apparaitre à la lumière de l'imagination, "dans cette obscure clarté qui tombe des étoiles".&lt;br /&gt;Robert ne refusera pas non plus l'invitation de Veronika quand elle lui proposera de passer la nuit avec lui et cela même sous les yeux de la femme qui partage sa vie.Il la suivra comme hypnotisé dans sa blanche villa devenue mausolée, feignant de croire ses incohérents mensonges. Mais la nuit d'amour se transformera en cauchemar, la fatale séductrice en pauvre être souffrant secoué de convulsions que Robert devra conduire au plus vite chez l'inquiètant docteur Katz.&lt;br /&gt;Là est sa cellule, la prison dont elle arrive parfois dans un dernier sursaut de vie à s'enfuir quelques heures mais où elle retourne d'elle même s'enfermer,courbant l'échine, le bras tendu à la piqûre.C'est que pour oublier la flamboyante jeune femme qu'elle n'est plus, son mariage qu'elle a détruit, ses rôles qu'on ne lui propose plus, Véronika a vendu sa volonté à Marianne Katz qui tire à sa guise les ficelles de la pauvre marionnette qu'elle est devenue.Même de sa mort, elle ne peut décider : "Pour mourir, il te faudra ma permission."&lt;br /&gt;Il suffira d'un vase brisé, brisé comme la vie de Véronika, pour que Robert soulève un coin du voile qui recouvre le secret de Véronika Voss, un vase brisé qui le conduira chez les Treibel, ce charmant vieux couple qui fréquente la salle d'attente du docteur Katz.L'enfer que herr Treibel tente d'oublier chez Marianne Katz a pour nom Treblinka, il en garde l'empreinte tatouée sur la peau. S'il en est sorti physiquement, il n'a jamais pu revenir dans le monde des hommes, il ne veut plus rien avoir à faire avec lui.Seul le monde des rêves lui est supportable, ce monde que Katz lui vend. Il sait exactement le nombre de pierres qui lui appartiennent encore dans sa maison et la quantité de bonheur qu'elles lui permettront d'obtenir.Ensuite il faudra fermer le livre et c'est ce qu'il fera, trouvant dans une tisane au miel et aux barbituriques l'oubli définitif.Sa femme le suivra, leur amour était si fort, si fort mais pas assez pour lui faire oublier les insupportables souffrances que les hommes infligent à d'autres hommes, pas assez pour le sauver.&lt;br /&gt;Parce qu'il aime Véronika, Robert Krohn se démènera comme un diable pour dénoncer les agissements de Katz. Mais qui se soucie de ces fantômes d'un passé que l'on aimerait recouvrir d'un couvercle hermétique et de leur disparition d'un présent où ils dérangent en réveillant la mauvaise conscience, même s'il reste quelques inconditionnels pour murmurer que ces années-là, c'était la belle époque ? Qui ira fouiller dans la vie de Marianne Katz qui sait si bien maitriser ses émotions et manipuler celles des autres,  qui dans son appartement d'un blanc immaculé où il ne semble y avoir jamais d'ombres, a fait du commerce un bonheur, s'assurant une inépuisable clientèle et de faciles complicités tant l'envie de richesses et de pouvoir se cache même chez les êtres aux allures honorables, tant il existe d'esprits serviles qui se complaisent dans le sillage des puissants ? Les journalistes ?Ils n'ont aucune curiosité pour ceux qui sont à terre , à la rigueur leur chute peut susciter un intérêt. Les policiers ? Sanglés dans leurs imperméables noirs, un chapeau sur la tête, ils s'en tiennent aux faits et aux apparences et celles de Marianne Katz semble des plus respectables. Pourquoi chercher plus loin ? Même Véronika va le trahir dans un parfait numéro d'actrice aux ordres de Katz.&lt;br /&gt;Toute cette agitation autour de Véronika commençait à inquiéter l'infaillible docteur, elle devenait dangereuse, il fallait se débarasser d'elle ,lui organiser une sortie honorable. Véronika sera éblouissante dans son dernier grand rôle, dans cette soirée d'adieu réunissant le monde du cinéma où elle devait annoncer son départ pour les Etats-Unis où elle étudiera les propositions que lui font la Fox, la MGM et la United Artists Corporation, "un syndicat d'artistes?" questionnera une journaliste,"non mais tous les artistes devraient s'associer... pour la libération de l'art, pas d'art sans liberté, sinon comment pourrait-il libérer l'homme ?"répondra Véronika  "...et savez-vous comment on appelle le cinéma aux Etats-Unis ?L'usine à rêves!"&lt;br /&gt;Pauvre Véronika ! C'est elle-même qu'elle aura le plus mystifiée et si elle avait toujours su où elle en était, elle se berçait encore de ses mensonges.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En ce vendredi saint où la ville résonnait des cloches de toutes les églises, où la radio ne diffusait pas de jolies musiques mais l'office célébrant la Passion du Christ, elle allait pouvoir déposer sa croix dans cette chambre où Marianne l'avait enfermée seule, sans morphine mais avec beaucoup de comprimés. Là allait finir son calvaire, le temps de remettre un peu de rouge à lèvres, elle pourrait lancer sa dernière réplique: "Maintenant je vous appartient, je ne peux plus vous donner que ma mort."la  réplique finale de "Poison insidieux" ce film de son ancienne vie.&lt;br /&gt;Aussi fort soit-il, que pouvait l'amour dans un monde où l'on fait commerce du rêves et du bonheur?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;object height="266" width="320"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube-nocookie.com/v/2W9vloVOOP8&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube-nocookie.com/v/2W9vloVOOP8&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="320" height="266"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-3263598012060803023?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/3263598012060803023/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/07/le-secret-de-veronika-vossrw-fassbinder.html#comment-form' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3263598012060803023'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3263598012060803023'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/07/le-secret-de-veronika-vossrw-fassbinder.html' title='Le secret de Veronika Voss(R.W. Fassbinder 1982)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SksnYcx9m4I/AAAAAAAAAbY/IjVKJF4GB4A/s72-c/18445356.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-5813306273675471877</id><published>2009-06-02T17:28:00.011+02:00</published><updated>2011-06-14T13:36:57.240+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sokourov Alexandre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinema 2000'/><title type='text'>Alexandra (Sokourov 2007)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341341426450866882" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SiBBukuuosI/AAAAAAAAAaM/I6GkWM-lSZs/s400/18805637.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 400px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 300px;" /&gt;Il y a sept ans qu'Alexandra Nikolaievna n'a pas vu son petit-fils, le seul être cher qui lui reste au monde, sept longues années sans pouvoir le serrer dans ses bras.L'angoisse terrible de ne pas le revoir une dernière fois avant de mourir, voilà ce qui a poussé Alexandra à entreprendre ce voyage éprouvant pour ses quatre-vingts ans, jusqu'en Tchétchénie où est basé le régiment de Denis et à se retrouver, éblouie de soleil dans ce paysage au milieu de nulle part entre terre et ciel, d'où la vie semblerait s'être retirée s'il n'y avait ces jeunes garçons en uniforme qui s'agitent autour d'elle. Elle les rabroue sans ménagements, ces jeunes soldats ivres de leur vigueur, qui la guident dans ce dédale, peut-être parce que leurs attentions insistantes pour l'aider, leurs familiarités exagérées soulignent un peu trop que sa maladresse de vieille femme leur inspire un apitoiement qui l'exaspère, elle dont le corps fatigué n'est plus aussi alerte que l'esprit qui l'anime.C'est dans un train blindé qu'elle commencera son voyage, un de ces trains réservés aux militaires où l'air du dehors rentre à peine, percés d'étroites meurtrières où les visages se collent presque par réflexe. Ce train, c'est le début d'un long corridor qui les éloigne du monde qui était le leur juqu'à présent,un monde où ils doivent tout laisser de leur vie d'avant y compris leurs valeurs et leur volonté d'homme pour un autre monde où, tous vêtus du même uniforme, ils n'auront et ne pourront qu'obéir aux ordres. Tout, jusqu'aux actes les plus élémentaires, sera décidé pour eux : quand ils doivent s'assoir, retirer leurs casques, dormir, s'ils doivent regarder Alexandra ou pas.C'est ce chemin-là qu'elle suivra avec eux,et en posant son clair regard de femme sur ces visages inquiets, fatigués ou désabusés,elle leur rendra, à travers les émotions qu'elle saura y percevoir et nous avec elle, leur humanité d'individus qui ont une histoire, une vie loin du troupeau dans lequel ils ont été parqués.La présence de cette femme qui semble vieille comme le monde au milieu des soldats est si incongrue, elle qui pourrait être la mère ou la grand-mère de tous, qu'ils ne peuvent s'empêcher de la regarder, image bienveillante de la maternité dans cet univers masculin venue troubler leurs sentiments muselés, teinter de nostalgie leurs souvenirs cadenassés.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342734491925362034" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SiU0tqBwNXI/AAAAAAAAAaU/lgq_WVLjWYQ/s400/18761771.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 266px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;C'est un char qu'il lui faudra escalader à la descente du train pour , dans un paysage qui semble s'être dilué dans la nuit brumeuse et verte, rejoindre le campement où son petit-fils parti en mission ne l'attend pas, puis suivre encore de longs couloirs de toile à ne plus savoir où elle est , pour enfin pouvoir poser son pauvre corps meurtri sur un lit.&lt;br /&gt;Au matin c'est la lumière vive du jour et le vrombissement des hélicoptères qui la sortiront de son profond sommeil, la replongeant brutalement dans cet univers qui n'est pas le sien et il sera là à côté d'elle, jeté sur le lit sans même s'être déshabillé, ce grand gaillard qui est son petit. Comme ils seront heureux de se retrouver, de s'étreindre après cette longue séparation, Alexandra ne pouvant toutefois s'empêcher de le sermonner pour sa tenue négligée, comme avec un petit garçon qui se serait sali en jouant.&lt;br /&gt;De la vie du camp, elle veut tout voir,tout ce qui fait la vie de ces hommes dans leur quotidien le plus ordinaire. Denis voudrait l'entrainer vers des visions plus prestigieuses à ses yeux de la vie militaire quand elle, elle s'attarde devant des soldats qui nettoient leurs fusils, les montent et les démontent, les astiquent longuement parce qu'on leur a ordonné de le faire, tâche fastidieuse qui les absorbe, occupe l'esprit et les mains de ces garçons à peine sortis de l'adolescence, à la jeunesse éclatante qui se disperse dans ce travail assommant et qui pourrait s'employer à tant d'autres choses plus valorisantes. Elle s'arrête aussi devant ce groupe qui attend le repas, ces hommes réunis autour d'une table qui n'ont rien à se dire, semblent parler seuls en évoquant leurs vies d'avant et d'ailleurs pour remplir le vide de leur existence. Il y a pourtant toute une vie industrieuse dans cette cité de toile , comme les hommes savent faire,noyant leurs angoisses du lendemain dans le travail, s'activant à nettoyer, réparer, construire, organiser, toute une activité au final inutile puisqu'elle ne produira rien, si ce n'est la destruction, puisqu'elle ne laissera rien derrière elle, ne fera en rien progresser la vie de ces hommes, toute une activité où ils gaspillent leur belle énergie dans un but de destruction quand ils pourraient l'utiliser pour construire .Et à travers, le regard pénétrant d'Alexandra qui se promène partout,ces yeux d'Alexandra qui sont la caméra d'Alexandre Sokourov, c'est toute l'absurdité de ce monde guerrier qui nous saute à la figure.&lt;br /&gt;Quand Denis enfin parviendra à l'entrainer vers les véhicules blindés qui le rendent si fiers, elle voudra là aussi tout approcher, pénétrer à l'intérieur, s'y assoir, sentir l'air confiné à l'étrange odeur mêlée de sueur, de métal et d'armes que respire ces hommes qui s'entassent comme des sardines dans ces drôles de boites de conserve, épauler une arme et appuyer sur la gâchette. "C'est facile !" se dira-t-elle, oui c'est facile ce geste, à la portée de tout le monde, dans cet univers sans repères, déréalisé,c'est facile d'appuyer et de tuer&lt;br /&gt;"Viens ma princesse!" lui dira Denis en la prenant dans ses bras pour l'aider à descendre, une manière délicate de lui faire oublier son corps malhabile et de se faire chevalier de cette femme qu'il aime et qu'il respecte, ce chevalier qu'il rêvait d'être peut-être quand petit garçon il jouait à la guerre, cet homme fort et admiré, défenseur de sa patrie qu'il pensait devenir en embrassant la carrière militaire et qu'il n'est pas .Car il n'est pas fier, Denis de tuer, de posséder cette force qui n'éblouit plus personne et l'orgueil militaire qu'on lui a enseigné avec le maniement des armes n'arrive plus à masquer son dégoût.Mais c'est son gagne-pain et il ne sait plus rien faire d'autre. Pour continuer à avancer, il abrutit son corps et ne s'abandonne au sommeil que lorsqu'il est assommé de fatigue, pour "ne pas se tortiller sur son lit en voyant des horreurs."&lt;br /&gt;Quand Denis est en mission, Alexandra ne veut pas rester à l'attendre sans rien faire, pas plus qu'elle ne veut être suivie par le soldat-ange -gardien qui lui a été attribué. Elle veut être libre de ses mouvements et les objurgations autoritaires des militaires qui prétendent les limiter ne l'intimide en rien. Elle a passé l'âge d'obéir aux ordres d'autant plus quand ils sont donnés par des gamins qui lui font plus peine que peur.Face à leurs menaces, elle prend le temps de s'arrêter près d'eux, de partager avec eux ces quelques nourritures qu'elle avait apportées, qui ont un tendre goût de nostalgie, celui des repas en famille préparés avec amour et de discuter de leur vie, de leur avenir, de ce foyer qu'ils seraient en âge de construire même si les femmes les effraient, ces femmes qui regardent trop la télé et veulent tout ce qu'elles y voient,tout ce que seul l'argent peut acheter, tout ce qu'ils ne peuvent pas leur offrir avec leur maigre solde.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342734986177854066" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SiU1KbQuunI/AAAAAAAAAac/ZQEggRFQ9Uk/s400/18785458.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 266px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Alexandra a assez vu le camp et ses soldats, elle veut sortir, poussée par son insatiable curiosité et ce n'est pas la barrière de bois, ce simple obstacle qui matériellement n'est rien et que pas un soldat ne franchirait sans autorisations qui l'arrêtera.Elle veut aller au marché, reprendre contact avec la réalité du quotidien.Là elle rencontrera Malika, une femme du même âge qu'elle, une femme que d'autres ont décrété être son ennemi quand tout les rapproche, la vieillesse, la souffrance physique, les êtres chers disparus, cette même vie qu'elles ont vécue pour les autres avant de la vivre pour elle, toute cette énergie dépensée pour simplement survivre et ce quotidien de terreur qui était l'hier d'Alexandra et l'aujourd'hui de Malika."Vous êtes bonne avec moi " remerciera Alexandra pour toutes les attentions de Malika "et pourquoi serais-je méchante ?Pour les hommes, c'est normal d'avoir des ennemis."Mais ces femmes, qu'elles soient d'un camp ou de l'autre, ces femmes qui donnent la vie et qui sacrifient la leur pour que grandissent leurs enfants, ne peuvent trouver de sens à cette volonté de destruction qui ne touche pas que les maisons, elles ne peuvent que s'unir dans l'affliction devant cette jeunesse sacrifiée, devant ces jeunes garçons au regard dur, fermé, qui se prennent pour des hommes et gardent leurs visages de gosses même avec leurs armes en bandoulières.&lt;br /&gt;Et ce jeune voisin de Malika qui la raccompagne gentiment jusqu'au camp, qu'a-t-il de différent de ces autres garçons en uniformes de l'autre côté de la barrière ?Ils ont la même jeunenesse, le même appétit de vivre, pourquoi faut-il qu'il y ait ce mur entre eux ?&lt;br /&gt;"Donnez-nous notre liberté" dira-t-il à Alexandra sur le chemin du retour et elle lui répondra"Demande à Dieu qu'il te donne l'intelligence".Cette réponse-là peut paraitre terrible et extrêmement dure.Elle s'adresse à ce jeune garçon comme elle aurait pu s'adresser à n'importe quel autre jeune garçon. Elle est un amer constat de Sokourov, qui s'il a tourné son film à Grozny, aurait pu le tourner dans n'importe quelle partie du monde où existent ces luttes fratricides. Il ne prend pas partie dans ce conflit,il ne défend pas une thèse politique. Il poursuit à travers ses films et l'Histoire du passé et du présent ses interrogations sur ce qui éternellement pousse les hommes dans cette logique guerrière tout en donnant forme à un faible espoir, qu'ils puissent utiliser leur intelligence, ce trésor qu'ils possèdent pour construire et non détruire."La force n'est ni dans les armes, ni dans les mains" ajoutera encore Alexandra.Elle, elle le sait mais que peut-elle faire de cette vérité si ce n'est constater, elle dont l'existence tire à sa fin.Pourtant son âme pourrait vivre encore une vie entière,que son savoir rendrait sûrement différente de celle qu'elle a vécue si elle avait la liberté de la jeunesse.&lt;br /&gt;"J'ai rencontré une femme très gentille" racontera-t-elle à Denis, oui une belle rencontre qui rendait si difficile à imaginer que dans le même temps les voisins de Malika peut-être, enlevaient et séquestraient des prisonniers dans des fosses.Qu'avait-fait son Denis pendant qu'elle allait au devant des autres ?Son travail de la journée avait été de ratisser un quartier et puis il s'était bagarré pour se défouler.Que faisait-il de son intelligence, cet enfant tant aimé ?Plus jamais il n'ouvrait un livre et les films qu'ils regardaient, il ne pouvaient décemment en parler à sa grand-mère. Qu'est-ce qui avait fait de ce petit garçon rieur, tendrement élevé cet adulte au corps animal qui n'obéissait qu'aux ordres et à ses pulsions ? Une éducation trop autoritaire qu'il reprochait aujourd'hui à sa grand-mère qui contraignait les êtres, les empêchant de laisser s'épanouir ce qu'il y avait de meilleur en eux, qui les entravait par peur de déplaire ou de ne pas être aimés et qu'il avait eu envie de fuir dès qu'il en avait eu la possibilité pour mieux se soumettre dans la vie militaire ? La liberté était-elle si angoissante pour les hommes qu'ils aient toujours besoin de se sentir appartenir à une tribu avec ces rites et ses rituels décérébrants ?&lt;br /&gt;Et ces points d'interrogation, ils sont toujours venus spontanément à la fin des trois films de Sokourov que j'ai vu, de ce cinéaste pas toujours facile à aborder qui nous propose sa perception du monde si personnelle, parfois dérangeante mais ô combien sincère, de ce cinéaste remue-méninges qui n'assène pas des vérités pré-digérées mais ne peut conduire, à travers ses images qui restent imprimées en soi au delà de la vision du film,qu' au questionnement.&lt;br /&gt;Le film se termine sur une fragile note d'espoir : Malika qui raccompagne Alexandra à la gare, cette Alexandra si magnifiquement interprétée par Galina Vishnevskaya qui, au delà de ses talents d'actrice, est aussi tout un symbole de part sa propre vie.Oui, une fragile note d'espoir, ces deux femmes qui se serrent dans les bras l'une de l'autre et se promettent de se revoir, qui s'invitent à la rencontre, au partage et à la découverte de leurs univers avec cette très belle phrase :"Les hommes peuvent être ennemis, nous, nous sommes soeurs dès le début du monde."&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-5813306273675471877?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/5813306273675471877/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/06/alexandra-sokourov-2007.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5813306273675471877'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5813306273675471877'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/06/alexandra-sokourov-2007.html' title='Alexandra (Sokourov 2007)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SiBBukuuosI/AAAAAAAAAaM/I6GkWM-lSZs/s72-c/18805637.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-3660551205367804211</id><published>2009-05-23T16:25:00.005+02:00</published><updated>2011-06-14T13:37:44.654+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bergman Ingmar'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>L'attente des femmes (Ingmar Bergman 1952)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il ne pouvait y avoir de titre plus juste à ce film que L'attente des femmes pour créer un lien entre les confidences qu'allaient se faire cinq femmes, toutes différentes par l'âge, leur caractère et leur situation au cours d'une soirée dans une maison de vacances non loin de Stockholm, où elles étaient réunies un peu malgré elles par leurs liens familiaux, puisqu'à travers leurs histoires allant du drame à la comédie, allaient s'illustrer tous les sens du mot attente. L'attente, c'est déjà le temps passé à attendre et ce temps-là , il occupait la plus grande partie de leurs vies depuis qu'elles l'avaient liées à celles d'hommes qui eux n'avaient rien changé à la leurs parce qu'une femme y était présente.L'attente, c'est aussi l'état de conscience de celui qui attend, elle pouvait être, suivant l'histoire de chacune paisible, désabusée, passionnée ou désenchantée. Et puis l'attente, c'était la somme de tous leurs désirs plus ou moins secrets, de tous ces rêves, ces espoirs, qui étaient en elles, qui étaient elles et qu'elles ne pouvaient exprimer librement, enfermées qu'elles étaient dans leurs rôles de femmes, dans leurs solitudes de femmes qui ne trouvaient pas d'écho à leurs aspirations.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5336055754782910434" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sg16b_WDp-I/AAAAAAAAAZU/dc0B9O7fhlU/s400/attente_des_femmes%252002.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 204px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 274px;" /&gt;Ce soir-là elles attendaient ,Annette, Rakel, Martha et Karine, les quatre femmes des frères Lobelius, plus Maj, la petite soeur de Martha, amoureuse d'Henrik, le fils d'Annette.Vite elles avaient couché les enfants, ces petits garçons qu'il avait d'abord fallu chercher, appeler d'une voix angoissée, car emportés par leurs jeux, ils avaient abandonné sur la plage leur petit bateau à voile, celui avec lequel jouaient leurs aînés, pour courir vers de nouvelles aventures, sans même imaginer l'inquiétude de leurs mères. Puis dans la tranquillité de la maison retrouvée, leurs mains occupées pour tromper la tension de l'attente que toutes elles ressentaient, elles avaient libéré leur coeur.&lt;br /&gt;Annette attendait Paul sans illusions, leurs relations de gens bien élevés se limitant au bonjour et au revoir.. Elle ne partageait pas la vie de son mari, elle vivait sous le même toit qu'un homme qu'elle ne pouvait prendre dans ses bras, pas plus qu'elle ne pouvait lui arracher les yeux."Une femme adulte aurait du se raisonner, se consoler avec Jésus et ses petits enfants" mais elle ne s'y résignait pas.Tout en sachant que plus rien désormais ne changerait, cette distance et cette froideur continuait à la faire souffrir. Elle n'avait que sa vie avec Paul et rien d'autre.&lt;br /&gt;Dans cette même maison, pendant un été qu'elle passait seule avec son mari Eugen, Rakel elle aussi avait essayé d'analyser ses relations décevantes avec son mari.Eugen était, au dire de ses frères le bon à rien de la famille Lobélius. Délaissant les affaires familales, il consacrait tout son temps et l'argent de sa femme à un traité sur l'histoire du style, une manière comme une autre de remplir le vide angoissant de sa vie égocentrique et d'ignorer les attentes de sa femme qu'il ne pouvait combler. Dans cette solitude désoeuvrée, il était bien difficile pour Rakel de résister à Kaj, l'ami d'enfance, venu glisser son image à côté de la sienne dans son miroir, venu la troubler dans sa retraite avec leurs souvenirs sensuels d'adolescents.En prédateur rusé et expérimenté, il ne voulait pas forcer sa proie, il la voulait douce et soumise, consentante, la séduire sans être le suborneur, ne pas gâcher son plaisir par la mauvaise conscience. Il la laissa se réfugier derrière ses barrières de mots élevées sans convictions, les "tu es marié", "j'aime Eugen" sans insister."Ils n'étaient pas des animaux lubriques".Il l'entraina se baigner pour oublier le désir dans l'agir. Mais là, dans la cabane au bord de l'eau où ils se réfugiaient enfants, où il y avait encore ce petit bateau à voile avec lequel ils jouaient autrefois, c'est toute l'intimité de leurs souvenirs qui s'enroulait autour d'eux, les isolait du monde . Là, il y a quelques années, ils se mettaient nus à l'abri du regard des adultes , là aujourd'hui ils étaient seuls, leurs corps dénudés, dans ce silence à peine troublé par le clapotis de l'eau . Rakel était comme ce poisson aperçu dans l'eau qui la dégoûtait, elle se laisserait prendre et c'est elle qui viendrait mordre l'hameçon.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337818230776750242" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/ShO9ZmENYKI/AAAAAAAAAZk/CO2tLslEQVI/s400/attente_des_femmes%252006.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 154px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 206px;" /&gt;Le soir c'est Kaj qu'elle trouvera dégoûtant, Kaj, repu de plaisir, qui s'attardait sans vergogne chez Rakel, tirait au fusil avec Eugen et se laissait féliciter d'être un as au tir, qui faisait à Eugen un récit de leur après-midi chargé de sous-entendus. La vie de Rakel n'était qu'un tissu de mensonges. "Tu n'es pas un bon amant, tu ne penses qu'à toi."lancera-t-elle à Kaj dans la conversation pour briser cette vitre d'apparences derrière laquelle chacun se tenait, pour qu'enfin viennent des paroles vraies . Elle n'entendra que le cynisme de Kaj et l'orgueil blessé d'Eugen qui ne se souciera que de lui dans ce naufrage , de ce qu'elle a pu révéler de sa virilité défaillante, de l'organisation de leur séparation, du partage de leurs biens, de cet écritoire qu'il voulait garder car il était dans sa famille depuis si longtemps, de la façon dont il allait pouvoir venger cet affront ." Ensemble, nous aurions pu traverser cette épreuve", oui ensemble,aura espéré Rakel, se rencontrer enfin, même si c'était dans le partage de la douleur, n'être plus cet objet dont les hommes se servaient pour leur satisfaction personnelle avant de courir vers d'autres jeux, être reconnue pour ce qu'elle était, pour tout ce qu'elle faisait. Ensemble, ils reprendraient leur vie de faux-semblants, Eugen parce qu'écoutant son frère Paul, il penserait qu'il valait mieux être trompé que seul et Rakel, parce qu'elle ferait d'Eugen, de cet homme souffrant de son inutilité, sa raison de vivre et de se sacrifier."On se soutient moralement, il est mon enfant."Et, en disant ces mots, son visage s'éclairerait d'un sourire, ce même sourire maternel qu'elles auraient toutes, lorsque viendrait les sortir de leur méditation la voix des petits garçons qui ne dormaient pas.&lt;br /&gt;C'est en été que Martha, elle aussi a pris conscience de cette solitude qui était la sienne, un chaud matin d'été où enceinte de huit mois les contractions sont venues la réveiller. Calmement elle se prépara, arrosa les plantes, nourrit le chat ,mit dans un sac les affaires du bébé ,un sac si rempli qu'il n'y avait plus de place pour la photo du père et attendit sereine en écoutant de la musique, l'heure de partir, sérénité un instant troublée par l'image de la mort entrevue, vertige de sa solitude devenue morbide. Seule,toute petite, son sac à la main, elle traversera la ville carillonnante, les places désertes écrasées de soleil jusqu'à l'hôpital, sa froideur clinique, son silence glacé traversé de cris de femmes que l'on pourraient croire démentes et qui sont en train de donner la vie. Là , dans l'attente de la salle de travail, le jeu des ombres sur le mur lui rappellera le soir où tout avait commencé, cet horrible cabaret parisien où des danseuses vulgaires et grotesques allumaient en se déhanchant des éclairs lubriques dans le regard des hommes. Elle était assise près de Bob, ce garçon qui voulait l'épouser et dessinait sur du papier le plan de la maison qu'ils habiteraient mariés, où tout était prévu, où chaque meuble avait déjà sa place, y compris sa femme . Elle enverra promener Bob et sa vie préfabriquée pour suivre Martin le magicien, Martin l'illusionniste, image au sourire enjôleur et vaguement inquiétant surgie dans son miroir, Martin qui lui dessine un autre avenir mystérieux et exaltant. A l'hôtel du Pont-tournant, elle le suivra dans ses jeux d'ombre et de lumière, dans ses amours de miroir où chacun cherche en l'autre l'image qu'il lui renvoie,elle ouvrira sa porte à l'inconnu, elle écoutera cette voix qui semble ne chanter que pour elle, prendra cette main blanche qui se tend dans la nuit et qui ne semblait attendre qu'elle . Paris ne sera pas assez grand pour contenir leur ivresse, ce Paris où ils étaleront leur bonheur, des marches du Sacré-Coeur aux Champs- Elysées ou encore allongés sur l'herbe des jardins . Et cette petite vie qui a pris naissance en elle, ce fruit de leurs amours dont elle cherche à deviner la présence dans le reflet de sa frêle silhouette aperçue dans les miroirs, sera sans nul doute l'apogée de leur rencontre.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337906055755488114" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/ShQNRrm2W3I/AAAAAAAAAZ0/MjUbGaClqVA/s400/attente_des_femmes%252009.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 184px; margin: 10px auto; text-align: left; width: 246px;" /&gt;Là se brisera le miroir magique . Martin vient d'apprendre la mort de son père et ses frères menacent de lui couper les vivres s'il ne rentre pas à Stockholm . Son bel amant romantique et bohème, qui ne veut pas se sentir coupable dans sa lâcheté et son égoïsme, conclura leur histoire par cette phrase : "Nous avons passé du bon temps ensemble, je suis instable mais toi aussi tu es un peu frivole, c'est ce qui me console."Pourtant, son enfant né, elle acceptera de l'épouser, cet homme incertain."La vie n'est pas grandiose" répondra-t-elle à Maj qui lui reprochera d'avoir si vite abdiqué.&lt;br /&gt;Quant à Karine, elle ne s'était jamais vraiment fait d'illusions sur son mari Fréderik, si content de lui, si imbu de sa personne. Elle se plaisait à l'agacer de mille façons, à piquer sa vanité, à ironiser sur sa belle assurance."Tu es unique" conclura-t-elle moqueuse au panégyrique qu'il se dresse tout seul, "mais tu n'as pas d'amis". Le soir où ils sont rentrés chez eux après la soirée anniversaire des cent ans de la firme Lobélius, Karine et Frédérik se sont retrouvés prisonniers de l'ascenseur. "Être enfermé dans un lieu clos, la pire expérience après les rats et les communistes "pour Frédérik.Et dans ce lieu où son pouvoir ne peut rien, voilà que le miroir de l'ascenseur lui renvoie l'image d'un homme déconfit, qui a perdu de sa superbe auprès de sa femme au calme olympien qui plus que jamais l'irrite de ses moqueries :"j'ai trouvé la faille de l'homme"et puis toujours rieuse mais émue par son désarroi,"ne sois pas triste mon petit garçon" et elle lui offrira du chocolat pour le consoler,maternelle encore, elle lui massera la jambe quand il aura une crampe, le sermonnant de ne pas porter de sous-vêtements assez chauds. Depuis longtemps Karine à la flamboyante féminité n'était plus pour Frédérik que la mère de ses enfants , voire même simplement une mère derrière laquelle la femme devait s'effacer . Trop somptueuse à son goût dans sa robe du soir, il l'accusait de se mettre à demi nue pour l'irriter . Elle n'avait plus à être séduisante puisqu'il ne souhaitait plus se laisser séduire par elle, puisque d'autres, plus jeunes et plus belles le séduisaient et se laissaient séduire par lui, lui offraient des plaisirs nouveaux et l'assuraient de sa force et de son pouvoir. Dans leur prison d'une nuit,dans cette intimité forcée, préservée des mille sollicitations qui sans cesse l'emportaient loin d'elle, ils se laisseront aller aux aveux pour tromper l'ennui . A la rusée Karine, il avouera ses multiples liaisons dont il ne regrettait pas une seule, comme il ne regrettait jamais un bon repas et si le doute qu'elle laissait planer sur ses éventuels amants piquait un peu son orgueil, qu'importe, puisqu'ainsi il menait la vie qui lui plaisait en voulant croire sa femme heureuse . Une nuit dans un ascenseur, où Karine pensera retrouver son mari,où ils retrouveront un peu de l'ardeur de leur rencontre et puis à peine sortis, à peine le temps de s'apercevoir dans le grand miroir de leur appartement comme une mauvaise fille dans les bras du grand timonier et Frédérik sera emporté loin d'elle par ce tourbillon de travail, de rendez-vous, de coups de téléphone sans lequel il ne sentait plus exister.&lt;br /&gt;Annette, elle, n'aura rien à raconter et là était peut-être la plus terrible histoire de toutes, dans ce vide vertigineux, ce désert qu' était sa vie avec Paul.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5338358667834353538" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/ShWo7K_k54I/AAAAAAAAAaE/Yr2s0lzPcxY/s400/attente_des_femmes%252013.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 174px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 230px;" /&gt;Cette même nuit, Maj, la petite soeur, après avoir entendue ces aînées évoquées quelques scènes de leurs vies conjugales, partira dans un bateau avec Henrik, en lui faisant jurer qu'il ne serait pas comme les autres, infidèle, dégoûtant, malhonnête. Ils vivraient éblouis, leur bel amour tout neuf,sûrs de son éternité, jusqu'à ce que l'habitude, la lassitude les fassent rentrer dans la ronde, celle de la prudence et des compromis, celle que les hommes ont toujours envie de quitter pour de nouvelles aventures quand les femmes attendent. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-3660551205367804211?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/3660551205367804211/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/05/lattente-des-femmes-ingmar-bergman-1952.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3660551205367804211'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3660551205367804211'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/05/lattente-des-femmes-ingmar-bergman-1952.html' title='L&apos;attente des femmes (Ingmar Bergman 1952)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sg16b_WDp-I/AAAAAAAAAZU/dc0B9O7fhlU/s72-c/attente_des_femmes%252002.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-2446032503834806215</id><published>2009-05-09T09:51:00.007+02:00</published><updated>2011-06-14T13:38:08.976+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Mankiewicz'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1940'/><title type='text'>Chaînes conjugales (Mankiewicz 1949)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332246246773369314" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sf_xtcHWKeI/AAAAAAAAAXU/rIwoOQ0LBe4/s400/affiche.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 275px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 207px;" /&gt;Adapté d'un roman, Chaînes conjugales dont il est à la fois scénariste et réalisateur, est l'occasion pour Mankiewicz d'explorer un de ses thèmes de prédilection, le jeu social et son influence sur les comportements humains au travers d'une satire brillante de la vie provinciale américaine.Et avec quel brio, il a écrit ces dialogues à la fois drôles, percutants et visionnaires !&lt;br /&gt;Le lieu, une de ces villes moyennes américaines comme il en existe tant après guerre, où les chaînes de magasins poussent comme des champignons le long d'une "main street" qui la traverse. Rien à voir avec Broadway, c'est juste la rue principale. Et puis il y a la rue de la "haute" où vit l'élite du Country Club quand elle n'est pas au Country club . Là aura lieu, en ce  samedi de mai, le premier bal de la saison. Avant de s'y rendre avec leurs maris, trois femmes, Deborah, Rita et Lora Mae, se retrouvent pour accompagner des enfants lors d'une excursion en bateau. De quoi parlent-elles le plus  souvent ?D'Addie Ross, cette femme mystérieuse dont nous ne verrons jamais le visage et dont la voix off nous raconte l'histoire. Si Addie revient sans cesse dans leurs conversations, n'est-ce pas simplement parce qu'elles n'ont rien d'autre à se dire ?Car ce qui réunit ces femmes, ce n'est pas une amitié sincère, fondée sur des affinités communes, une connivence certaine, mais plutôt le fait d'appartenir au même milieu social et de devoir y jouer cet inévitable jeu des rencontres qui soude les groupes et remplit le vide des journées.&lt;br /&gt;Chaînes conjugales ou A letter to three wives, le titre américain du film étant plus explicite que son équivalent français, puisqu'avant d'embarquer sur ce bateau qui va les couper de toutes possibilités de communication avec leur monde quotidien pour la journée, elles vont recevoir une lettre, à elles trois adressée, de cette chère Addie, leur annonçant son départ définitif de la ville avec le mari de l'une d'entre elles. Mais lequel ?&lt;br /&gt;Au cours de la journée, chacune à son tour va passer en revue, en un long flashback, les raisons pour lesquelles son mari aurait pu filer avec Addie, Addie, cet être idéal,  belle, élégante, raffinée, intelligente, ayant toujours le geste qu'il faut au bon moment, un rêve de femme pour les hommes, un modèle inimitable pour les femmes.&lt;br /&gt;Pour Deborah, cette menace de ne pas retrouver Brad à son retour vient faire écho à ces angoisses les plus anciennes. Brad et Deborah se sont rencontrés dans la marine,où " en uniforme, on est tous pareils!".Dans son tailleur militaire, elle avait fière allure et était sûre d'elle. Peu importait qu'elle ait grandi dans une modeste ferme du Maine.C'est une fois mariée, quand elle dut trouver sa place dans cette vie de privilégié que menait son mari avant de la rencontrer, une vie où il avait été très proche d'une certaine Addie, qu'elle commença à douter d'être digne de lui.La première soirée où il devait la présenter à ses amis, un bal du Country Club, fut une catastrophe : elle qui voulait être parfaite pour faire honneur à Brad, trouvait sa tenue  minable et sa coiffure ratée, et elle but tant de Martini pour se donner du courage qu'elle fut parfaitement ridicule comme elle le craignait tant !Mais quelle étrange idée se faisait-elle de l'amour, un amour qui aurait pu disparaître parce qu'elle aurait eu les cheveux trop frisés ou une robe démodée, quelle estime avait-elle pour cet homme dont elle avait choisi de partager le reste de la vie si elle le pensait capable de la mépriser pour une histoire de chiffon ?N'était-elle plus la même femme, celle qu'il avait décidé d'épouser, parce qu'elle était habillée autrement ? Est-ce qu'une femme n'était qu'une apparence qui se devait, par son élégance, de réhausser la valeur de son mari ?&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332813260488756690" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SgH1Z-zszdI/AAAAAAAAAX0/bsfh4zNWmEc/s400/18807198.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 266px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;"Vous sous-estimez Brad! "lui dira Rita ce soir-là, elle qui avec son mari Georges Phipps connaissait Brad depuis des années.&lt;br /&gt;Si pendant cette journée de pique-nique, Rita, elle, essaye de garder son air assuré, elle n'en a pas moins des inquiétudes sur un possible départ de Georges avec Addie. Leur couple connait une période difficile, pour tout dire, ils ne se parlent plus. Georges est enseignant, un métier qu'il adore et qu'il exerce avec passion. Mais enseigner Shakespeare ne permet pas de payer le loyer et de nourrir sa famille. Rita doit travailler. Au début, Georges trouvait leur couple moderne, libéral. Il aimait afficher son anticonformisme, se vantant d'être un chef de famille pour rire, répondant quand on le complimentait sur son nouveau smoking que c'était sa femme qui lui avait offert et aux grincheux conservateurs qui affirmaient comme une loi de la nature que l'homme devait montrer sa force et protéger la faible femme, il assénait que "Einstein jouait mal au foot mais qu'il avait changé l'univers". Mais aujourd'hui il ne reconnait plus la femme qu'il a épousée, cette femme avec qui, il partageait tout, du base-ball à Brahms, cette femme-là est possédée par tel un désir de reconnaissance sociale, de réussite professionnelle que pour maintenir son train de vie, elle est prête à ramper devant ces deux idiots que sont ses employeurs, Mr et Mrs Manleigh.Rita travaille dans une de ses radio qui diffuse à longueur de journée des émissions crétines entrecoupées de spots de pub pour des déodorants qui rendent heureux, des laxatifs qui rendent amoureux et dont le message global semble être "Ne réflechissez pas, devenez riche et célèbre et vous serez heureux" , que l'on pourrait aussi traduire par" consommez si vous voulez faire partie des élus". Ce nouveau système de communication, c'est l'arme fatale de cette société marchande qui est en train de se construire, elle s'insinue dans tous les foyers, on l'entend sans même l'écouter, son seul credo est de faire du chiffre en développant une culture des masses qui n'a que faire de la culture. Dans ce monde-là la valeur d'un homme est  proportionnelle à son salaire , et il est parfois plus facile de gagner beaucoup  d'argent en braquant un revolver et en criant "Haut les mains!" dans un western quelconque qu'en étant un homme instruit qui transmet son savoir en enseignant comme Georges. Rita qui s'est laissée happer par ce système au point d'y sacrifier son talent et son indépendance, voudrait bien que Georges renonce à son métier de professeur pour un poste plus lucratif de rédacteur.C'est dans ce but qu'elle organise ce ridicule et à la fois très comique dîner avec les Manleigh où "elle veut en mettre plein la vue!". Le dîner sera un fiasco mais elle comprendra que pour Georges son métier est un sacerdoce et que rien ne le fera renoncer à sa mission d'ouvrir les portes de l' esprit.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5333922936353439154" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SgXmpninvbI/AAAAAAAAAX8/Or3nQvHHsnk/s400/18807200.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 266px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Quand à Lora Mae, la troisième du groupe, elle non plus n'est pas sûre de retrouver son mari Porter Hollingsway à la fin de cette journée.Comme elle, Porter est un homme d'origine modeste mais il est un de ces nouveaux "géants " qui intéresse tant Mrs Mansleigh parce qu'il a fait fortune en développant une chaine de magasins d'électroménager. Il en est le premier surpris et il ne peut imaginer intéresser quiconque pour autre chose que son argent, y compris Lora Mae qui était son employé et qu'il n'a pu acheter autrement qu'en l'épousant, persuadé qu'à la première occasion elle demanderait le divorce et une pension alimentaire conséquente.Il a tout ce qu'un homme peut désirer ou du moins ce qu'il peut désirer posséder en l'achetant et Lora Mae n'est qu'un meuble de plus dans sa somptueuse maison. Seule Addie, parce qu'elle ne semble pas pouvoir être achetée le fait rêver.Une brève escapade avec elle lui fera réaliser que le bonheur est à portée de mains.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334163896293298674" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SgbBzVRGkfI/AAAAAAAAAYE/Q6WB3iiglSY/s400/18962311.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 266px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Addie la parfaite, trop parfaite pour être humaine partira seule.Si les chaines conjugales sont parfois lourdes à porter, c'est parce qu'elles pèsent sur ce qui unit d'abord un homme et une femme, l'amour, cette priorité qui devrait rester première avant toutes les égoïstes satisfactions et qu'il est si facile de pervertir, de détourner, de malmener, d'utiliser, d'instrumentaliser.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-2446032503834806215?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/2446032503834806215/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/05/chaines-conjugales-mankiewicz-1949.html#comment-form' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/2446032503834806215'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/2446032503834806215'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/05/chaines-conjugales-mankiewicz-1949.html' title='Chaînes conjugales (Mankiewicz 1949)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sf_xtcHWKeI/AAAAAAAAAXU/rIwoOQ0LBe4/s72-c/affiche.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-5296372768455032074</id><published>2009-05-01T17:23:00.004+02:00</published><updated>2010-03-17T09:09:08.031+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Peinture'/><title type='text'>Le talisman</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SfsUD93mSgI/AAAAAAAAAXM/uTFf7Kh0rHE/s1600-h/serusier-paul-01.JPG" style="text-decoration: none;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;img style="text-decoration: underline;display: block; margin-top: 0px; margin-right: auto; margin-bottom: 10px; margin-left: auto; text-align: center; cursor: pointer; width: 329px; height: 400px; " src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SfsUD93mSgI/AAAAAAAAAXM/uTFf7Kh0rHE/s400/serusier-paul-01.JPG" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330876642303035906" /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Pont-Aven en 1888 : Sérusier peint ce petit chemin qui serpente le long de l'Aven, à travers Le Bois d'amour jusqu'à la maison bleue.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SfsUD93mSgI/AAAAAAAAAXM/uTFf7Kh0rHE/s1600-h/serusier-paul-01.JPG" style="text-decoration: none;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 238); text-decoration: underline;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-5296372768455032074?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/5296372768455032074/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/05/le-talisman.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5296372768455032074'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5296372768455032074'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/05/le-talisman.html' title='Le talisman'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SfsUD93mSgI/AAAAAAAAAXM/uTFf7Kh0rHE/s72-c/serusier-paul-01.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-1741090175690479777</id><published>2009-04-28T16:01:00.012+02:00</published><updated>2011-06-14T13:39:12.346+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Wong Kar-Waï'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinema 2000'/><title type='text'>In the mood for love (Wong Kar-Waï)</title><content type='html'>&lt;center&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="265" width="320"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube-nocookie.com/v/Pa0JAvjx05c&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube-nocookie.com/v/Pa0JAvjx05c&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="320" height="265"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/center&gt;&lt;center style="text-align: justify;"&gt;In the mood for love, c'est une histoire d'amour défendu, une passion déçue mais j'ai envie de dire peu importe l'histoire! Car ce film c'est avant tout une sensation physique, presqu'irréelle, le sentiment étrange de se laisser flotter sur cette musique envoutante à la mélancolie tenace et de s'abandonner au ballet des corps, ces corps prisonniers de pièces étouffantes ,enfermés dans une nuit perpétuelle, cheminant dans ces longs couloirs pavés d'interdits, ces corps séparés de barrières invisibles tendues par le regard des autres,  ces corps qui se cherchent et s'esquivent, se frôlent et se dérobent dans une danse langoureuse toute de sensualité retenue&lt;/center&gt;&lt;center style="text-align: left;"&gt;C'est un poème en images qui capte l'insaisissable, prolonge le fugitif, s'attarde sur l'éphémère, une ode à la fragilité de l'instant où Wong Kar-Waï sait filmer l'impalpable désir, le temps suspendu, les esprits qui s'évadent, la subtilité des émotions.&lt;/center&gt;&lt;center style="text-align: left;"&gt;Et il y a une certaine ivresse à se laisser emporter par  cette beauté triste , une impression de vertige devant cet éternel inassouvissement de l'attente.&lt;/center&gt;&lt;center style="text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-1741090175690479777?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/1741090175690479777/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/04/in-mood-for-love.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1741090175690479777'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1741090175690479777'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/04/in-mood-for-love.html' title='In the mood for love (Wong Kar-Waï)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-3596540411558103681</id><published>2009-04-17T14:32:00.020+02:00</published><updated>2011-06-14T13:40:29.475+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Kurosawa Akira'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1980'/><title type='text'>Kagemusha, l'ombre du guerrier (Akira Kurosawa 1980)</title><content type='html'>&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5327232589374823330" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Se4h0K2SG6I/AAAAAAAAAXE/YOTJxtoqbDQ/s400/k1.JPG" style="cursor: pointer; float: left; height: 400px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 300px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Trois hommes qui se ressemblent à s'y méprendre, vêtus de la même façon, réunis dans la même pièce et qui donnent au spectateur dès les premières images un sentiment de déconcertante illusion, une angoissante incompréhension qui se dissipe avec le dialogue qui s'installe entre eux. Au centre Shingen, le chef de clan de la famille Takeda, à sa gauche, son frère, Nobukado qui joue souvent les doublures de Shingen dans les manifestations officielles et à droite Kagemusha, dont la ressemblance avec Shingen a tant frappé Nobukado qu'il a organisé cette rencontre.&lt;br /&gt;Shingen, Kagemusha, deux hommes en apparence identiques, aus destins pourtant si différents. L'un est un puissant seigneur, l'autre un minable voleur, l'un est riche et respecté, l'autre pauvre et méprisé, l'un est considéré comme un homme honorable et l'autre comme un infâme, condamné à la crucifixion à laquelle il a échappé en croisant la route de Nabukado.Et pourtant si Kagemusha a volé, c'était pour survivre quand Shingen a assis son pouvoir sur des montagnes de cadavres,sans hésiter à  trahir les membres de sa propre famille. Et si l'un a le droit à la déférence quand l'autre ne récolte que l'opprobre, n'est ce pas uniquement du au hasard de la distribution des rôles où Shingen a reçu celui du dominateur et Kagemusha celui du dominé ?&lt;br /&gt;Tout au long de sa vie, Shingen n'a toujours eu qu'un dessein, faire flotter son étendard un jour sur la capitale. Dans ce Japon du XVIème siècle ravagé par les guerres incessantes entre clans rivaux, les alliances se nouent pour mieux se défaire , suivant des stratégies compliquées qui n'ont qu'un but, servir les intérêts personnels, assurer la suprématie d'une famille sur les autres et à travers elle, assouvir l'ambition de son chef.&lt;br /&gt;C'est pendant une de ces luttes, au cours du siège d'un chateau que Shingen est mortellement blessé. Conscient que la nouvelle de sa mort sonnerait l'heure de la curée et l'explosion de son clan, Shingen demande à ses vassaux de la cacher pendant trois ans. Nabukado, qui à lui seul ne peut entretenir l'illusion, propose d'utiliser Kagemusha. Ce dernier  refuse dans un premier temps d' être un  pantin dont on tire les ficelles et encore plus de prendre la place d'un mort dont le corps marine dans une jarre.Rien ne peut le décider, ni la vie qu'on menace de lui ôter, ni les promesses de richesses. A ne rien posséder , à ne pas avoir peur de la mort, il est un homme libre.Quand finalement il accepte, il le fait pour Shingen, cet homme à peine entrevu qui avait aimé son insolence, cet homme qui incarne la force crainte et révérée et dont chacun guette la disparition pour dépecer son cadavre.&lt;br /&gt;En endossant le costume du seigneur, Kagemusha ne sait pas qu'il a choisi une peine pire que la mort. Devenu l'ombre du guerrier, il ne sera plus jamais lui-même, il ne sera plus jamais personne.Pour l'instant tous s'écartent devant lui et se courbent sur son passage. Tous se prosternent devant une image dont il ne viendrait à l'idée de personne de douter, tant les hommes sont conditionnés à respecter les signes du  pouvoir et ceux qui les possédent, à juger sur les apparences plus que sur les actes.Pas même les concubines qui sont pourtant celles qui ont approché Shingen de plus près, ne s'interrogeront sur cette voix qui n'est plus tout à fait la même, sur cette physionomie quelque peu changée,les attribuant à une maladie de Shingen pendant les mois qu'ont duré sa dernière campagne.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5326696151414183858" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sew57Xt7l7I/AAAAAAAAAWs/bLyAmw4w52g/s400/k2.JPG" style="cursor: pointer; display: block; height: 266px; margin: 10px auto; text-align: left; width: 400px;" /&gt;Seul son  petit fils de cinq ans affirme haut et fort que cet homme n'est pas son grand-père avec la  simplicité d'un enfant dont les perceptions n'ont pas encore été perverties par l'éducation et le jeu social.Mais comment ne pas se laisser convaincre par ces adultes qui lui affirment qu'il l'est et par cet homme qui a pour lui plus d'amour que n'avait celui de son souvenir . Kagemusha joue son rôle avec aplomb et assurance, aidé des quelques personnes qui partagent le secret . Il réussit même à ridiculiser dans un conseil le fils de Shingen qui voulait le piéger.&lt;br /&gt;Il faut dire que Katsuyori est amer, devoir traiter comme son père un ancien voleur, voir son héritage et le pouvoir qui lui revient lui échapper et être aux mains de vassaux qui l'ignorent.Il s'est pourtant illustré par de glorieuses victoires militaires mais c'est son père qui en  a toujours récolté le mérite. Pour s'affranchir de cette servitude, il décide de faire cavalier seul et de se lancer dans une opération militaire sans avis du conseil.Pour ne pas révéler à l'ennemi leur discorde familiale, il est décidé que Shingen/Kagemusha lui apportera son soutien.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5327232159057603874" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Se4hbHyqbSI/AAAAAAAAAW8/FW97t9jL12M/s400/ph3.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 266px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Là apparaitra dans toute sa puissance le rôle du seigneur.Il s'installera en haut d'une colline dominant le champ de bataille et il ne bougera pas, pas même quand la nuit tombera dissimulant l'ennemi, pas même quand les hommes tomberont autour de lui.Il sera la montagne immuable, celle à laquelle il suffit de lancer un regard pour retrouver confiance.Il sera le phare dans la tempête, la lumière dans la nuit, le guide dans le désordre du monde. Et les hommes qui le servent parce qu'il trouveront dans sa présence minérale, dans sa solidité inébranlable une source de courage, d'espérance, l'illusion de la permanence et un sens à leur agitation terrestre, ces hommes-là donneront pour lui le meilleur d'eux-même. Quand à ces ennemis , pour les mêmes raisons ils le craindront, n'oseront ni l'attaquer, ni l'approcher de trop près et restreindront leurs appétits de conquête.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5327231534487975250" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Se4g2xFqNVI/AAAAAAAAAW0/hICgcMiMLBI/s400/k4.JPG" style="cursor: pointer; display: block; height: 266px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;A être si bien confondu avec Shingen, Kagemusha finit pas croire lui-même qu'il est  peu-être un seigneur . Il restait un être vivant qu'il ne pouvait tromper et qu'il n'avait jamais approché : le cheval de Shingen, ce pur-sang fougueux que jamais un autre homme n'avait monté et qui lui ne se fiait qu'à son instinct et à ses perceptions, totalement imperméable aux simulacres humains. Kagemusha l'apprit à ses dépends, grisé par le succès de sa métamorphose, il eut la vanité de croire qu'il pouvait berner l'animal , finalement plus lucide que l'homme, et qui ne mit pas longtemps à le jeter à terre.&lt;br /&gt;Kagemusha blessé, fut démasqué et jeté dehors illico presto par ces hommes qui, quelques heures avant, l'adulaient.Chassé à coups de pierres, il devint un vagabond errant sans avenir qui n'avait comme ambition que d'observer de loin cette vie qui hier était la sienne.&lt;br /&gt;Comme l'avait prévu Shingen, la nouvelle de sa mort entraina la débâcle, l'armée des Takeda, autrefois invincible,  fut massacrée par des ennemis qu'elle n'effrayait plus.&lt;br /&gt;Disparu dans la mer rougie de sang, emporté par les vagues, l'étendard de Shigen Takeda, symbole dérisoire du combat de tout une vie:"Rapide comme le vent, silencieux comme la forêt, destructeur comme le feu, immuable comme la montagne."&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-3596540411558103681?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/3596540411558103681/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/04/kagemusha-lombre-du-guerrier-akira.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3596540411558103681'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3596540411558103681'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/04/kagemusha-lombre-du-guerrier-akira.html' title='Kagemusha, l&apos;ombre du guerrier (Akira Kurosawa 1980)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Se4h0K2SG6I/AAAAAAAAAXE/YOTJxtoqbDQ/s72-c/k1.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-1738555000936255050</id><published>2009-04-12T16:57:00.015+02:00</published><updated>2010-11-08T20:27:50.856+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Morrison Toni'/><title type='text'>Beloved (Toni Morrison)</title><content type='html'>&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SeIBg3wyQHI/AAAAAAAAAWU/ItnoX8DG_qY/s1600-h/tn.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323819373741359218" style="FLOAT: left; MARGIN: 0pt 10px 10px 0pt; WIDTH: 244px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 400px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SeIBg3wyQHI/AAAAAAAAAWU/ItnoX8DG_qY/s400/tn.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Dans le restaurant où Sethe travaillait, la première tâche du matin était de pétrir le pain. Malaxer la pâte, il n'y avait rien de mieux que ce geste monotone pour aborder le vrai travail sérieux de la journée : refouler le passé.Son passé avait été comme son présent intolérable et tous ses efforts étaient consacrés à traverser la souffrance le plus vite possible plutôt qu'à l'éviter. La possibilité de vivre reposait pour Sethe sur celle de tenir le passé en respect et elle bataillait ferme pour ne rien se rappeler. Toute mention de la vie passée faisait mal, tout y était douloureux ou perdu et avec Baby Suggs, la mère de son mari, ancienne esclave affranchie comme elle, qui l'avait recueillie avec ses enfants, elles avaient convenues sans se le dire que le passé était inexprimable. Le cerveau de Sethe était si chargé de passé que l'avenir ne l'intéressait pas.Les projets étaient un luxe qu'elle se refusait jusqu' à l'arrivée de Paul D., cet homme qui venait de son autre vie, celle où tous deux étaient esclaves au Bon Abri, une plantation dont ils s'étaient enfuis quelques dix-huit ans plutôt.Quand il l'entoura de ses bras entre lesquels elle pouvait enfin s'abandonner, l'idée d'un avenir possible lui caressa l'esprit.&lt;br /&gt;S'échapper du Bon Abri, avait été la première chose que Sethe avait faite seule. Elle qui depuis la naissance n'avait pas effectué un geste sans qu'il soit décidé par un blanc, s'était pour la première fois servie de sa tête librement et avait puisé en elle des trésors d'énergie pour fuir la servitude et arriver jusqu'à la maison de Baby Sugs avec ses enfants. Là elle connut vingt-huit jours paisibles dans sa vie d'esclave affranchie, vingt-huit jours où, comme une convalescente réapprend les gestes quotidiens après une longue maladie, elle s'initia doucement à la liberté : se réveiller le matin et décider de ce que l'on fera de sa journée, avoir de vraies conversations avec d'autres noirs dont elle apprit les noms, échanger des points de vue, des sentiments, apprendre d'eux un peu de couture ou d'alphabet. Sethe reprenait possession d'elle-même : se libérer de ses chaines était une chose,revendiquer la possession de son moi en était une autre.&lt;br /&gt;Quand Maitre d'école, le nouveau propriétaire du Bon Abri qui l'avait tant maltraitée, la retrouva dans son refuge et voulut l'emmener, elle et ses enfants, Sethe ne put laisser tout repartir d'où c'était venu, ne put accepter que ces enfants vivent sous les ordres de cet homme.Car tout blanc avait le droit de se saisir de votre personne pas seulement pour vous tuer ou vous mutiler mais aussi pour vous salir si gravement qu'il vous était à jamais impossible de vous aimer, que vous en oubliiez qui vous étiez. Le meilleur de Sethe c'était ses enfants, c'était le beau, le magique, ce qu'elle avait de propre.Alors plutôt les tuer que de laisser Maitre d'école les prendre, plutôt commettre l'impensable infanticide et passer le reste de sa vie à expier, être mise au ban de la société,en être exclue y compris par les siens.&lt;br /&gt;Dans ce geste terrible il y avait de l'amour, de cet amour qu'il était si dangereux pour une esclave d'éprouver.&lt;br /&gt;C'est ce que dix-huit ans plus tard elle voulait faire comprendre à Paul D. qui avec ses souvenirs et ses révélations sur leur passé commun était venu bouleverser le fragile équilibre de sa vie et surtout à Beloved, la jeune femme fantôme qu'était devenue la petite fille tant aimée dont elle avait tranché la jeune vie et qui revenait aujourd'hui la toumenter douloureusement.&lt;br /&gt;Comment expliquer à Beloved cette vie d'esclave qui lui paraissait pire que la mort, cette vie où les "nègres" n'étaient pas des hommes et moins que des animaux. Car à la différence d'un serpent ou d'un ours que l'on pouvait écorcher, un nègre ne valait pas son propre poids mort en argent. Hommes et femmes étaient déplacés comme des pions sur un échiquier,loués, vendus, capturés, enfermés, gagnés, volés, saisis, hypothéqués et personne ne s'arrêtait de jouer aux dames parce que ces pions étaient des enfants. Leur seule raison d'être était de travailler, dur, très dur, du lever du jour au coucher du soleil et de se reproduire pour fournir de la main d'oeuvre nouvelle. Et si les femmes servaient à satisfaire les fantaisies des maîtres, elles étaient aussi contraintes de s'accoupler avec des hommes noirs qu'elles n'avaient pas choisis, des hommes qui n'étaient plus qu'étalons.&lt;br /&gt;Leur humanité leur avait été volée. Tout ce qui fait l'homme, aimer, désirer, décider leur était interdit.Ils n'avaient ni le droit ni la permission de choisir ou de prendre plaisir à quoi que ce soit puisque tout appartenait à l'homme blanc, homme qu'ils auraient pu briser facilement si toute sa force n'avait pas été dans son fusil. Pour survivre, il leur fallait aimer petit, oublier tout ce qui était grand. Aimer une femme, un enfant, un frère, un grand amour comme celui-là les aurait déchirer de part en part.Il ne fallait vivre qu'en pensant au repas suivant, à la nuit de sommeil à venir.&lt;br /&gt;On les avait dépossédés d'eux-même.Eux qui n'avaient parfois pas même de nom ou un nom changeant au gré des maîtres, ne savaient rien de leur histoire , de leur filiation, de leur culture.Rien ne pouvait être transmis à ces enfants séparés de leur mère dès la naissance, élevés par d'autres femmes qui soignaient en priorité les bébés blancs si ce n'est la souffrance.Baby suggs qui avait eu huit enfants de pères différents dont pas un ne lui était resté, avait renoncé à les aimer, ces petits garçons échangés contre du bois de charpente, ces petites filles qui avaient encore leurs dents de lait, embarquées au fond d'une cale de bateau sans même qu'elle ait pu leur faire un petit signe de la main.Elle ne saurait jamais Baby Suggs, si elle aurait été une bonne mère, une épouse fidèle, si sa mère l'aurait aimée, si elle avait des frères ou des soeurs, pas même si elle avait été jolie.&lt;br /&gt;Oui dépossédés de leur vie, dépossédés de leur identité à tel point que Paul D. s'était même demandé s'il était vraiment un homme, s'il en était un par sa propre volonté ou parce que quelqu'un avait décidé pour lui qu'il en était un ou pas.&lt;br /&gt;La vraie liberté pour Paul D. fut de ne plus avoir besoin d'autorisation pour désirer et pour Sethe de se dire qu'il n'y avait personne au monde qu'elle ne puisse aimer si elle en avait envie.&lt;br /&gt;Mais elle était si fatiguée, Sethe d'avoir bataillé contre tout ses démons, fatiguée à en mourir d'avoir essayé d'aimer et de se racheter et d'avoir vu tous ceux qu'elle chérissait la quitter.&lt;br /&gt;Alors Paul D. qui lui aussi s'était éloigné d'elle, effrayé par cet amour terrifiant qu'elle portait en elle, revint pourtant avec l'envie d'accoler son histoire à la sienne car il comprit qu'elle était son port, la fin de son errance:"Elle est l'amie de mon esprit, elle me rassemble.Les morceaux que je suis, elle les rassemble et elle me les rend tous remis en ordre.C'est bon d'avoir une femme qui est l'amie de ton esprit."&lt;br /&gt;Et à Sethe qui pleurait sa fille disparue, ce qu'elle avait de plus précieux:"Toi et moi on a eu plus d'hiers que n'importe qui, on a besoin d'un peu de lendemains.C'est toi, Sethe, ce que tu as de plus précieux, c'est toi." &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-1738555000936255050?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/1738555000936255050/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/04/beloved-toni-morrison.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1738555000936255050'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1738555000936255050'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/04/beloved-toni-morrison.html' title='Beloved (Toni Morrison)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SeIBg3wyQHI/AAAAAAAAAWU/ItnoX8DG_qY/s72-c/tn.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-6991542335619245640</id><published>2009-03-30T20:06:00.034+02:00</published><updated>2011-06-14T13:41:22.052+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Mizogushi'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Les contes de la lune vague après la pluie (Mizoguchi 1953)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SdEKoSNnnHI/AAAAAAAAAVU/2bvz3pAKGSI/s1600-h/18456019.jpg"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5319044322101271666" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SdEKoSNnnHI/AAAAAAAAAVU/2bvz3pAKGSI/s400/18456019.jpg" style="float: left; height: 400px; margin: 0px 10px 10px 0px; width: 300px;" /&gt;&lt;/a&gt;Dans le Japon du XVIème siècle, les bruits de la guerre intérieure qui ravagent le pays font monter la fièvre chez Genjuro le potier et Tobei le paysan . Genjuro qui jusqu'ici vivait calmement près de sa femme Miyagi, voit dans les prix qui s'envolent en cette période d'hostilités, l'occasion de devenir riche quand Tobei se rêve en glorieux samouraï. Indifférent aux mises en garde inquiètes de la douce Miyagi, qui elle n'entend dans la guerre que l'annonce de malheurs et de dangers, Genjuro part vendre ses poteries à la ville accompagné de Tobei qui lui fuit les récriminations incessantes de sa femme Ohama effarée par les rêves bellicistes de son mari.&lt;br /&gt;Quand Genjuro est de retour, Miyagi est si heureuse ! D'abord parce qu'il est sain et sauf mais aussi de le voir joyeux, satisfait, car son bonheur la comble. Il est comme un enfant, faisant sonner les pièces d'argent dans la main de sa femme, déballant les cadeaux rapportés de la ville : un nouveau kimono pour son fils qu'il  regarde avec fierté ainsi habillé comme s'il n'était plus le même petit garçon et un autre pour Miyagi qui l'enfile pour lui faire plaisir sans pour autant abandonner les tâches ménagères. "J'ai toujours rêvé de t'offrir de riches présents " lui dira-t-il, sans doute plus pour flatter son orgueil de chef de famille que pour répondre au désir de sa femme, Miyagi étant bien plus émue par l'amour que semblait contenir les attentions de son mari  que par les riches étoffes. Joie de courte durée car à peine de retour, Genjuro n'a qu'une envie, fabriquer encore plus de poteries et repartir  les vendre.Voilà que ce travail qu'elle était si fière de partager avec son mari devient contraintes et servitudes, ce travail qui était le moyen d'assurer leur vie et qui en devient le but. Elle doit sans cesse actionner le tour sans un instant de repos pour garder la cadence, elle n'est plus sa compagne de travail, elle devient outil, instrument au service du désir de son mari tout entier happé par son ambition, insensible aux attentes de sa femme et de son fils. Pire même, quand un soir des soldats menaçants envahissent leur village, Genjuro ne pense qu'à sauver sa fournée avant même la vie de sa famille, ses biens matériels étant devenus plus importants que la vie de ces êtres de chair et de sang.&lt;br /&gt;D'ailleurs les soldats à peine disparus,ils embarquent tous avec Tobei, Ohama et la précieuse cargaison sauvée du pillage, pour sans plus attendre vendre leur dernière production. La nuit noire et le brouillard dense les font voguer sur le lac dans une inquiétante irréalité et quand un pêcheur, blessé, tapi au fond de sa barque les met en garde contre les pirates avides de richesses et surtout de femmes, Genjuro en parfait égoïste, ne fait pas demi-tour, il débarque Miyagi sur la rive, son enfant sur le dos pour qu'elle rentre au village par les chemins de montagne infestés de pillards.&lt;br /&gt;Au marché, les poteries de Genguro s'arrachent et l'argent tombe. Tobei qui, bien que riculisé une première fois par les samouraïs qui ont envoyé rouler dans la boue ce paysan avec ses prétentions, n'a pas renoncé à ses rêves de gloire virile.Prêt à tout, il vole de l'argent à Genjuro, abandonne sa femme dans la ville pleine de dangers pour courir s'acheter ces parures militaires, armure et lance qui lui offriront cette puissance masculine dont il se sent dépossédé. Il atteindra son but, il deviendra ce chef que l'on écoute avec respect même si son discours est vide, puisque les apparences font l'homme comme l'habit fait le moine, non pas par la bravoure et le courage mais par la ruse et le mensonge. La guerre n'est pas un champs d'honneurs, ce sont des hordes de soldats cruels et affamés qui pillent ,violent et tuent, des hommes éventrés, des têtes coupées et des Tobei qui en profite justement pour ramasser la tête d'un général ennemi et s'en attribuer la capture devant un seigneur pas dupe mais suffisamment  amusé par l'aplomb de ce paysan pour le  faire samouraï.Et que font-ils ces valeureux soldats quand la bataille est finie ?Ils s'offrent le repos du guerrier auprès de femmes qu'ils achètent, femmes dont la raison d'exister, qu'elles soient épouses ou courtisanes, ne semble être que de combler le désir des hommes. Tobei qui, sur la route du retour au village, ne pense qu' au visage de sa femme qui sera si éblouie  par son allure de fier guerrier qu'elle en oubliera les habituelles récriminations, va être  exaucer un peu plus vite qu'il ne s'y attendait.Car c'est dans une de ces maisons de plaisirs qu'il la retrouvera, là où son inconséquence l'a jetée, quand courant après ses illusions, il la livrait aux mains de soudards qui, après l'avoir violée et humiliée  en lui jetant quelques pièces comme salaire de son déshonneur, faisaient d'elle une femme perdue qui n'avait d'autres moyens pour survivre dans ce monde d'hommes."Je porte de riches kimonos, je bois et je couche, beau destin pour une femme! "dira Ohama à cet homme qu'elle aimait dans sa simplicité de paysan, à Tobei qui ouvre enfin les yeux. Marchant près de sa femme qui ne demande qu'à reprendre sa vie d'avant pour que son sacrifice serve à quelque chose, il jette avec rage tout au long du chemin  ses attributs virils inutiles et destructeurs qu'il avait si cher payés.&lt;br /&gt;Quant à l'argent si vite gagné de Genjuro, il ne le rend pas plus heureux, il ne sert qu'à faire naître en lui de nouveaux désirs jamais assouvis.Lui aussi rêve devant les parures, les somptueuses étoffes que Miyagi n'a pas assez d'allure pour porter et se laisse séduire par Dame Yakasa, cet idéal de femme. Elle est si belle qu'il en oublie que sa beauté n'est qu'artifice, que son palais n'est qu'un décor et que la vie près d'elle n'est qu'apparences comme cette cérémonie du thé célébrée dans l'affectation en s'extasiant sur les bols fabriqués par Genjuro qui de marchandises sont devenus oeuvres d'art, occasion pour l'un et l'autre de se rouler dans la vanité, de se sentir distingués de la masse des autres, sortis du lot commun.Elle l'ennivre de voluptés, l'enroule dans sa toile de jouissance, "Désormais tu seras à ma dévotion ."lui dit-elle, et lui ignore que sans amour ces plaisirs-là sont lassants et ont une fin. Quand, les signes d'une prière bouddhique sur le corps, il reprend pied dans la réalité, il comprend que Dame Yakasa n' est qu'une chimère et sa maison un mirage.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sd-fYwZGR8I/AAAAAAAAAWM/P3I7tnG6WJU/s1600-h/18656073.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323148532231063490" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sd-fYwZGR8I/AAAAAAAAAWM/P3I7tnG6WJU/s400/18656073.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 266px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;/a&gt;Ses illusions perdues, il n'a qu'une idée en tête, retrouver le foyer familial et la tendre Miyagi,qui abandonnée sur les routes, a croisé la lance d'un soldat affamé et a perdu la vie. D'elle il ne reste que sa présence qui, toute immatérielle qu'elle soit, habite encore  la maison de son amour, faisant vibrer l'air de sa voix pour rassurer et conseiller ceux qu'elle aime au delà de la mort. Et son petit garçon ne s'y trompe pas, qui au moment de partager le repas dans la sérénité retrouvée, n'oublie pas de porter un bol de riz sur la tombe de sa mère.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-6991542335619245640?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/6991542335619245640/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/03/conte-de-la-lune-vague-apres-la-pluie.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6991542335619245640'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6991542335619245640'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/03/conte-de-la-lune-vague-apres-la-pluie.html' title='Les contes de la lune vague après la pluie (Mizoguchi 1953)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SdEKoSNnnHI/AAAAAAAAAVU/2bvz3pAKGSI/s72-c/18456019.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-2475203924928813228</id><published>2009-03-24T21:54:00.032+01:00</published><updated>2010-11-08T20:29:07.133+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Mendelsohn Daniel'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><title type='text'>Les disparus (Daniel Mendelsohn)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 254px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sd9-MkkUciI/AAAAAAAAAWE/1zqbmP9oPqQ/s400/9782081205512.jpeg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323112039014756898" border="0" /&gt;Curieux, Daniel Mendelsohn l'a toujours été et comment ne l'aurait-il pas été, lui dont le visage rappelait tant à certaines personnes quelqu'un qui était mort depuis longtemps, qu'elles se mettaient à pleurer en le voyant. Et qui étaient ces personnes, celles qui étaient mortes et celles qui pleuraient, quels liens les unissaient à lui ?&lt;br /&gt;C'est parce qu'il n'aimait pas être confronté à cette masse de relations indifférenciées qui le plongeaient dans la confusion qu'il a passé des années à faire des recherches généalogiques sur sa famille puis à parcourir le monde pour découvrir comment son grand-oncle Shmiel, sa femme et ses quatre filles étaient morts en Pologne dans les années quarante et pour au final organiser le savoir accumulé en écoutant et interrogeant les uns et les autres. Il répondait ainsi à son double désir de connaître et de mettre en ordre ses connaissances, penchant intellectuel apparu dès l'enfance, source de plaisir lorsqu'il il y parvenait mais aussi de douloureuse angoisse quand il se retrouvait devant une masse d'informations réfractaires à l'organisation. Une impulsion du même ordre que celle qui pousse à écrire, imposer un ordre au chaos des faits en les assemblant dans une histoire qui a un début, un milieu, une fin.&lt;br /&gt;De là est né le livre, récit d'une enquête à la recherche d'une histoire aussi horrible soit-elle qui donne un sens à la mort de Shmiel et de sa famille, une histoire qui restitue les pages incomplètes du passé, de celles qui rendent les vivants fous de ne pas savoir, une histoire qui porte réparation à ceux qui ont disparu, une histoire authentique que l'on peut transmettre à ses enfants,et qui devenait incidemment quête à travers ses ancêtres d'une identité juive perçue comme culture plus que comme religion.&lt;br /&gt;Au terme de ses recherches, s'est posée à Daniel Mendelsohn la question de savoir comment reconstruire cette histoire de la manière la moins subjective possible.Il lui fallait rester sur ses gardes, la force des clichés et des habitudes mentales est telle qu'en opérant des suppositions inconscientes à propos des gens, on commet des erreurs dans l'interprétation des événements historiques.&lt;br /&gt;Car où sont les faits, où est la vérité ?Ces témoignages sont des histoires pas des faits, des histoires qui font appel à la mémoire de personnes qui parfois mélangent tout après tant d'années, une mémoire qui joue des tours, élimine ce qui dérange et suit les contours de ce qui lui plaît, des histoires variables d'une personne à l'autre parce que chacun se place au centre de l'histoire qu'il raconte,des histoires qui ne sont pas à l'abri des erreurs et même les textes sur lesquels s'appuient les recherches parfois peuvent en comporter . Comment faire la différence entre une pure confidence arrachée au passé et une rumeur de troisième main érodée et déformée par des années de manipulations ou par les rancunes personnelles ? Comment être au plus près de la vérité ? Personne n'était là pour observer ce qu'il était réellement advenu lors des massacres, on pouvait se faire une image mentale de ce qui s'était passé mais personne ne pouvait savoir ce qu'ils avaient réellement ressenti.&lt;br /&gt;Rapporter l'histoire, c'est le triomphe inéluctable du narrateur qui, suivant sa personnalité et son caractère, conçoit le plan général auquel vont être subordonnés les détails arrivés en temps réel dans l'histoire réelle. Comme tout un chacun, ce narrateur ne peut être que lui-même, prisonnier du temps, des lieux, des circonstances et quelque soit son désir d'apprendre et de savoir, il ne pourra jamais voir que de ses propres yeux, entendre de ses propres oreilles et la façon dont il interprète ce qu'il voit et entend,dépend en dernier ressort de ce qu'il est et pense déjà savoir ou désire savoir.&lt;br /&gt;Le plan du livre suivant la progression de l'enquête, il ne fallait pas que le suspense créé soit l'unique fil conducteur  de la lecture, il ne fallait pas chercher à découvrir à tout prix une sorte de drame pour animer la vie impossible à connaître des ces gens au risque d'en faire une caricature,il ne fallait pas les transformer en victimes héroïques dans la pure tradition américaine. Intercaler entre les pages de cette histoire individuelle des textes bibliques permettait de prendre du recul,de la hauteur, de laisser à ces êtres humains leur spécificité et de ne pas en faire des marionnettes manipulées pour les besoins d'une bonne histoire, permettait aussi d'appréhender les questions abstraites que cette plongée dans l'Histoire faisait naître sur les conflits humains. Y avait-il une pérennité dans les comportements humains dans une situation donnée, pourquoi certains choisissaient-ils le bien et d'autres le mal, pourquoi un voisin proche devenait-il votre meurtrier ?&lt;br /&gt;Bolechow, le berceau de la famille maternelle de Daniel Mendelsohn, était un endroit où cohabitait trois cultures et tous s'entendaient bien tant qu'ils avaient eu besoin les uns des autres. Là le cosmopolitisme, ce mot si galvaudé, était une richesse et il l'est tant qu'il ne donne pas lieu à un repli identitaire.Dans cette partie de la Pologne orientale passant successivement des mains des Russes à celles des Allemands au gré des traités, Juifs et Ukrainiens avaient en commun d'être deux peuples sans état-nation, opprimés, vulnérables  dont la situation évoluait selon la logique d'une tragédie grecque : ce qui était bon pour l'un était mauvais pour l'autre. Il est difficile de croire que les exactions commises par les Ukrainiens décrits par les survivants juifs comme les plus cruels de tous, pires que les nazis, soit l'expression naturelle d'un caractère spécifiquement ukrainien,ces Ukrainiens dont les descendants recevaient aujourd'hui Daniel et sa famille avec chaleur. L'ignominie, n'est pas une caractéristique nationale. Cette généralisation-là, Daniel Mendelsohn ne peut l'accepter, sans doute parce qu'il se situe en dehors de l'événement, mais il peut concevoir qu'une classe de gens qui s'est perçue et a été subalterne d'un autre groupe, puisse éprouver un ressentiment si féroce qu'il explosera en sauvagerie bestiale contre ceux qu'elle juge responsables de sa souffrance.&lt;br /&gt;Il est effrayant de voir comme d'une époque à l'autre, d'une culture à une autre, on retrouve la même source d'inspiration dans le choix des sévices infligés par les tortionnaires, comme ces pyramides de corps humains décrites par les survivants de Bolechow et celles photographiées dans les prisons d'Abou Graib soixante ans plus tard. Etrange symbole que ces pyramides qui pouvaient être considérées comme l'expression la plus précoce du mystérieux instinct de création chez l'homme,celle d'être civilisé ou le symbole parfaitement perverti de l'abandon de ces valeurs civilisées. Comme si tout était contenu dans ce petit triangle,le meilleur des instincts humains et le pire, les sommets de la civilisation et ses profondeurs, la capacité de faire du rien à partir de quelque chose et quelque chose à partir du rien.&lt;br /&gt;Pourtant dans toute cette barbarie, chaque survivant avait été sauvé par un Ukrainien. Il y avait eu des actes de trahison et des actes de sauvetage extrêmement risqués.Comment savoir comment les gens vont se comporter dans ces situations extrêmes, comment ne pas juger et comment juger quand aucun de nous ne fera jamais l'expérience des pressions que certaines personnes ont subies pendant ces années de guerre, des choix inimaginables qu'il a fallu faire, n'aura jamais une idée sur les émotions ressenties. Tout est compliqué, il faut se méfier des généralisations et voir les choses dans leur complexité,là encore à travers les lunettes de la tragédie grecque qu'aime porter l'hélleniste Mendelsohn.La véritable tragédie n'est pas dans une confrontation directe entre le bien et le mal mais mais dans un conflit entre deux conceptions du monde irréconciliables auquel il faut ajouter l'extrême fragilité de la civilisation qui peut facilement basculer dans l'ignoble quand règne la faim et la terreur.&lt;br /&gt;Il y a tant qui restera à jamais impossible à connaître. Cette aventure née avec le désir de savoir comment Shmiel et sa famille était mort,conduisait à découvrir  comment ils avaient vécu. Ils étaient des gens ordinaires qui avaient eu une vie ordinaire et étaient morts comme tant d'autres.Les disparus, ce n'était pas seulement ces morts, ces sacrifiés dont on avait volé une partie de la vie qui leur restait à vivre. C'était aussi ces survivants interdits de bonheur parce que leur lourd passé avait irrémédiablement brisé en eux cette aptitude à être heureux et puis, dans cette grande dévastation, ces pensées qui ne seraient jamais pensées, ces découvertes jamais découvertes, et cet art jamais créé. En cela quelque part, l'holocauste est toujours en cours.Les disparus ce n'est pourtant pas un livre sur la Shoah, c'est une histoire dans laquelle est incluse la Shoah.&lt;br /&gt;Tant de choses  qui resteraient impossibles à connaître et "à la fin tout serait perdu mais pendant un certain temps, une partie peut être sauvée si seulement face à l'immensité de tout ce qu'il y a et de tout ce qu'il y a eu, quelqu'un prend la décision de regarder en arrière, de jeter un dernier coup d'oeil, de chercher un moment parmi les débris du passé, pour voir ce qui a été  perdu mais aussi ce qui peut être trouvé.&lt;img src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/ScyzSb7e5OI/AAAAAAAAAVM/oUVZlrsG6jo/s400/dm2.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5317822389333976290" style="margin: 10px auto; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 113px; height: 150px;" border="0" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-2475203924928813228?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/2475203924928813228/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/03/les-disparus-daniel-mendelsohn.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/2475203924928813228'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/2475203924928813228'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/03/les-disparus-daniel-mendelsohn.html' title='Les disparus (Daniel Mendelsohn)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sd9-MkkUciI/AAAAAAAAAWE/1zqbmP9oPqQ/s72-c/9782081205512.jpeg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-7252433076728936465</id><published>2009-03-17T14:47:00.023+01:00</published><updated>2011-06-14T13:42:25.890+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1970'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bergman Ingmar'/><title type='text'>Cris et chuchotements (Ingmar Bergman 1972)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5314153300759920850" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sb-qRX3DwNI/AAAAAAAAAUc/WafOqfSBGL0/s400/18792484.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 400px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 300px;" /&gt;Un château émergeant des brumes de la campagne suédoise, presqu'hors du temps, à l'intérieur dans un salon tendu de rouge, une femme dort,abandonnée dans ses dentelles blanches, d'une beauté à la fois sensuelle et enfantine. Non loin d'elle, dans une chambre du même rouge étouffant, allongée dans un grand lit blanc, une autre femme,Agnès, dont le visage encore beau porte déjà le masque de la mort qui l'attend. Agnès vit là ses derniers jours, entourée de ses soeurs et de sa servante Anna. Atmosphère douce de femmes chuchotantes, attentives, prévenantes, veillant avec dévouement  la malade qui leur est si reconnaissante, faisant pour elle tous ces petites choses qu'elle ne peut plus faire seule, la coiffant, l'habillant, lui lisant quelques pages Dickens pour la distraire.Mais quand la douleur est si violente qu'elle fait se tordre le pauvre corps rongé par le cancer, qu'elle le fait hurler comme un animal, alors elles fuient, impuissantes à le soulager, effrayées par l'indécence de la maladie, dépassées par leur charge, affichant malgré elles que ce n'est pas l'amour qui guide leurs gestes mais le devoir de leur condition de femmes dressées à respecter les convenances. Avant elles,dans ces  murs, leur mère vivait dans le même sérail social et son image hante Agnès quand la souffrance fait disparaitre le sommeil. Elle revoit sa silhouette blanche délicate, gracieuse, errant dans le parc, cette mère tant aimée mais si froide, si distante qu'elle osait à peine l'approcher, cette femme trop absente d'elle-même pour regarder ses enfants, murée dans son ennui et qui ne pouvait s'échapper de sa prison dorée que par le rêve. Aujourd'hui, c'est à elles,ses filles, dépositaires de l'héritage maternelle, de trouver la porte par laquelle fuir le rôle imposé, s'échapper quelques temps de la scène du jeu social aux règles masculines .&lt;br /&gt;Parce qu'elle a toujours été de santé fragile, Agnès ne s'est pas mariée.Continuant à vivre dans la maison familiale auprès de la maternelle Anna, elle a gardé sa pureté et son innocence d'enfant.Elle est celle dont la belle humanité n'a pas été pervertie par le monde, ses contraintes et ses frustrations.&lt;br /&gt;Maria,elle, a trouvé refuge dans la futilité, elle joue à être femme comme petite fille elle jouait avec les personnages de sa maison de poupées sans accorder plus d'importance à leurs actes.Mariée à un mari presqu'invisible, elle se soumet avec docilité à la bienséance comme pour mieux s'en moquer mais sans jamais rien laisser paraître,perpétuellement attentive à sauvegarder les apparences, habile à manier les sous-entendus. Elle se laisse embrasser derrière la porte par le médecin qui vient d'examiner sa soeur mourante comme elle s'est offerte à lui, tout de rouge vêtu, un soir où elle l'avait retenu avec le prétexte de lui éviter la fatigue du retour, à cet homme cynique qui ne lui cache pas son mépris, pathétique parodie d'amour pour sentir quelques instants le frisson d'exister.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5316324994771734946" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/ScdhamfmUaI/AAAAAAAAAU0/mgOLqiWiheA/s400/c%26c4.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 243px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Karin, la troisième soeur exècre cette insouciante hypocrisie."Tout est un tissu de mensonges" pense-t-elle en dînant en tête à tête avec son mari plongé dans la lecture de son journal. Silence pesant, à peine troublé par le bruit des couverts, entre cet homme et cette femme qui n'ont rien à se dire, unis par les liens du mariage mais pas ceux de l'amour, lui réfugié dans l'indifférence et elle dans la haine, haine de tout ce qui est vivant, emmurée dans son corps.Silence angoissant car avec la nuit revient le désir de cet homme qui est son mari et  qu'il pourra choisir d'exprimer ou pas.Quand il lui annonce qu'il souhaite se coucher de bonne heure, elle renverse son verre,tache rouge du vin sur le blanc de la nappe, morceaux de verre cassé avec lesquels elle joue nerveusement. Aidée d'Anna, elle se prépare pour la nuit, défait l'austère robe noire boutonnée jusqu'au cou, retire un à un les multiples jupons, l'étouffant corset, rigide armature qui la rappelle à la raideur, avant que le corps n'apparaisse dans sa nudité émouvante, troublant de toute cette sensualité niée, vite recouvert d'une ample chemise blanche, la même qui se tachera de sang, du sang de ce corps mutilé pour échapper aux sordides étreintes conjugales, ce sang qui fera naître sur le visage du mari une grimace de dégoût et sur celui de Karin un sourire triomphant, amère victoire arrachée à la souffrance qui fera perler à son front les gouttes de sueur de la douleur, celles que la jouissance aurait pu faire naître.&lt;br /&gt;Le temps d'une soirée, elle abandonnera son hostile froideur pour quelques heures de complicité avec Maria,riant et chuchotant, chaleur de l'enfance retrouvée, souvenir bien vite étouffé par la déception car pour Maria ,enfermée dans son égoïste désinvolture ces instants ne sont rien qu'un moment agréable quand pour Karin ils étaient chargés de tant d'espérance, celle d'une relation vraie et sincère dans laquelle elle pourrait s'abandonner.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5316324579661157282" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/ScdhCcFhk6I/AAAAAAAAAUs/Jze0Bch9E7w/s400/c%26c1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 243px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Les deux soeurs ne s'aiment pas et quand Agnès hurle sa souffrance, il n'y a qu'Anna dans son élan de femme simple pour la prendre dans ses bras . Anna sait la douleur de la maladie, de la perte de l'être aimé.Sa blonde petite fille est morte, son bébé, son enfant et c'est toute sa maternité frustrée qu'elle offre à Agnès, sa chaleur de femme, son sein de mère qui s'oublie pour son petit.La nuit, dans ses rêves son enfant pleure et l'appelle, c'est la pauvre morte qui demande de l'aide, un peu de la chaleur des vivants avant de s'enfoncer dans la nuit éternelle. Anna est la compassion venue apaiser la souffrance humaine, elle est cette mater dolorosa qui prend dans ses bras  son enfant supplicié, elle est cette piéta de chair et de sang qui n'éprouve ni le dégoût de Karin, ni la peur de Maria devant la mort et le corps marbré par la décomposition d'Agnès, elle est la foi sincère qui s'oublie dans l'amour.&lt;br /&gt;De la reconnaissance pour son absolu dévouement, Anna n'en aura pas.Mais pouvait-elle attendre autre chose de ces êtres qui se croisent sans se voir, vivent ensemble sans s'aimer, emprisonnés dans leur égoïsme et leur conformisme buté ?Sommée de garder un souvenir d'Agnès, elle refusera dans un premier temps par dignité puis emportera son journal, bien plus qu'un objet, la trace écrite de cette conscience qui avait été et n'était plus, de ses perceptions et de ses sentiments à nul autre pareils puisqu'uniquement ressentis par cet esprit là, la trace aussi de moments qu'Anna avait partagés . Comme cette journée de septembre où elles se promenaient avec les trois soeurs sous les arbres du parc, redevenu l'espace de quelques heures vert paradis de l'enfance, innocent paradis où elles retrouvaient le plaisir de rire et de se laisser balancer par Anna dans leur balançoire de petites filles.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5316325364728411666" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/ScdhwIsJNhI/AAAAAAAAAU8/H82cscp3-tk/s400/c%26c2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 243px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Agnès avait voulu garder le souvenir cet instant de parfait bonheur, ce qu'aurait du être la vie, être heureux avec les êtres que l'on aime le plus au monde.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-7252433076728936465?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/7252433076728936465/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/03/cris-et-chuchotements-ingmar-bergman.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/7252433076728936465'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/7252433076728936465'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/03/cris-et-chuchotements-ingmar-bergman.html' title='Cris et chuchotements (Ingmar Bergman 1972)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sb-qRX3DwNI/AAAAAAAAAUc/WafOqfSBGL0/s72-c/18792484.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-2404144110917326272</id><published>2009-02-15T17:17:00.018+01:00</published><updated>2010-11-08T20:30:48.893+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Rilke R.M.'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><title type='text'>Lettres à un jeune poète(Rainer Maria Rilke)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SZhBDZ8039I/AAAAAAAAAUU/EYvMGxt4pw8/s1600-h/Lettres----un-jeune-po--te.png"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 146px; height: 227px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SZhBDZ8039I/AAAAAAAAAUU/EYvMGxt4pw8/s400/Lettres----un-jeune-po--te.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5303060087990181842" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;C'est parce qu'il apprit par un professeur que Rainer Maria Rilke dont il lisait les poésies un jour de l'automne 1902, avait séjourné quelques années auparavant dans cette école militaire où il était élève officier, que le jeune Franz Kappus, vingt ans, décida de soumettre au jugement de Rilke ses propres écrits. S'établit alors entre ces deux hommes que quelques années séparaient et qui ne se connaissaient pas, une correspondance dont Kappus a choisi un peu plus tard de publier dix lettres dont le contenu dépasse la relation personnelle qui s'était établie entre eux pour atteindre une portée universelle où chacun peut trouver matière à réflexion. Quand Franz adresse sa première lettre à Rilke, il est en plein désarroi, hésitant entre une carrière d'officier pour laquelle il ne se sent aucune inclination et les incertitudes de la poésie, ne sachant pas si ce qu'il écrit a une quelconque valeur.Toute la subtilité et la force du message de Rilke, c'est de ne pas juger le travail de Franz, de ne pas s'attarder à des considérations techniques qu'il pourrait tirer de sa propre expérience, s'appuyant sur sa notoriété déjà certaine, mais de renvoyer Franz à lui-même,à son intériorité, de l'inciter et l'aider à trouver la réponse en lui :"Personne ne peut vous conseiller ou vous aider.Il n'existe qu'un seul moyen, plongez en vous-même."&lt;br /&gt;"Aller en soi, soumettre à examen les profondeurs d'où surgit votre vie;c'est à sa source que vous trouverez la réponse à la question de savoir si la création est pour vous une nécessité."&lt;br /&gt;"Recherchez la raison qui vous enjoint d'écrire, répondez franchement à la question de savoir si vous seriez condamné à mourir au cas où il vous serait refusé d'écrire et si la réponse devait être positive, construisez votre existence en fonction de cette nécessité. Et lorsque de ce retour à son intériorité, de cette immersion dans son propre monde surgissent des vers, vous ne songerez pas à interroger quelqu'un pour savoir si ce sont de bons vers.Vous verrez en eux une expression de votre vie.Une oeuvre d'art est bonne qui surgit de la nécessité."&lt;br /&gt;Est-ce que tout n'est pas dit, là dans ces phrases, avec ce mot "nécessité" qui revient sans cesse sur l'acte de créer et le sens de la création ? Choisir de créer, c'est choisir un destin dont il faut assumer "la charge et la grandeur" sans se demander quel bénéfice on peut en tirer. Il ne faut chercher ni à plaire, ni à flatter sa vanité et ne pas attendre de reconnaissance extérieure. Bien au contraire, Rilke lui conseille de travailler avec" une honnêteté humble, silencieuse et profonde" et "si votre vie quotidienne vous parait pauvre, accusez-vous plutôt de ne pas être assez poète pour en convoquer toutes les richesses."&lt;br /&gt;Tout est affaire de temps, de patience et d'humilité:"Développez-vous tranquillement en obéissant à votre propre évolution, vous ne pourrez davantage la perturber qu'en tournant vos regards vers l'extérieur et en attendant des réponses à des questions auxquelles sans doute, seul votre sentiment le plus intime est, à l'heure la plus silencieuse, en mesure de répondre.&lt;br /&gt;Vivre en artiste, c'est vivre sans calculer, sans faire du temps un critère, c'est laisser s'épanouir au plus profond de soi, dans cette région où notre propre entendement n'accède pas, toute impression, tout sentiment et "attendre l'heure où l'on accouchera d'une clarté neuve." C'est aussi faire confiance à son propre jugement et se préserver des réflexions d'ordre critique ou esthétique que peuvent faire tous ceux qui se targuent de connaitre et juger l'art:"...ou bien ce sont des vues partisanes figées et dépourvues de sens dans leur pétrification sans vie ou bien ce sont d'habiles jeux de mots où telle conception l'emporte aujourd'hui et la vision contraire le lendemain."&lt;br /&gt;"La solitude qui enveloppe les oeuvres d'art est infinie et il n'est rien qui permette moins de les atteindre que la critique, rien de plus superficiel pour aborder une oeuvre d'art que les propos critiques.Seul l'amour peut les appréhender, les saisir et faire preuve de justesse à leur endroit"&lt;br /&gt;"A chaque fois dans toutes discussions de ce genre, donnez-vous raison à vous et à votre sentiment et si toutefois vous deviez avoir tort, c'est la croissance naturelle de votre vie intérieure qui avec le temps vous conduira vers d'autres conceptions.Conservez à vos jugements leur évolution propre qui comme tout progrès doit n'être pressé par rien."&lt;br /&gt;Etre en accord avec soi-même, voilà vers quoi il faut tendre sans craindre de se heurter à l'incompréhension des autres et en acceptant le conflit entre aspirations personnelles et réalité de la vie.Ne pas avoir peur de la solitude, la grande solitude intérieure qui devient "cette demeure à peine visible loin de laquelle passe le vacarme des autres."&lt;br /&gt;Le chemin que Rilke propose à Franz d'emprunter n'est pas toujours facile à suivre, il est pavé de doutes et de souffrances. Mais il l'encourage à voir dans les difficultés une source de richesses intérieures, de celles qui font aspirer aux grandes choses et conduisent à la connaissance de soi et à l'acceptation de ce que l'on est vraiment.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-2404144110917326272?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/2404144110917326272/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/02/lettres-un-jeune-poeterainer-maria.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/2404144110917326272'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/2404144110917326272'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/02/lettres-un-jeune-poeterainer-maria.html' title='Lettres à un jeune poète(Rainer Maria Rilke)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SZhBDZ8039I/AAAAAAAAAUU/EYvMGxt4pw8/s72-c/Lettres----un-jeune-po--te.png' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-6887422212723860144</id><published>2009-01-25T18:17:00.023+01:00</published><updated>2011-06-14T13:46:17.391+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Mankiewicz'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>L'affaire Cicéron (Joseph Mankiewicz 1952)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5295533680921452290" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SX2D02twnwI/AAAAAAAAATs/hXHxJZUoym0/s400/affiche.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 292px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 219px;" /&gt;L'affaire Cicéron, c'est un film de commande inspiré de faits réels . Mais cette affaire d'espionnage à suspens dont on voit très vite les tenants et les aboutissants n'est pas ce qui retient le plus l'attention . Elle est surtout  la toile de fond idéale pour observer la fausseté et la duperie permanente que sont les relations humaines à travers ses personnages au double jeu et double je.&lt;br /&gt;Cette resplendissante comtesse Staviska qui dîne,hautaine et  solitaire, dans une élégante réception à Ankara en 1944 semble personnifier l'élégance et le raffinement.Pourtant elle n'est là que pour se vendre au plus offrant et est prête à tout pour retrouver le train de vie que la confiscation des ses biens en Pologne par les nazis lui a fait perdre.Seul l'argent l'intéresse et motive ses actes. A l'attaché d'ambassade qui s'attarde à la regarder, ébloui par sa beauté, elle lance méprisante :"Ne me regardez pas comme si vous aviez d'autres sources de revenus que votre salaire !"&lt;br /&gt;Cet homme arrogant, à l'altière silhouette qui propose à ce même attaché allemand de lui vendre des documents militaires britanniques classés top secrets, n'est pas l'aristocrate que son assurance et sa morgue peut laisser supposer.Diello, à la noble apparence est le valet de chambre de l'ambassadeur d'Angleterre,il courbe l'échine quand il revêt son habit de serviteur et la comtesse, malgré sa superbe vit comme une femme de chambre.Dans le jeu social tout n'est qu'affaire d'image , tout n'est qu'illusion.&lt;br /&gt;Qu'est-ce qui détermine ces êtres à se mettre en danger, à risquer leur vie, quelles sont leurs motivations réelles et profondes ? Là est le vrai suspens, là est la question que se posent tout au long du film le spectateur et les personnages qui sans cesse s'observent, se jaugent, se toisent.Qui dit la vérité ?&lt;br /&gt;Car, quand Diello dépose sur les genoux de la comtesse l'argent obtenu dans ses tractations avec les Allemands, on peut se demander un instant s'il n'a pas accompli pas cette sale besogne pour de nobles motifs, un amour secret et impossible pour la comtesse dont il avait servi le mari autrefois et qu'il voudrait aider à sortir de son infortune.Ou bien veut-il profiter de son dénuement et l'acheter pour la posséder ou l'utiliser ?C'est un marché qu'il lui offre, lui rendre grâce à son argent  une partie de sa superbe passée et lui servir de couverture.Dans la somptueuse villa que Diello loue pour elle, la comtesse  renoue avec son passé de mondaine, elle reçoit avec faste la diplomatie allemande ce qui permet à Diello de poursuivre ses négociations en toute discrétion.La relation entre Diello et la comtesse dépasse la simple association d'intérêts, il y a une trouble attirance entre eux, réelle, simulée, existant déjà quand Diello servait le comte Staviska ?Et cette relation, curieux jeu de pouvoir au régles fluctuantes, évolue sans cesse.La comtesse de condescendante et hautaine devient de plus en plus soumise à Diello au fur et à mesure que sa fortune s'accroit et qu'il lui offre une vie plus luxueuse.Et lui d'humble domestique devient le maître, affirmant sa domination sur elle.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5295909476684329282" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SX7ZnDBk8UI/AAAAAAAAAT8/BeCYa__Px0Y/s400/18820632.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 275px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;C'est peut-être l'ivresse de ce pouvoir trop vite acquis, la docilité totale et inattendue de l'irréductible comtesse  qui lui fera perdre sa lucidité et sa méfiance.Il s'abandonnera le temps d'une confidence à montrer sa fragilité.S'il tient tant, fortune faite, à fuir vers le Brésil, c'est qu'il poursuit un souvenir d'enfance qui est devenu un rêve et il prêt à tout pour le réaliser. A l'âge où les petits garçons jouent aux billes, il était déjà mousse sur un bateau gagnant durement le droit de vivre.En arrivant un jour à Rio, il avait aperçu un homme en smoking blanc ,buvant un verre, accoudé au balcon de sa riche demeure.Depuis ce jour, le seul but dans sa vie avait été d'être un jour cet homme.Demain il s'enfuira avec la comtesse et il sera cet homme.&lt;br /&gt;Mais tout est faux dans la vie, les êtres, les sentiments, l'impression de pouvoir.Au moment où tout laisse penser que Diello s'est joué de la comtesse et va la faire accuser à sa place , il apprend qu'il a été berné et qu'elle s'est enfuie en Suisse avec le magot.&lt;br /&gt;Il sera pourtant le temps d'une soirée cet homme en veste blanche buvant un verre sur le balcon de sa riche demeure, le temps de découvrir que les billets qui avaient rétribué sa trahison et que le comtesse lui avait âprement disputés étaient faux.&lt;br /&gt;Ultime pirouette du destin que signe l'immense éclat de rire de Diello, tant est risible et dérisoire l'entreprise humaine uniquement guidée par la satisfaction de ses égoïstes désirs et la vanité du pouvoir.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-6887422212723860144?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/6887422212723860144/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/01/laffaire-ciceron-joseph-mankiewicz-1952.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6887422212723860144'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6887422212723860144'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/01/laffaire-ciceron-joseph-mankiewicz-1952.html' title='L&apos;affaire Cicéron (Joseph Mankiewicz 1952)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SX2D02twnwI/AAAAAAAAATs/hXHxJZUoym0/s72-c/affiche.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-4618717257208266247</id><published>2009-01-03T20:50:00.004+01:00</published><updated>2010-11-08T20:31:47.889+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brontë Charlotte'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><title type='text'>Jane Eyre: L'âge adulte (Charlotte Brontë)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 323px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SV_CBFPJL8I/AAAAAAAAASU/08uisbRsVlo/s400/CharlotteBronte.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5287157811397603266" border="0" /&gt;Si la première lecture de Jane Eyre m'avait laissé un souvenir persistant du récit de l'enfance, ma mémoire n'avait rien retenu de l'âge adulte sauf peut-être une vague réminiscence de la démente et effrayante épouse de Rochester hantant les couloirs de Thornfield house.&lt;br /&gt;C'est que pour découvrir le monde extérieur qui lui est totalement inconnu et quitter Lowood devenu à la fois pour elle cocon et prison, Jane a accepté une place d'institutrice. Au domaine de Thornfield, elle mène une vie paisible et douce dans la compagnie  de Mrs Fairfax, la gouvernante et s'acquitte avec sollicitude mais sans passion de sa tâche éducative auprès de la petite Adèle, la pupille du mystérieux Mr. Rochester.Jane fait de son mieux, fidèle à son habitude, tenue par son sens du devoir mais ses dix-neuf ans s'étiolent dans cette solitude monotone et rêvent de vie, d'ardeur,de passion, toutes choses dont son existence est totalement dépourvue.&lt;br /&gt;Sa vie va prendre un autre cours quand Edward Rochester va y entrer.Voilà que ce riche propriétaire, approchant la quarantaine, cet homme autoritaire et brusque menant comme il l'entend une vie de plaisirs, va être intrigué et attiré par l'insignifiante petite personne de Jane.Il est étonné par cette jeune fille tranquille, grave et simple qui répond à ses questions de façon directe et imprévue voire brutale.Il aime sa sérénité d'esprit, sa limpide conscience.Elle ne se comporte pas comme les femmes qu'il a connues jusqu'alors, elle est sans coquetterie, ne cherche en rien à lui plaire.La pureté de Jane le rafraîchit,lui rappelle sa jeunesse lointaine quand il avait les idées claires et saines avant de devenir un vulgaire et banal pêcheur, malmené par le destin, trouvant dans la débauche une revanche contre la vie qui lui a refusé le bonheur.&lt;br /&gt;Aussi différents soient-ils en apparence,par l'âge et la position sociale, ces deux-là ont en commun d'être prisonniers de la fatalité qui leur a imposé une vie ne correspondant pas à leur nature ardente,  passionnée qui n'aspire qu'à l'élévation de l'esprit. Rochester ne s'y trompe pas qui devine la vraie Jane sous la sévère robe noire d'intitutrice :"Vous n'êtes naturellement pas plus austère que je ne suis vicieux.C'est la contrainte de Lowood qui pèse encore sur vous,elle modèle l'expression de votre visage,émousse l'éclat de votre voix,paralyse vos gestes,vous craignez de rire avec trop de joie et de vous mouvoir avec trop de vivacité, de parler trop librement. Etrange oiseau serré derrière les barreaux de sa cage !Si ce captif vivace,inquiet,résolu était seulement libre, il prendrait son vol jusqu'aux nuages."&lt;br /&gt;Jane est sensible au charme de Rochester. Elle aime l'inconsciente fierté de son allure,l'aisance de ses manières, sa hautaine assurance. Dans l'intimité de leurs soirées, elle prend plaisir à discuter avec lui sans crainte ni gêne, parce que dans cette solitude, ils peuvent laisser tomber les masques, être eux-mêmes et ils s'en trouvent bien l'un et l'autre. La voix, le regard, les paroles de Rochester font penser à Jane qu'elle ne lui déplait pas et elle s'abandonne à cette douce rêverie, à ce bonheur troublant qui fait les nuits brûlantes et sans sommeil.&lt;br /&gt;Bonheur de courte durée, puisque sans la prévenir Rochester part séjourner chez la belle et riche Lady Ingram avec laquelle selon Mrs Fairfax un mariage est envisageable.Jane pourrait haïr Rochester d'avoir fait miroiter devant elle de fausses attentes, elle pourrait s'abandonner au désespoir. Non,c'est elle qu'elle accuse d'avoir repoussé la réalité pour saisir la fiction avec une audace proprement folle.Cynique envers elle-même, elle raille sa légèreté.Elle se félicite de revenir au bon sens après s'être égarée dans les stériles espaces de l'imagination,se dit insensée, sotte, chimérique, stupide et aveugle poupée, maudite extravagante. Elle n'a pas de mots assez durs pour se flageller, piétiner ses rêveries, fouetter ses illusions. "C'est folie pour une femme de laisser en son coeur un amour secret, car s'il n'est pas payé de retour, il consumera la vie qui en est le support ou l'entrainera dans des solitudes aux marécages inextricables."Et de ces pages où Jane fait son propre procès se dégage une si intense réalité, elles résonnent avec tant de véracité qu'elles ne peuvent être nées que d'une situation semblable vécue par Charlotte. Pour se punir de tant d'inconscience, elle se condamne à faire son autoportrait intitulé: "Portrait d'une institutrice pauvre et laide" et à le regarder chaque fois qu'elle sera tentée de se laisser griser par d'agréables mensonges.Inutile de s'abandonner aux pleurnicheries ou à la sensiblerie, seule la raison et le courage doivent la garder, ils sont sa seule richesse. Elle n'est pas révoltée, pas même humiliée par l'impossibilité purement conventionnelle de ce mariage, elle doit respecter son rang, l'ordre établi et elle même en n'offrant pas son amour là où il sera méprisé.Si Jane ne sombre pas dans la rebellion,c'est parce que Charlotte va utiliser son regard intelligent et pénétrant, faire d'elle une observatrice attentive et critique de la société de privilégiés dans laquelle évolue Rochester et ainsi, au lieu d'imposer ses opinions personnelles au lecteur, d'en faire un manifeste contre l'inégalité sociale, le laisser juger par lui-même et en tirer ses propres conclusions.Car quand Rochester revient chez lui, il est accompagné de Lady Ingram mais aussi de toute une compagnie futile et oisive qui envahit Lowood de son arrogance et de sa fatuité.Ils dépensent toute leur énergie et celle de leur nombreuse domesticité à meubler le vide de leur journée, à distraire leur désoeuvrement en parfaits égoïstes affichant le plus grand mépris pour ceux qui les servent ou sont sans fortune.Jane ne semble pas scandalisée par cette comédie affligeante mais elle en brosse un tableau si réaliste et acide aux personnages si exaspérants que le lecteur l'est à sa place.Si Jane contemple avec tant d'attention le jeu de séduction que jouent devant elle Rochester et Lady Ingram, c'est qu'il en va de l'avenir de l'homme qu'elle aime.Leur badinage amoureux ne la rend pas jalouse mais elle est torturée par l'évidente absence de  passion entre eux.Si Lady Ingram était noble et bonne, capable de ferveur et de tendresse pour Rochester, Jane s'effacerait.Certes, elle est belle mais elle a le coeur sec, l'esprit pauvre, elle est sans opinions personnelles, sans originalité.Elle n'aime pas vraiment Rochester, elle cherche à le séduire par vanité et par intêret avec ses artifices et ses oeillades.Si Lady Ingram lui est supérieure, elle ne l'est que socialement, une supériorité liée au hasard de la naissance et le portrait peu flatteur que fait d'elle Jane questionne le lecteur sur le bien-fondé de cette supériorité, comme sur le sens de ces mariages de convenance motivés par le rang et la fortune quand ils ne devraient l'être que par l'amour. Jane ne piétine pas les usages mais elle les discute.Quand elle avouera son amour à Rochester, elle le fera sans tenir compte des conventions, d'esprit à esprit, en êtres humains égaux devant Dieu et quand elle acceptera de l'épouser, elle n'en refusera pas moins les présents, les parures qu'il veut lui offrir, ne voulant pas ressembler à un geai paré de plumes d'emprunt.Farouchement attachée à son indépendance, elle refusera le statut de femme entretenue lié au mariage, voulant continuer à vivre avec son salaire d'institutrice .A travers Jane, Charlotte nous dit ce qui fait la vraie grandeur d'un être humain, son âme et son coeur et que la fortune et la beauté physique ne sont que vanités terrestres éphémères.&lt;br /&gt;Jane donnerait sa vie pour Rochester et chaque atome de la chair de Jane est aussi précieux pour Rochester que sa propre chair, pourtant leurs relations ne sont pas que douceur et tendresse.Rochester est brutal "vous n'êtes pas plus belle que je ne suis beau" lui dira-t-il dès le premier soir.Jane aime sa rudesse et sa mine rébarbative.Dans les romans elle vénérait le charme, la beauté, l'élégance, l'esprit chevaleresque mais ces qualités n'avaient aucune correspondance avec elle, lui paraissant même antinomiques, elle aurait fui un homme les possédant.Jane ne plie pas devant ce despote, dans leurs conversations elle prend plaisir à l'agacer et à le calmer tour à tour.Il n'hésitera pas à la torturer en courtisant Lady Ingram sous ses yeux  pour la rendre jalouse et la faire sortir de sa réserve.C'est un curieux jeu qu'ils se jouent aux règles et rôles changeants que Rochester résume avec ces mots :"Vous me plaisez, vous me dominez, vous avez l'air soumis". Et même fiancés, Jane continue à l'irriter en se faisant acerbe et moqueuse,tout en l'appelant son maître, pressentant qu'une soumission d'agneau, une sensibilité de tourterelle eut moins convenu à ses goûts. Elle ne veut pas se laisser aller au pathétisme sentimental, maintient une distance entre eux par ses réparties mordantes, ses pointes acérées, propice à leur commune félicité.Elle est tour à tour sa bonne petite fille à qui il intime l'ordre de lui demander quelque chose car il adore qu'on le supplie ou un petit tyran à qui il promet de l'attacher quand elle sera en sa possession.Il la pince, lui tire l'oreille et elle préfère ses terribles faveurs à quelque chose de plus tendre.&lt;br /&gt;Si Jane brûle de s'abandonner à lui , elle ne veut pas devenir sa maîtresse dont il se lasserait comme il s'est lassé des autres.Elle n'a aucune illusion sur l'effervescence amoureuse qui ne dure que quelques mois et n'espère  devenir pour lui qu'une compagne pas trop déplaisante.Quand le mariage deviendra impossible entre eux, elle l'abandonnera, lui, l'amour de sa vie, ne voulant pas transgresser les principes qui lui avaient été inculqués quand elle avait toute  sa raison.Est-il mieux de pousser un de ses semblables au désespoir comme elle le faisait avec Rochester en le fuyant que de transgresser une simple loi humaine quand la violer ne porte préjudice à personne ? Justement la loi ne sert que dans les périodes où la tentation assaille le corps et l'âme.&lt;br /&gt;Se soumettre à la loi mais en se laissant guider par l'amour.Jane fut tentée d'épouser St John, ce cousin tombée du ciel qui la recueillit, quand fuyant Lowood et Rochester elle se trouva dans le plus grand dénuement.Son caractère docile trouva un maître patient mais exigeant chez ce pasteur idéaliste au visage d'ange qui ne voyait en elle qu'une compagne solide pour le missionnaire qu'il souhaitait devenir.Union impossible pour Jane car alors que resterait-il  de cette union totale des esprits et des coeurs qu'est l'amour pour elle ?&lt;br /&gt;L'histoire finit bien et qu'importe la fin, qu'importe même la trame du roman, ses coups de théâtre, ses coïncidences improbables, ses rebondissements surprenants si on retrouve intacte entre ses pages les émotions, les passions, l'intensité des sentiments de Charlotte Brontë quelques cent soixante ans après.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-4618717257208266247?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/4618717257208266247/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/01/jane-eyrelge-adulte-charlotte-bronte.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/4618717257208266247'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/4618717257208266247'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2009/01/jane-eyrelge-adulte-charlotte-bronte.html' title='Jane Eyre: L&apos;âge adulte (Charlotte Brontë)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SV_CBFPJL8I/AAAAAAAAASU/08uisbRsVlo/s72-c/CharlotteBronte.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-5832136747207544207</id><published>2008-12-21T15:25:00.003+01:00</published><updated>2010-11-08T20:32:10.909+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brontë Charlotte'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><title type='text'>Jane Eyre : L'enfance (Charlotte Brontë)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SU5TTGUS5nI/AAAAAAAAASE/e0mKgSKZSPg/s400/title%2520jane%2520eyre%2520PDVD_002.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5282251000530527858" border="0" /&gt;Après m'être laissée emporter par le vent des landes sauvages et des passions tumultueuses des Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë,ce n'est pas sans une certaine réserve que je me suis décidée à relire Jane Eyre de sa soeur Charlotte. Jane Eyre c'était une lecture de petite fille, une version abrégée dont dont j'avais conservé une impression forte et douloureuse que je n'étais pas sûre de retrouver avec autant d'intensité,l'essentiel des  souvenirs qui me restaient, étant le récit de la cruelle enfance de Jane, récit que j'ai retrouvé aussi effroyable que dans ma mémoire.&lt;br /&gt;Orpheline et pauvre, Jane avait été recueillie à contrecoeur par sa tante Reed qui ne supportait pas la présence de cette petite fille chétive et disgracieuse sous son toit, si différente de ses propres enfants, exubérants et éclatants de santé. Considérée comme un élément parasite, moins qu'une servante puisqu'elle ne faisait rien pour gagner sa subsistance, elle était devenue le souffre-douleur des enfants Reed qui s'entendaient à merveille pour la persécuter et l'accuser des pires méfaits le plus injustement du monde.Charlotte souffrait de ces traitements iniques jusqu'à désirer mourir pour fuir l'oppression qui pesait sur elle.Pourtant elle essayait de faire pour le mieux, d'être la plus discrète possible.Elle n'aimait rien tant que la solitude et cette enfant fantasque et rêveuse fuyait ce monde hostile en se réfugiant dans l'imaginaire et la lecture. Mais si elle était réservée, elle n'était pas docile et manifestait sa révolte contre cette tyrannie dont elle était la victime.C'était peut-être ce qui exaspérait le plus sa tante Reed, ce regard lucide et pénétrant,  que posait cette petite fille sur leur manière d'être et de se comporter.&lt;br /&gt;Pour ne plus sentir sur elle ses yeux réprobateurs, elle envoya Jane en pension dans une institution de charité dirigée par le pasteur Brocklehurst qui gérait les dons de riches bienfaiteurs. Et à nous faire partager la vie rude et sévère du pensionnat de Lowood, c'était l'occasion pour Charlotte qui avait connu dans son enfance la dureté de ce type d'éducation, de stigmatiser l'hypocrisie de l'Eglise qui n'hésitait pas à s'appuyer sur les textes de la Bible pour justifier les traitements inhumains infligés à ces enfants.Le pasteur Brocklehurst qui vivait avec sa femme et ses filles dans un confort douillet, martelait avec conviction les paroles du Christ "heureux ceux qui souffrent la faim et la soif pour l'amour de moi", faisait appel sans vergogne aux souffrances des premiers chrétiens pour légitimer ses méthodes éducatives.Il maintenait ces enfants dans le plus grand dénuement où ne leur étaient épargnés ni la faim, ni le froid, les privations subies étant sensées donner de la force à leur âme."Ne pas habituer ces enfants au luxe et au confort mais les entrainer à la patience et à l'endurance, les faire renoncer à elle-même car en nourrissant les corps méprisables, on affâme les âmes."Et si elles étaient soumises à ces conditions de vie austères et carcérales, c'était parce que leur seul tort était d'être nées pauvres et sans protection.&lt;br /&gt;En jouant cette pitoyable comédie, l'Eglise et ceux qui la servaient, signaient leur duplicité avec l'organisation d'une société que Charlotte dénonçait comme le fera Georges Eliott quelques années plus tard,une société où l'argent donnait le pouvoir absolu, où la majeure partie des êtres humains travaillaient pour le confort de quelques riches privilégiés, où la pauvreté était une tare honteuse voire un vice qu'il fallait expier.Elle dénonçait aussi le sort fait au femmes dont l'existence dépendait entièrement de la protection masculine qui leur était offerte et "qui avaient autant besoin de s'instruire et d'étendre leur champ d'action que les hommes et plus que la coutume ne l'avait jugé nécessaire à leur sexe."&lt;br /&gt;Dans les premiers temps de son séjour à Lowood, Jane se rebella contre ce pouvoir abusif auquel, elle et ses compagnes étaient soumises sans pour autant les unir, la loi du plus fort sévissant même au sein des enfants, les plus grandes dominant les plus jeunes, leur volant leur maigre nourriture. Elle s'insurgeait aussi contre la résignation d'Hélène, la douce Hélène devenue son amie, qui supportait toutes les injustices avec douceur et patience, tant était forte en elle la conviction que la mort, seule, était le commencement de la gloire et du bonheur et que si l'on vit sur terre en accord avec sa conscience, rien ne peut atteindre l'encombrante enveloppe de chair, quand Jane ne voyait dans cette acceptation qu'une porte ouverte au Mal.&lt;br /&gt;Pourtant un jour, elle s'aperçut qu'elle n'aurait pas échanger Lowood et ses privations contre Gateshead, la propriété de sa tante Reed, et son luxe.C'est parce qu'à Lowood, Jane, cette affamée d'amour qui aurait préféré mourir que de pas être aimée, avait trouvé l'affection d' Hélène et de miss Temple, la directrice de l'école.Jane, sous son allure fragile et réservée, pouvait être véhémente et impulsive, elle n'acceptait pas de plier devant la force arbitraire mais quand elle aimait, elle pouvait se soumettre totalement. Dans le sillage de miss Temple, ce modèle de droiture, cette figure tutélaire, elle respira la sérénité, elle trouva la paix au cours de ces huit années de pensionnat monotones mais pas inactives.Par amour elle accepta la discipline, l'assujettissement à l'ordre, au devoir.Elle trouva sa raison d'être dans le travail, pour le plaisir d'étudier et la satisfaction d'être agréable à ses maitresses jusqu'à en devenir une elle-même.&lt;br /&gt;Avec le départ Miss Temple, l'esprit de soumission de Jane s'envola et elle retrouva son émotivité première.Même si son regard n'avait jamais pu dépasser les murs du pensionnat, elle savait que "le monde réel était immense et qu'une perspective changeante d'espoirs ,de craintes, de sensations, d'exaltations attendait ceux qui avaient le courage de s'aventurer pour y trouver la véritable connaissance de la vie." &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-5832136747207544207?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/5832136747207544207/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/12/jane-eyrelenfance-charlotte-bront.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5832136747207544207'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5832136747207544207'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/12/jane-eyrelenfance-charlotte-bront.html' title='Jane Eyre : L&apos;enfance (Charlotte Brontë)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SU5TTGUS5nI/AAAAAAAAASE/e0mKgSKZSPg/s72-c/title%2520jane%2520eyre%2520PDVD_002.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-3046209505407197926</id><published>2008-11-28T21:44:00.006+01:00</published><updated>2011-06-14T13:44:15.052+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Folman Ari'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinema 2000'/><title type='text'>Valse avec bachir (Ari Folman 2008)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323107859393103986" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sd96ZSQ3SHI/AAAAAAAAAV8/BpD_IkKq97s/s400/18947035.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 239px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 179px;" /&gt;Des chiens gris aux yeux jaunes, fous de rage, écumants, qui traversent en meute les rues d'une ville à la recherche d'un homme, c'est la vision cauchemardesque qui nous est jetée à la figure dès les premières images de ce film et qui chaque nuit réveille Boaz en sursaut, Boaz accoudé au comptoir d'un bar,qui a deux heures du matin partage avec Ari, son ancien compagnon d'armes ses terreurs nocturnes. Ces chiens qui, nuit après nuit, le poursuivent, vingt-six exactement sont ceux qu'il a abattus pendant la guerre au Liban, ces chiens qui avaient le tort d'aboyer quand les soldats israéliens approchaient d'un village et ainsi d'alerter les habitants, ce sont leurs fantômes qui reviennent le harceler.&lt;br /&gt;Pourquoi Ari, lui, ne se rappelle-t-il rien de ces jours de guerre si ce n'est quelques images étranges, presque hallucinatoires  où il émerge avec deux autres soldats, nus, les armes à la main sur une plage de Beyrouth,étranges et inquiétants revenants, images obsessionnelles auxquelles il n'arrive pas à donner un sens.&lt;br /&gt;Ce film, c'est un voyage dans la mémoire d'Ari Folman, le réalisateur, l'exploration d'un dédale de souvenirs à la recherche d'un passé nié, oublié, qu'il va mener comme une enquête, interrogeant ceux qui étaient présents à ses côtés, confrontant leurs souvenirs, une thérapie autobiographique construite sur des témoignages réels.&lt;br /&gt;Et qui mieux qu'un film d'animation pouvait restituer cette réalité filtrée par les perceptions et l'histoire de chacun, gommer les frontières avec les fantasmes qui la travestissent, donner matérialité au rêve, réalité si lourde à porter qu'il avait bien fallu pour survivre composer avec l'horreur et l'atrocité.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5371361523182588242" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Soro2L1_0VI/AAAAAAAAAcI/3U17vjqhPnk/s400/bach1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 233px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Ils conjurent l'angoisse comme ils peuvent, ces jeunes garçons à peine sortis de l'enfance,brutalement jetés  dans la guerre,ils l'oublient dans l'alcool, dans les bras d'illusoires sirènes à la fois sensuelles et maternelles. Ils partent à la guerre sans trop savoir ce qui les attend, embarquent sur des bateaux militaires comme sur des bateaux de croisière sur fond d'Enola Gay d'Orchestral manoeuvres, s'émerveillent de ces paysages d'aventure qu'ils découvrent, chacun restant habité par ses préoccupations individuelles, désir de prouver sa virilité, envie d'oublier une petite amie inconstante.&lt;br /&gt;Et puis la guerre. Il n'y a rien de glorieux dans la guerre.Il y la peur qui fait tirer sans savoir sur quoi, l'horreur de constater que sous ces balles sont tombés des enfants,  des familles, la culpabilité d'avoir survécu quand les autre sont morts, de ne pas avoir tout donner pour les sauver.  Il y a la torture infligée à des hommes par d'autres hommes, née de leur imagination qui n'en finit pas de repousser les frontières de l'abominable, l' insupportable évidence d'avoir été acteur d'un massacre programmé.&lt;br /&gt;Comme pour mieux confronter le divin et le monstrueux que l'esprit humain peut engendrer, le dessin fait renaitre sous nos yeux de somptueux paysages, une exubérante nature dont la musique de Bach exacerbe la beauté et où l'homme apporte destruction et désespoir.&lt;br /&gt;Dernières images du film, des images d'actualité filmées après le massacre de Chabra et Chatila et livrées au regard dans leur crudité, sans musique, sans commentaire, la réalité à l'état  brute,les corps suppliciés,la souffrance des survivants, les rues jonchées de décombres d'où émergent une main, les cheveux bouclés d'un petit enfant. En les voyant me reviennent comme une litanie, les mots de Primo Levi :"qui pourra porter la nouvelle de ce que les hommes ont pu faire à d'autres hommes..."&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-3046209505407197926?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/3046209505407197926/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/11/valse-avec-bachir-ari-folman.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3046209505407197926'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3046209505407197926'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/11/valse-avec-bachir-ari-folman.html' title='Valse avec bachir (Ari Folman 2008)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sd96ZSQ3SHI/AAAAAAAAAV8/BpD_IkKq97s/s72-c/18947035.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-5283337843874269482</id><published>2008-11-28T21:32:00.011+01:00</published><updated>2011-06-14T13:44:40.975+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Provost Martin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinema 2000'/><title type='text'>Séraphine (Martin Provost 2008)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323106879647770626" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sd95gQbX6AI/AAAAAAAAAVw/G_JFjQhg8Eg/s400/18960017.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 218px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 164px;" /&gt;De la douceur, des caresses, des mots tendres, elle n'en avait jamais beaucoup eus dans sa vie. A elle le dur labeur, les travaux ingrats, une vie de bête de somme, malmenée, houspillée, exploitée,une vie de servitude, de rudes tâches mal payées, quelques pièces âprement comptées au fond de la main pour tout salaire et jamais un sourire, un mot gentil, un regard bienveillant pour cette femme que l'on regardait plus comme un animal que comme un être humain.&lt;br /&gt;Quand elle ne supportait plus l'inhumaine dureté de son existence, elle trouvait refuge dans la nature et offrait à son corps rudoyé l'apaisement de l'eau de la rivière, la douceur de l'herbe, la caresse de l'air.Elle noyait son regard dans le bleu du ciel et le vert des collines. Le chant du vent et des oiseaux lui faisait oublier les paroles acides et les incessantes remontrances. Se fondre dans la beauté lui rendait la joie, elle y retrouvait sa place de créature de l'univers et parce qu'elle y connaissait la béatitude, sa mission était de rendre gloire à son créateur et à sa création.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5371358642222610530" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SormOfbnOGI/AAAAAAAAAb4/xZ6HxH5rATg/s400/ser1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 400px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 267px;" /&gt;Séraphine peignait pour porter la nouvelle de la beauté du monde. Les quelques forces qui lui restaient après ses dures journées, elle les consacrait à sa peinture.N'ayant pas assez d'argent pour s'offrir les précieuses couleurs, elle les préparait elle-même . Tout son temps libre elle l'employait à rassembler ses pauvres trésors, le jaune des fleurs des champs, le rouge du sang, l'ocre de la terre et l'huile des lampes à l'église qu'elle subtilisait avec des mines confites de pécheresse déjà à moitié pardonnée.&lt;br /&gt;L'esprit tout entier concentré sur son obsessionnelle idée de peindre, elle faisait avancer sa lourde silhouette, indifférente aux regards moqueurs, aux quolibets. Pas de temps pour les civilités, pour les paroles inutiles, pour les relations hypocrites.&lt;br /&gt;Dans le secret du réduit qui lui servait de chambre, elle pilait, mélangeait, écrasait pour la nuit venue, accomplir le rite sacré, à la lumière des bougies qui éclairaient un dérisoire autel dressé à la Vierge Marie.Elle peignait la nature qu'elle vénérait, ses fleurs, ses fruits, ses arbres,son mystère, accompagnant ses gestes de chants religieux. Elle peignait portée par un élan mystique, une foi primitive, indifférente à la fatigue, le jour naissant la réveillant parfois allongée sur sa toile.C'était sa façon de servir Dieu, d'obéir à son ordre divin, ne cherchant ni la reconnaissance ni une quelconque approbation.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5371358710893669202" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SormSfQEa1I/AAAAAAAAAcA/C5XeArpu4Wo/s400/ser2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 400px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 267px;" /&gt;Pourtant un jour un homme croisera sa route et saura porter un vrai regard sur ses tableaux, percevoir la singularité de son oeuvre, Wilhem Uhde, le premier acheteur de Picasso et le découvreur du Douanier Rousseau.C'est dans un ennuyeux dîner de province, une assemblée de notables tout exaltés d'avoir à leur table ce collectionneur d'art parisien reconnu pour les distraire de leur ennui, que Wilhem, lassé de répondre aux platitudes convenues de ses hôtes sur l'art, apercevra pour la première fois une peinture de Séraphine, de naïves pommes peintes sur du bois, dont il percevra immédiatement le côté visionnaire.&lt;br /&gt;Il connaissait Seraphine, elle travaillait chez lui mais il n'avait jamais imaginé que sa mutique servante puisse avoir un tel talent. Quand il voulut prendre son destin en mains, elle crut qu'il se moquait d'elle.Par deux fois il lui promettra le succès puis l'oubliera parce que l'Histoire en avait décidé autrement.D'abord la guerre de 14-18 qui obligera Wilhem, Allemand vivant en France à fuir puis la crise de 1929 qui, entre autre, ruinera le marché de l'art.&lt;br /&gt;Cette rencontre bouleversera la vie de Séraphine et lui sera fatale.Cette lumière brutalement braquée sur elle, l'obscure, toutes ses attentions dont elle sera soudain l'objet lui feront perdre la tête. Elle vivra quelques mois d'heureuses folies découvrant les douceurs et les futiles plaisirs qu'elle n'avait jamais espéré connaitre avant de sombrer. " La peinture est retournée dans la nuit " dira-t-elle et elle s'y enfoncera avec elle.&lt;br /&gt;Sa manière à elle de signifier que pour certains êtres l'art est la seule voie de salut possible, qu'il les fait tenir debout, donne un sens à leur humanité et que privés de ce moyen d'expression,il leur reste la folie ou la mort.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-5283337843874269482?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/5283337843874269482/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/11/seraphine-martin-provost-2008.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5283337843874269482'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5283337843874269482'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/11/seraphine-martin-provost-2008.html' title='Séraphine (Martin Provost 2008)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sd95gQbX6AI/AAAAAAAAAVw/G_JFjQhg8Eg/s72-c/18960017.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-4273254848030358868</id><published>2008-11-28T21:20:00.008+01:00</published><updated>2011-06-14T13:45:49.626+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Becker Jacques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Casque d'or (Jacques Becker 1952)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Casque d'or, c’est un film qui commence comme une fête et finit en drame.&lt;br /&gt;La fête, c’est un dimanche à la campagne où le Paris de la Belle- Epoque, celui des mauvais garçons et des filles perdues, vient canoter sur la Marne avant d’aller danser dans les guinguettes de Joinville le Pont, toute une joyeuse bande, bruyante et joviale, qui effraie les honnêtes gens aventurés jusqu’ici. Et dès le début du film, les dialogues sont un régal de verve, de gouaille, qui donne aux personnages leur authenticité et leur naturel. Il y a Raymond le boulanger, Ponsard le migraineux, Guillaume le dénicheur, Rolland belle-gueule, Paulo qui n’a jamais soif et leurs dames, et ce « et leurs dames » est assez révélateur de la place que tiennent les femmes dans ce monde d’hommes, brutal et sans tendresse, où elles n’ont que leur insolence et leur pouvoir de séduction pour se faire une place.&lt;br /&gt;C’est ainsi que Raymond présente sa bande à Manda, Georges dit Jo, un ancien voyou comme lui mais rangé, car « Monsieur travaille ! » ce qui fait beaucoup rire les autres, qui préfère afficher par leur attitude et leurs tenues voyantes leur goût pour le plaisir et l’argent facile et leur rejet du dur labeur et d’une vie vertueuse.&lt;br /&gt;Manda est charpentier. « Et ils savent danser, les charpentiers ? » lui demandera Marie avec son air gourmand. Parce que ces deux là, ils se sont plus dès le premier regard, j’ai presque envie de dire qu’ils se sont reconnus, tant ils ont la même fierté, la même détermination qui les met à l’abri des blessures d’amour-propre et du regard des autres. Pas facile de les humilier, la gifle publique que Roland donnera à Marie ne lui fera pas baisser les yeux ni perdre son sourire, pas plus que Manda ne sera ridicule quand Roland retirera au dernier moment la chaise qu’il lui offrait, le gratifiant d’un méprisant « Pauvre Roland ! » et c’est Roland qui aura l’air d’un idiot grotesque.&lt;br /&gt;Roland, c’est l’homme de Marie, beau gosse boursouflé d’orgueil, qui n’a pas apprécié que les charpentiers sachent danser. Et je reverrai ce film rien que pour cette valse que Manda et Marie vont danser tous les deux, les yeux dans les yeux, emportés dans un même mouvement, le monde autour d’eux disparaissant dans un même étourdissant brouillard. Et tous l’ont vu, tous l’on senti cette irrépressible attirance entre eux.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5203269427201660290" src="http://bp1.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SDW5-dcBVYI/AAAAAAAAABo/Waktk8fVfbo/s400/1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;C’est une reine, Marie, les hommes la regarde parce qu’elle est belle mais ils admirent aussi en elle sa force de caractère, sa crânerie. Elle n’a pas peur quand elle est convoquée chez Leca à qui Roland a demandé d’intervenir pour régler leur conflit.&lt;br /&gt;Leca, Félix de son prénom pour le rendre un peu plus ridicule, c’est le chef de la bande, celui qui s’est arrogé l’autorité sur le reste du groupe, autorité presque paternelle, distribuant récompenses et punitions, mais aussi un fourbe de la pire espèce, traître, hypocrite, sournois, manipulant les êtres et les faits à son seul profit. Officiellement négociant en vin, extrêmement soucieux de son apparence, il a pignon sur rue, entretient d’excellentes relations avec la police et impressionne cette bande de pauvres hères qui gravitent autour de lui par son assurance.&lt;br /&gt;Mais pas Marie, qu’il convoite et à qui il propose de l’acheter à Roland. C’est tout dire !Elle l’écoute distraite, à demi assise sur la table, mangeant du bout des lèvres du fromage à la pointe d’un couteau que Leca lui a tendu, lame en avant, plus arme que couteau, symbole de son pouvoir et de ce qui l’attend, elle, si elle ne lui obéit pas.&lt;br /&gt;Elle n’a pas peur, Marie, elle a la tête ailleurs, comme Manda qui pense à elle tout le temps, et c’est elle, une fois de plus prenant l’initiative, qui ira le relancer.&lt;br /&gt;Elle s’appelait Marie, il était charpentier, leur destin sera scellé à l’Ange Gabriel, un café où l’on danse et où viennent s’encanailler les bourgeois. De malentendus en quiproquos, savamment entretenus par Leca qui tire les ficelles, ce soir là, Manda va tuer Rolland, le même couteau avec lequel Marie mangeait du fromage. Fini la vie honnête, le travail, Manda est rattrapé par ses anciens démons, la fuite, la clandestinité.&lt;br /&gt;Ils auraient pu être heureux avec Marie s’il n’y avait pas eu un Leca sur leur route et ils le seront quelques heures, quelques jours, réfugiés tous deux chez la mère Eugène, à Joinville, abritant leurs amours dans cette verte campagne, tout droit sortie d’un tableau impressionniste.&lt;br /&gt;Ils s’aiment et cet amour là se lit dans leur regard, celui que porte Manda sur Marie endormie après leur première nuit d’amour, ses cheveux blonds répandus sur l’oreiller, ou quand au réveil ils boivent un bol de café les yeux dans les yeux, ou encore quand ils s’embrassent dans l’herbe et que la caméra pudique fixe l’immensité du ciel. Marie rêve même de mariage, un châle noir modestement posé sur sa blondeur dans la petite église du village et peut-être d’une autre vie, loin des pavés de Paris.&lt;br /&gt;Grâce à Leca, c’est Raymond qui s’est fait arrêté pour le meurtre de Roland. Manda ne peut accepter, il se rend à la police. Marie réussira à le faire évader, toute seule, avec tout son courage, parce que Leca, bien qu’elle lui ait enfin accordé ses faveurs pour obtenir son aide, la lui refusera. Libre, Manda n’aura qu’une obsession, tuer cet infâme Leca, ce méprisable manipulateur de son destin, qu’il poursuivra, scène étonnante, jusque dans les locaux de la police où il l’abattra comme un rat, signant du même coup son arrêt de mort.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5203269263992903026" src="http://bp3.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SDW509cBVXI/AAAAAAAAABg/GTbBN5skxoQ/s400/11.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Un petit matin blême, Marie à la fenêtre d’une chambre surplombant la place où est dressée la guillotine pour Manda et Marie qui reste jusqu’au bout, pour ne pas laisser seul dans la mort l’homme qu’elle aime, l’horreur dans ses yeux et le mouvement de son regard de haut en bas qui suit la lame tranchant la vie, le temps des cerises et leur amour emporté dans une éternelle valse.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-4273254848030358868?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/4273254848030358868/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/11/casque-dor-jacques-becker.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/4273254848030358868'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/4273254848030358868'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/11/casque-dor-jacques-becker.html' title='Casque d&apos;or (Jacques Becker 1952)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SDW5-dcBVYI/AAAAAAAAABo/Waktk8fVfbo/s72-c/1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-3272754717772796105</id><published>2008-10-22T14:47:00.003+02:00</published><updated>2010-11-08T20:35:18.563+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nothomb Amélie'/><title type='text'>Les Catilinaires (Amélie Nothomb)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SP8hQW9qt-I/AAAAAAAAALk/6dYJmosRtSU/s400/2253141704.08.LZZZZZZZ.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5259959454717884386" border="0" /&gt;Juliette et Emile avaient toujours aspiré à être libérés de ce que les hommes ont fait de la vie. Etudes, travail, mondanités, même réduites à leur plus simple expression, c'était encore trop pour eux. Ils voulaient quitter cette perte de temps qu'est le monde. Ils voulaient vivre à la campagne, moins par amour de la nature que par besoin de solitude.&lt;br /&gt;A l'approche de leur soixante-cinq ans, ils se retirèrent dans une maison isolée qui leur semblait être l'endroit qu'ils cherchaient depuis toujours pour y vivre la vie paisible dont ils rêvaient.&lt;br /&gt;Mais pour vivre heureux, suffit-il de vivre cachés ? Pour fuir les contraintes de la vie en société, est-il juste nécessaire de s'isoler de l'agitation du monde ?&lt;br /&gt;Le havre de paix de Juliette et Emile avait un voisin, Palamède Bernardin et ce seul et unique représentant de l'espèce humaine réussit à faire un enfer  de leur paradis tant espéré.Cet être grossier leur faisait chaque jour  une visite qui n'avait rien à voir avec la courtoisie. Il s'imposait chez eux invariablement de seize heures à dix-huit heures avec un sans-gêne qui n'avait d'égal que son impolitesse, n'adressant pas la parole à ses hôtes et acceptant dans la plus grande indifférence les attentions qu'ils avaient à son égard, considérant même ces  amabilités comme un dû.&lt;br /&gt;Depuis quarante ans,Bernardin avait décidé  de fuir le monde parce qu'il le dégoûtait et si Juliette et Emile connaissaient la félicité dans ce choix d'isolement , Bernardin, lui,était en proie à l'insatisfaction existentielle, il n'éprouvait aucun plaisir à vivre et ne supportait pas que les autres puissent en ressentir. Sa raison d'être était d'empoisonner la vie de ceux qui l'entouraient, de détruire leur bonheur. Il bénissait la fuite du temps qui le rapprochait de la seule issue possible, de la seule porte de sortie, la mort. Bernardin était en prison à l'intérieur de lui-même , son comportement avec ses voisins était celui d'un bagnard ayant atteint le paroxysme de l'ennui et qui n'avait rien d'autre à faire que d' envahir la cellule du voisin.Son sadisme envers les autres était une attitude d'incarcéré, un besoin pathétique de leur imposer sa souffrance.&lt;br /&gt;Il avait entamé avec Emile et Juliette un combat où pour vaincre il fallait être le plus oppressant, le plus impoli, le plus pesant, le plus vide possible.&lt;br /&gt;Pourquoi Emile, cet être , pétri de bonnes manières, nourri d'auteurs grecs et latins se laissait-il envahir par cet incompréhensible voisin ?Incapable de donner un sens  à l'attitude de ce monstrueux visiteur, c'est lui, Emile,qui avait honte, qui se sentait obligé de se justifier, lui qui passait ses nerfs sur sa femme, l'être qu'il aimait le plus au monde. Jusqu'à ce qu'un jour, poussé dans ses derniers retranchements, dans une explosion de colère,il chasse Bernardin, mais après l'avoir laissé gangrener leur vie pendant des mois quand il eût été si simple de ne pas lui ouvrir la porte.&lt;br /&gt;C'est qu'Emile était lui aussi, à sa manière prisonnier de lui-même, du personnage civilisé qu'il s'était construit,respectant des conventions qu'il n'avait pas choisies mais si profondément ancrées en lui qu'ils s'y conformaient sans réfléchir.Bien sûr il méprisait les attitudes grégaires et avait trouvé dans une misanthropie honorable un refuge à sa pusillanimité et à sa peur d'affronter le monde.Mais voilà que face à l'envahisseur, il avait abdiqué, il avait renoncé à son idéal de bonheur et de dignité au nom de rien, il avait privilégié celui qu'il méprisait aux dépends de celle qu'il aimait.&lt;br /&gt;L'expérience Bernardin avait été éprouvante mais elle avait obligé Emile à l'introspection, à explorer cette personne qui était lui, qui disait et faisait des choses en son nom et que finalement il ne connaissait pas.Elle l'avait contraint à agir, non pas en fonction de ce qu'on attendait de lui, non pas  pour être approuvé par ses pairs mais en accord avec sa conscience profonde, même si pour cela il lui fallait sortir de sa confortable passivité, piétiner des valeurs qu'il pensait être des convictions.Il y avait deux Emile Hazel, l'homme du jour un peu lâche et qui jouait la molle comédie de la civilité et l'homme de la nuit, révolté et  rempli d'une rage destructrice.&lt;br /&gt;En se débarrassant de Palamède Bernardin, il avait repris  sa destinée en mains en acceptant de ne pas savoir qui il était réellement, à mi-chemin entre ces deux hommes. Il avait accepté d'être un mystère pour lui-même.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-3272754717772796105?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/3272754717772796105/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/10/les-catilinaires-amlie-nothomb.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3272754717772796105'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3272754717772796105'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/10/les-catilinaires-amlie-nothomb.html' title='Les Catilinaires (Amélie Nothomb)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SP8hQW9qt-I/AAAAAAAAALk/6dYJmosRtSU/s72-c/2253141704.08.LZZZZZZZ.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-8911330586945285100</id><published>2008-09-12T21:24:00.004+02:00</published><updated>2010-11-08T20:36:02.464+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bashevis Singer Isaac'/><title type='text'>La destruction de Kreshev (Isaac Bashevis Singer)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SMrErlF4HxI/AAAAAAAAAIw/1nYkZ4StHAk/s1600-h/9782070428700_s.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SMrErlF4HxI/AAAAAAAAAIw/1nYkZ4StHAk/s400/9782070428700_s.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5245220968996544274" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;"Je suis Satan, le Serpent de la Création, le Mauvais. La Kabbale me désigne sous le nom de Samael et les Juifs m'appellent parfois simplement celui-là."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lire cette phrase et voilà qui donne envie de traverser les épaisses forêts de sapins où rodent loups et ours féroces, de franchir le fleuve San et les routes la plupart du temps inondées pour découvrir Kreshev, un village si pauvre que ses habitants n'avaient ni la force, ni le désir de commettre des péchés et auxquels le Malin avait instillé une foi si brûlante qu'ils ne pouvaient jamais se débarasser du poids de leurs malheurs.&lt;br /&gt;Quel vilain tour allait-il pouvoir exécuter pour exercer ses pouvoirs et faire perdre aux êtres leur espoir dans ce monde-çi et celui à venir ?&lt;br /&gt;D'abord, choisir une maison riche, dans une maison riche, tout peut arriver, même si ses habitants,Reb Bunim, sa femme et leurs deux enfants étaient des gens si simples et si ordinaires qu'ils traversaient la vie sans problème.Mais dans cette maison, il y avait une fille, Lise, et c'est bien connu, les femmes apportent le malheur !Et quelle fille ! Grande, les cheveux blonds comme l'or, la peau douce comme la soie, instruite, ayant une soif de connaissances sans limites, elle dévorait tous les livres et dédaignait les futilités féminines, histoire de parures et de chiffons, mais sans jamais montrer de traces de suffisance, toujours amicale avec tous. Ce qui faisait dire à son père:"Quel homme elle aurait fait !"&lt;br /&gt;Lise eut quinze ans. Vint l'âge pour elle de se marier.Et bien que sa mère prétendit qu'elle ne trouverait pas de mari qui voudrait d'une femme instruite, elle eut deux prétendants. Un jeune homme riche, grand, beau mais inculte et un érudit petit, laid et pauvre.Qui donc la sage Lise allait-elle choisir ?&lt;br /&gt;Shloimele était bien un grand érudit et il ajoutait à ses connaissances, l'art de disserter avec beaucoup d'intelligence.Le jour de son mariage, il prononça un brillant discours. Il posa à son auditoire dix questions essentielles, répondit à chacune d'elles d'une seule phrase puis les retourna l'une après l'autre démontrant que son immense érudition pouvait d'un seul coup être réduite à rien. Le Mauvais avait trouvé en Schloimele le parfait instrument pour servir ses desseins, un homme qui savait utiliser son savoir et son intelligence pour démontrer tout et son contraire et ainsi manipuler les âmes et les êtres. Ainsi le savoir qui peut rendre plus sage peut chez des êtres mal intentionnés devenir une arme pour obtenir pouvoir et influence sur les autres.&lt;br /&gt;Quand la mère de Lise vint examiner les draps de la nuit de noce, elle embrassa sa fille en pleurant : "Tu es maintenant une femme et tu partages avec nous la malédiction des filles d'Eve."&lt;br /&gt;Voilà qu'à peine marié, le couple se comporta de manière scandaleuse sous l'oeil offusqué de la mère de Lise, des servantes et des commères du voisinage. C'est que dans ces mariages arrangés, motivés par la raison plus que par l'amour, dont le but essentiel est de continuer l'oeuvre de Dieu sur terre par le devoir conjugal, la passion n'a pas sa place. Et pourtant c'est ce que vivaient les jeunes époux, se séparant le moins possible, passant tout leur temps à lire, à se chuchoter des mots doux, à se prodiguer baisers et caresses, négligeant leurs devoirs religieux. Schloimele pourtant si pratiquant, ne se rendait plus à la maison d'études et se vautrait dans la paresse et la gourmandise. Pour répondre aux reproches de sa mère, Lise invoquaient les amours passionnées et pourtant bibliques de Jacob et Rachel ou du roi Salomon.&lt;br /&gt;C'est qu'en choisissant son mari pour son instruction plus que pour sa richesse, Lise avait trouvé un interlocuteur à la hauteur de ses attentes, un homme capable d'étancher sa soif de connaissances, mais aussi un homme qui lui avait révélé la volupté. Ils auraient pu être faits l'un pour l'autre si l'amour de Schloimele avait été sincère, s'il n'avait pas plus aimé en sa femme le plaisir dont elle était la source que l'être humain. Son désir ne naissait pas de l'amour qu'il portait à sa jeune épouse, ni même de sa beauté physique mais des discours impurs et obscènes qu'il tenait avec elle. Lise d'abord rétive et effrayée, s'était abandonnée à ces jeux pervers, convaincue par ce mari qui savait pour cela utiliser tous ces talents, son art de la contreverse, ses connaissances des textes sacrés, y puisant les exemples  confortant ses raisonnements, présentés de manière à le servir, allant jusqu'à invoquer la Kabbale.&lt;br /&gt;"Dieu et Satan se livrent un incessant combat et sont de force égale,"lui disait-il, "et aucun ne peut sortir vainqueur. Sainteté et déchéance sont toutes images de la divinité et peu importe où l'on tombe tant qu'on reste dans l'ombre du Tout- Puissant. "&lt;br /&gt;Bien que terrifiée, l'âme de Lise était captive, elle ne pensait plus que ce qu'il voulait lui faire penser, prisonnière de sa perversité.Et comme le désir de Schloimele avait besoin de stimulants de plus en plus intenses pour être comblé, il poussa Lise à avoir une liaison avec Mendel, le cocher à l'animale séduction afin de lui faire le récit de leurs ébats. Pour la convaincre, il l'étourdit de paroles, jusqu'à lui faire croire par de tortueux raisonnements que de cette liaison adultère dépendaient la rédemption du monde et la venue du Messie.&lt;br /&gt;On pourrait penser Lise bien bête et bien naïve de lui faire confiance mais les sujets de Satan, ceux qui véhiculent le Mal, ont la parole facile et même un Kabbaliste expérimenté se serait laissé prendre.&lt;br /&gt;"Schloimele avait monté cette invraisemblable histoire pour satisfaire ses passions mauvaises. Il se réjouissait de tout ce qui faisait souffrir les autres.Dans la complexité de la nature humaine, joie et douleur,laideur et beauté, amour et haine, pitié et cruauté et autres émotions contradictoires sont intimement mêlées. C'est ainsi que Satan réussit à détourner les êtres de leur créateur et même à les détruire dans leurs corps, tout cela au nom d'une cause imaginaire."&lt;br /&gt;Dans ce même temps où Schloimele précipitait Lise chaque jour un peu plus dans la corruption,s'abattit sur Kreshev une série de catastrophes :sécheresse, maigre récolte, invasion de sauterelles, épidémies qui firent mourir les enfants. C'est cette période que choisit Schloimele pour faire irruption dans la synagogue,hâve, hirsute, déguenillé,pour s'accuser devant tous d'être un hérétique, adepte du faux messie,entraîné dès le plus jeune âge par les disciples de Sabbatai Zwi dans la débauche, et d'avoir forcé sa femme à commettre l'adultère.&lt;br /&gt;Quelques voix s'élevèrent pour faire le lien entre ces pécheurs et les malheurs qui s'abattaient sur Kreshev.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-8911330586945285100?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/8911330586945285100/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/09/la-destruction-de-kreshev-isaac.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/8911330586945285100'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/8911330586945285100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/09/la-destruction-de-kreshev-isaac.html' title='La destruction de Kreshev (Isaac Bashevis Singer)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SMrErlF4HxI/AAAAAAAAAIw/1nYkZ4StHAk/s72-c/9782070428700_s.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-6438803748748145799</id><published>2008-07-30T16:37:00.005+02:00</published><updated>2011-06-14T13:47:35.755+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ray Nicholas'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Traquenard (Nicholas Ray 1958)</title><content type='html'>&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5228816942083034146" src="http://bp3.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SJB9TixnTCI/AAAAAAAAAHk/dUFaWrjGsYw/s400/traquenard.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 275px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 201px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est une histoire d'amour dans un film de gangsters sur fond de comédie musicale.&lt;br /&gt;Elle était party girl, il était l'avocat attitré de Rico Angelo, un truand du Chicago des années 30, dont le personnage a du inspiré Scorsese. Leur rencontre est celle de deux désenchantés de la vie, deux déçus de l'amour.&lt;br /&gt;Vicky Gaye est danseuse.Bien sûr, elle avait rêvé d'autres scènes que celle du cabaret de Rico où elle expose plus son corps que son talent.Mais il faut vivre et simplement manger. Elle ne refuse pas à l'occasion de se louer contre quelques billets qui arrondissent ses fins de mois, de faire de la figuration dans les soirées de Rico Angelo, qui réunissent la fine fleur de la mafia. Tout est question de sang-froid, ne pas croire aux histoires sans lendemain, ne pas se laisser serrer de trop près.C'est dans une de ces soirées,pour échapper aux avances de Canetto, un lieutenant d' Angelo, qui après lui avoir offert de l'argent se croit tout permis, qu'elle demande à Farell de la raccompagner. Devant chez elle, elle lui propose de venir boire un chocolat, délicieuse reminiscence de l'enfance, d'une autre vie, la vie d'avant, innocente, loin de la corruption et de la dépravation.&lt;br /&gt;Farell doit défendre Canetto, accusé de meurtre et qu'il sait coupable. Canetto sera acquitté, Farell n'a pas son pareil pour manipuler un jury, jouer sur la corde sensible. Vicky viendra le voir après le procès et lui demandera de rendre à Canetto l'argent qu'il lui a offert. Voilà d'un seul coup que cet argent obtenu par le mensonge et l'avilissement lui fait horreur. Elle ne sait pas encore qu'elle aime Farell ou ne veut pas se l'avouer, mais il est pour elle de ces rencontre qui redonne une colonne vertébrale, l'envie de se redresser, de retrouver sa dignité, de lui montrer qu'elle n'est pas celle qu'il croit.&lt;br /&gt;Ils sont attirés l'un par l'autre et pourtant les débuts entre eux seront difficiles. Farell se montre cynique, cassant. Il se méfie de cette femme qu'il pressent malgré tout différente des autres, de cet essaim de jolies filles qui escorte Angelo.Il faut dire qu'il en a une de femme, une actrice, très belle dont il a été fou amoureux et qui s'est mariée avec lui pour sa fortune.Il avait eu la sensation d'être à l'apogée de sa vie en épousant cette femme, d'atteindre enfin cette revanche qu'il avait à prendre sur la vie, lui le gosse des rues pauvre et à la jambe brisée après un accident qui l'avait laissé boiteux et souffrant de perpétuelles douleurs. Pour oublier son infirmité, il avait voulu être riche, puissant et avoir la plus belle femme du monde qui aujourd'hui ne voulait plus de cet handicapé dans son lit mais ne souhaitait pas plus divorcer,  continuant ainsi à profiter de la vie fastueuse qu'il lui offrait.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5229538877701842162" src="http://bp2.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SJMN5uiDZPI/AAAAAAAAAHs/7SNSKdG07Qc/s400/18758947.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Pouvait-il faire confiance à cette Vicky venue d'on ne sait où? Elle faisait commerce de son corps mais lui ,il avait vendu son âme au diable en devenant l'avocat des truands et en bafouant la justice. Il se disait lui-même par dérision leur"ange-gardien" et Angelo appellera avec ironie Vicky "son ange". Son ange, elle était son ange venu du ciel pour le sauver, lui donner le courage de sortir de cette vie qui ne lui ressemblait pas pour en construire une autre dont l'amour serait la ligne de conduite. Dans ce monde où ils se sentaient tous deux étrangers, où ils étaient si peu à leur place, ils s'étaient trouvés et reconnus, ces deux désabusés qui n'attendaient plus rien, retranchés derrière leurs barrières de désillusions érigées entre eux et les autres, à la fois pour se protéger et s'isoler.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5229549776438807650" src="http://bp0.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SJMX0HfbzGI/AAAAAAAAAH0/XP89s1rC3zg/s400/18758946.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Longue et dangereuse sera la route qui les mènera vers la liberté. C'est qu'à pactiser avec le démon, on ne se délivre pas si facilement de ses chaînes. Leur chemin de croix sera émaillé de menaces, réglements de compte, séjour en prison, bouteilles de vitriol avant d'atteindre la rédemption. Pour l'autre et en l'autre ils trouveront la force et le courage de franchir ces obstacles afin que triomphe leur amour flamboyant et qu'ils puissent commencer à vivre une vraie vie.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-6438803748748145799?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/6438803748748145799/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/traquenard-nicholas-ray-1958.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6438803748748145799'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6438803748748145799'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/traquenard-nicholas-ray-1958.html' title='Traquenard (Nicholas Ray 1958)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SJB9TixnTCI/AAAAAAAAAHk/dUFaWrjGsYw/s72-c/traquenard.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-1757610091146019543</id><published>2008-07-22T19:43:00.003+02:00</published><updated>2010-11-08T20:37:21.395+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Levi Primo'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><title type='text'>Si c'est un homme (Primo Levi)</title><content type='html'>&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5228815107385983362" style="FLOAT: left; MARGIN: 0pt 10px 10px 0pt; CURSOR: pointer" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SJB7ov_wAYI/AAAAAAAAAHc/M419ZFwHV10/s400/levi.jpg" border="0" /&gt;Il m’a fallu du temps pour découvrir ce chef-d’œuvre qu’est " Si c’est un homme " de Primo Lévi. Du temps parce que tout ce qui se rapporte à cette période de l’histoire, à l’holocauste en particulier m’est insupportable .Et pourtant, il faut lire ce livre, récit de la déportation et de la captivité de Primo Lévi.&lt;br /&gt;C’est un témoignage que l’on sent écrit avec le souci exigeant d’être au plus proche de la vérité. On imagine qu’il a du fouiller consciencieusement dans ses souvenirs, au plus profond de sa mémoire pour restituer avec une attention minutieuse la réalité de la vie dans les camps. C’est presque un regard scientifique qu’il porte sur ce lieu d’expérience biologique et sociale où les hommes, tout âge, nationalité, origine sociale, religion confondus, sont plongés dans l’uniformité, broyés dans cette machine de déshumanisation, où privés de tout de qu’ils possèdent ils deviennent ces hommes vides, réduits à la souffrance et aux besoins les plus élémentaires, privés de tout discernement et de toute dignité.&lt;br /&gt;Le sentiment d’exister dépend du regard de l’autre et si l’autre vous regarde comme un objet, vous devenez cet objet, ce non-humain. Les quelques personnes extérieurs au camp qu’ils pouvaient croiser, ces civils qui les voyaient sales, affamés, malades, repoussants n’avaient pas pitié, mais prenant l’effet pour la cause, ils les jugeaient dignes de leur abjection.&lt;br /&gt;Dans cette lutte exténuante pour survivre qu’était leur quotidien, il y avait autant de moyens mis en œuvre pour survivre que de caractères humains. Mais il était difficile de survivre sans renoncer à son monde moral. Sous la souffrance physiques et la non-satisfaction des besoins, bien des instincts sociaux et des habitudes disparaissent. La lutte pour la survie est implacable et chacun est désespérément seul Les opprimés ne sont pas toujours unis dans le malheur, surtout quand l’oppression dépasse certaines limites. Il se crée dans la population dominée une situation de haine et de rivalité, il yen a toujours un parmi eux pour se lever et se ranger aux côtés des oppresseurs, en étant plus cruel encore que les bourreaux. Deux attitudes possibles : la haine ou la peur.&lt;br /&gt;Pourtant Primo Levi ne juge pas, n’accuse pas, n’incite pas à la haine, il rapporte, témoigne, alerte, d’une façon qu’il veut dépassionnée.. Il n’en conclut pas que l’homme est forcément brutal ou égoïste, dès lors qu’il s’affranchit du monde civilisé, des lors que les inhibitions sont levés.&lt;br /&gt;Pour lui, les personnages de ce récit ne sont plus des hommes. « Leur humanité est morte ou ensevelie sous l’offense subie ou affligée. »Même dans ses conditions extrêmes, elle peut encore produire une étincelle, cette humanité sclérosée, un geste, un don, un acte gratuit qui fait homme celui qui l’accomplit, et que celui qui le reçoit n’oublie pas qu’il en est un d’homme. Il y a aussi ces moments inattendus où la culture de la vie d’avant revient stimuler les cerveaux anesthésiés, quelques vers qui reviennent à la mémoire partagés avec un autre et c’est encore l’humanité qui renait dans les corps et les esprits brisés.&lt;br /&gt;Ce livre qu’il portait déjà en lui pendant sa détention, qu’il ne pouvait qu’écrire pour raconter, pour se libérer intérieurement, le fait aussi s’interroger sur l’état de malheur, moins souvent exploré que celui du bonheur. S’il n’y a pas de bonheur absolu, il n’y a pas non plus de malheur absolu. Les peurs et les souffrances ne s’additionnent pas, elles se superposent, l’homme a d’étranges facultés d’adaptation, même dans les situations les plus désespérées, il arrive à se créer des barrières de défense, un petit rien peut le sauver du désespoir. Si la souffrance atteint des limites indépassables, la sensibilité, génératrice de douleurs s’émousse, l’usage de la pensée devient inutile, on perd l’habitude d’espérer, on doute de son propre jugement.&lt;br /&gt;Pourtant, personne ne sortira vraiment d’Auschwitz, car « qui pourrait porter la nouvelle de ce que l’homme a pu faire à d’autres hommes. »Il n’y a aucun pardon, aucune expiation possible pour ces hommes qui ont pratiqué « la sélection » sur d’autres hommes, " rien de ce que l’homme a le pouvoir de faire ne pourra jamais plus réparer."&lt;br /&gt;On sort un peu sonné de cette lecture, l’esprit traversé par des silhouettes, des visages pourtant inconnus et surgis du passé et dans l’oreille la voix de Primo Levi qui fait dans une belle langue claire et limpide le récit de cette abomination.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-1757610091146019543?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/1757610091146019543/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/si-cest-un-homme-primo-levi.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1757610091146019543'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1757610091146019543'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/si-cest-un-homme-primo-levi.html' title='Si c&apos;est un homme (Primo Levi)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SJB7ov_wAYI/AAAAAAAAAHc/M419ZFwHV10/s72-c/levi.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-5264692608022276700</id><published>2008-07-18T21:45:00.006+02:00</published><updated>2011-06-14T13:48:04.096+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vautier René'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1970'/><title type='text'>Avoir vingt ans dans les Aurès(René Vautier 1972)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5224442889035289346" src="http://bp1.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SIDzIJZDkwI/AAAAAAAAAGs/j6aXhHwjUXo/s400/affiche.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 216px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 162px;" /&gt;1961, une bande de Bretons aux cheveux longs qui ne voulaient pas quitter leur pluvieuse Bretagne pour la brûlante Algérie, des pacifistes réfractaires qui ne voulaient pas faire la guerre et que l'armée ne sachant qu'en faire,à laisser croupir dans un coin du Sahara, loin de tout, ne parvenant pas à infléchir leur détermination. Rebelles ils resteraient, rétifs à la discipline, cheveux en bataille et allure débraillée, qui pourrait les obliger à tirer ? Alors est venu Perrin, un dur qui a fait l'Indochine, un rusé qui sait manipuler les hommes. Il n'est pas là pour les faire obéir, ce qui l'intéresse, c'est le groupe, ces hommes soudés par leurs idées, fussent-elles antimilitaristes. Il veut organiser un commando de chasse, libre à eux de le suivre, sinon ils seront dispersés dans différentes sections où ils devront bien accepter les ordres. Autant restés tous ensemble dans la même galère, ils suivront Perrin et se feront avoir, constatera plus tard Robert dit l'instit, quand une balle dans la jambe et pout tout horizon le plafond d'une grotte où ils auront trouvé refuge après une attaque, il réfléchira à leur situation. En attendant, le fusil en bandoulière et les mêmes chansons contestataires sur les lèvres, ils suivent Perrin dans les montagnes. Une première attaque les fera se servir de leurs armes, réfugiés derrière un rocher, dans un trou, la peur au ventre, ils tirent, d'abord n'importe où et puis ils visent et un jour, ils y prennent du plaisir.C'est facile de tuer un homme, une petite silhouette qui s'agite au loin et qui tombe, parfois c'est un enfant ou une femme, de la graine de fell de toute façon," les femmes et les enfants d'abord". Avant de quitter la France, ils entendaient les pères dirent, "ces petits gars, ils sont obligés de partir, mais des fils de prolétaires, ils ne tireront pas sur d'autres hommes".&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5225892174508016498" src="http://bp1.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SIYZPqgLQ3I/AAAAAAAAAG0/PZPC1XtzZ3Q/s400/p3.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Perrin savait, lui, que sous un uniforme, dans un pays qu'on ne connait pas, quand on se fait tirer dessus, c'est le groupe qui prime avant tout et que l'autre devient l'étranger forcément ennemi. Ils marchent en chantant mais le coeur n'y est plus, le danger toujours présent pouvant surgir à tout moment et n'importe où. Et le copain simplement à la traine, devient un copain enlevé ou mort. Alors on interroge le pauvre garçon qui se trouve là sur le bord de la route et qui ne comprend pas le français, qui ne peut rien dire, on le secoue, on le frappe à coups de pied et de poing, avec acharnement, déchainement de brutalité furieuse et incontrôlable chez ces non-violents d'hier.&lt;br /&gt;Ils traversent un village déserté qu'il faut fouiller et cette fille seule aussi dans une maison, il faut la fouiller de près, de trop près, un deuxième suivra pour être sûr, un viol ?évidemment ils l'ont forcé un peu, mais à l'un des deux, il lui semblera bien qu'elle lui a caressé la nuque avec la main, enfin peut-être ou simplement il a rêvé...!&lt;br /&gt;S'ils se font tirer dessus, c'est le village le plus proche qui subira les représailles. La population a deux heures pour évacuer, laissant là tout ce qu'ils possèdent avant qu'arrivent les chars. Au passage ils pillent, se partagent les pauvres richesses, les quelques bijoux. Plutôt dans leurs poches que dans celle d'un autre !Dans le civil, ils seraient des voleurs, des violeurs, des tueurs, des monstres de la pire espèce, leur dira Perrin, mais ici ils sont des militaires et n'est interdit que ce qui pourrait porter atteinte à l'unité du groupe. Lui, Perrin, il ne se considère pas comme un sadique.Il sait le paraître si c'est nécessaire.Il a dirigé une section, moitié appelés, moitié Harkis, l'un d'eux trahissait et transmettait des renseignements.Alors il l'a battu à coups de nerf de boeuf, puis il lui a ouvert le ventre de ses propres mains et deux Harkis ont versé du sel dans la plaie. Il n'y a pris aucun plaisir, c'était pour l'exemple, les autres devaient à la fois avoir peur et partager le souvenir d'avoir participer aux mêmes horreurs.&lt;br /&gt;Ils auront le temps de confronter leurs visions de cette sale guerre, bloqués dans une grotte après une embuscade :bilan, un mort, un blessé, l'instit et un prisonnier, Youssef. Pas d'hélicoptère pour les évacuer en plein putsch d'Alger.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5225893039863684258" src="http://bp2.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SIYaCCNC3KI/AAAAAAAAAG8/izc4FWZT_lc/s400/p1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Un seul d'entre eux résiste, Noël, dit Nono les mains blanches. Il ne s'est jamais servi de cette arme qu'il astique consciencieusement pour la rendre à l'armée dans l'état où on lui a confié, résiste au cynisme ambiant, sait encore trouver des gestes d'humanité. Quand ils rentreront au camp, Youssef le prisonnier sera attaché les bras en croix en plein soleil, exposé pour l'exemple devant la population, crucifié, ultime humiliation avant d'être exécuté."A quoi te fait-il penser ?" demandera Noël à celui qu'on appelle le curé, peut-être pour son passé de séminariste,"qu'il y a beaucoup de similitudes entre l'histoire des Juifs et des Arabes, le reste, c'est de la politique"répondra ce Ponce-Pilate de 1961.Et Noël ira donner à boire au prisonnier, dérangeant symbole de celui qui n'a pas voulu abdiquer, qui est resté fidèle à ses convictions.&lt;br /&gt;"Tu es pire que les autres, lui assénera Perrin, tu leur laisses faire le sale boulot, tu les laisses tirer à ta place pour te défendre en ayant la conscience tranquille, le véritable Ponce-Pilate, c'est toi."&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5225893693651655074" src="http://bp3.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SIYaoFwPmaI/AAAAAAAAAHE/xQapr0DbsSI/s400/p2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Cette nuit- là, Noël est de garde, il détache le prisonnier promis à la"corvée de bois "au petit matin et s'enfuit avec lui. Il déserte, retrouvant pour quelques heures sa liberté d'homme, liberté d'agir en accord avec sa conscience, quelques heures de liberté, quelques heures de fraternité avec Youssef, le prisonnier, celui qui devrait être son ennemi parce que d'autres en ont décidé ainsi. Ils ne parlent pas la même langue, communiquent par le regard et le sourire,une chaude communion dans cette humanité retrouvée, partagée.&lt;br /&gt;Pour le lieutenant Perrin, Noël qui était son échec devient l'homme à éliminer, à retrouver coûte que coûte. Pourtant quand Noël sera abattue d'une balle dans le dos par un enfant nomade, il utilisera sa mort de la façon la plus répugnante qui soit."La désertion de Noël, quelle que soit la façon dont on la juge, correspond à un geste humaniste"dira-t-il, n'en pensant pas un traitre mot mais en concluant qu'il ne fallait avoir aucune pitié avec cet ennemi fourbe, sournois, cruel. Tout est bon pour faire de ces hommes des machines à tuer.&lt;br /&gt;Les témoignages de six cents appelés, huit cents heures de film, pas un fait qui ne puisse être prouvé par au moins cinq personnes différentes, trente jours de grève de la faim du réalisateur pour que ce film sorte en salle. Pas d'effets spéciaux, de scènes spectaculaires de combat, l'atrocité ordinaire de la guerre vécue et racontée par des hommes qui ne voulaient pas la faire.La nausée.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-5264692608022276700?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/5264692608022276700/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/avoir-vingt-ans-dans-les-aursren.html#comment-form' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5264692608022276700'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5264692608022276700'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/avoir-vingt-ans-dans-les-aursren.html' title='Avoir vingt ans dans les Aurès(René Vautier 1972)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SIDzIJZDkwI/AAAAAAAAAGs/j6aXhHwjUXo/s72-c/affiche.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-725850120690735155</id><published>2008-07-13T16:55:00.005+02:00</published><updated>2011-06-14T13:48:44.570+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinema 2000'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Riklis Eran'/><title type='text'>Les citronniers (Eran Riklis 2008)</title><content type='html'>&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5222512706252278866" src="http://bp3.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SHoXouMhjFI/AAAAAAAAAFs/7CSS5sbYgFU/s400/18927433.jpg" style="cursor: pointer; float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle a eu sa part de malheur, Salma. Veuve, ses trois enfants partis, elle vit péniblement de sa plantation de citronniers,dans un village de Cisjordanie, avec pour tout aide un vieil employé qui a l'âge d'être son père. Pourtant, elle n'est pas au bout de ses peines, quand vient s'installer près de chez elle le nouveau ministre de l'intérieur israélien. Avec ce prestigieux voisin arrivent soldats, agents de sécurité qui s'empressent d'installer clôtures, mirador et caméras de surveillance. La paisible citronneraie de Salma devient une menace, un potentiel repère de terroristes, d'où décision d'abattre les arbres.&lt;br /&gt;Cette décision va révolter Salma, cette femme solitaire et silencieuse qui semble vivre dans le renoncement. C'est que ces arbres, ils ne sont pas seulement un moyen pour gagner sa vie.Ils sont ses racines,  ancrées, comme celles des citronniers, dans cette terre. Ils sont l'héritage que son père lui a transmis. Et entre deux rangées de citronniers, il y a ses rires et ses jeux de petite fille, ses souvenirs d'enfance, il y a son histoire à chaque âge de sa vie. Ils sont cette nature qui offre ses fruits à qui sait la respecter et en prendre soin et quel plaisir elle a, Salma, à cueillir ses beaux fruits d'or gorgés de soleil et quels gestes tendres et délicats elle a pour eux!. Quand des barrières de métal lui interdisent d'aller les soigner, elle souffre avec eux de les voir dépérir.Alors elle ira devant la justice puisque la loi l'y autorise, pour contester cette décision, avec l'aide d'un jeune avocat palestinien,Ziad, tout juste arrivé de Russie et chez qui les clients ne se bousculent pas.&lt;br /&gt;Elle va trouver une alliée inattendue en  Myra, sa nouvelle voisine, la femme du ministre, deux femmes qu'en apparence tout oppose, avec leurs modes de vie si différents, l'une ancrée dans la tradition quand l'autre a les deux pieds dans la modernité. Pourtant, elles vivent la même solitude, ont le même désir de sincérité tout en étant privées du droit de s'exprimer librement.&lt;br /&gt;Salma, cette femme digne et courageuse ne recevra pas d'aide des hommes de sa communauté mais sera blamée parce qu'elle se sera abandonnée à sa féminité retrouvée sous le tendre regard de Ziad. Mariée, elle l'est à vie à son défunt mari, dont le regard menaçant continue de l'observer depuis son portrait accroché sur le mur du salon.&lt;br /&gt;Myra, image de la femme libre à la vie facile dans sa somptueuse villa, n'est pas plus libre de sa parole. Quand elle prend fait et cause pour sa voisine et dénonce dans la presse l'absurdité de la situation, elle doit démentir. Elle ne pourra pas plus la rencontrer, ses faits et gestes étant perpétuellement contrôlés par les gardes du corps.&lt;br /&gt;C'est une subtile relation qui s'installe entre elles, regards échangés de part et d'autre du grillage. Elles n'iront pas jusqu'à se parler mais se diront avec les yeux leur rejet de l'hypocrisie et des faux-semblants,leur désir d'authenticité, leur refus de ce quotidien gangréné par l'absurde.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5222864520393005250" src="http://bp1.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SHtXnAAEGMI/AAAAAAAAAF8/LASiMG0qrxY/s400/18926223.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;&lt;br /&gt;Ses deux femmes cherchent dans leurs combats à être en accord avec leurs conscience, là où les hommes qui les accompagnent n'oublient pas leurs intérêts personnels. Le discours du ministre n'est pas le même en privé avec sa femme ou devant les micros et les caméras. Ziad, l'avocat de Salma qui brandit la cause de son peuple comme étendard  de sa lutte, profite de la notoriété ainsi acquise pour épouser la fille d'un notable et asseoir sa réputation d'avocat.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5222871668871114658" src="http://bp0.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SHteHGKDr6I/AAAAAAAAAGE/Km2Zbp-GfzM/s400/18926226.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Les citronniers, c'est une histoire humble qui ne prend pas partie tout en dénonçant l'inaptitude à communiquer, la haine aveugle de l'autre. C'est une histoire de solitude humaine parce qu'au delà du conflit politique inextricable, il y a des drames humains, des êtres dépossédés de leur vie par des décisions absurdes.A travers ce film, Eran Riklis  qui se veut avant tout citoyen du monde, pose cette question: est-ce que la vie des individus n'est pas plus importante que leur nationalité ou leur religion ?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-725850120690735155?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/725850120690735155/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/les-citronniers.html#comment-form' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/725850120690735155'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/725850120690735155'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/les-citronniers.html' title='Les citronniers (Eran Riklis 2008)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SHoXouMhjFI/AAAAAAAAAFs/7CSS5sbYgFU/s72-c/18927433.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-83517150439453148</id><published>2008-07-04T21:35:00.003+02:00</published><updated>2010-11-08T20:39:36.112+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Maxence Firmine'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><title type='text'>Le violon noir (Maxence Firmine)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SG58pmwX5bI/AAAAAAAAAFk/NTdAT9exnTU/s400/695560.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5219246072388904370" border="0" /&gt;La vrai musique est entre les notes .(Mozart)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Johannes Karelski allait le découvrir à cinq ans, quand il entendit un tsigane jouer du violon. Ce tsigane n'était pas un excellent violoniste, mais il possédait une force d'âme si intense, que chaque note arrachée à l'instrument semblait venir de son coeur.Il ne jouait pas un simple morceau de musique, il racontait sa vie. Il reconnut en Johannes un membre de son peuple, celui des âmes musiciennes, à la chaleur qu'il vit dans ses yeux.La musique, il ne faut pas seulement l'écouter, il faut savoir l'entendre.&lt;br /&gt;Depuis ce jour, Johannes Karelsky n'eut d'autre but dans l'existence que de changer sa vie en musique. Son âme était une partition inachevée qu'il déchiffrait chaque jour avec un peu plus de génie.Bien sûr, la musique est d'abord une passion exigeante à laquelle il se consacrait de l'aube au coucher du soleil et la virtuosité est le fruit du travail. Mais elle est aussi langage de l'âme, traduction de cette musique intérieure qui laissait Johannes des journées entières les yeux fermés à l'écoute de ses émotions.Et pourtant, il voyait le monde mieux que quiconque, car son coeur restait ouvert à la lumière.Il ne jouait pas avec ses mains, il jouait avec son coeur.&lt;br /&gt;Johannes devint un grand et célèbre violoniste.Il ne s'était pourtant jamais senti aussi seul que  depuis qu'il était connu de tous. Son rêve secret était de composer un opéra si sublime qu'il parlerait au ciel et s'adresserait à Dieu.&lt;br /&gt;Il avait des rêves et des projets plein la tête, mais ce n'est pas Johannes qui choisit sa vie, la guerre  décida pour lui.En cette année 1796, il fut enrôlé dans les armées napoléoniennes en pleine campagne d'Italie.Blessé, il joua du violon pour apaiser les souffrances des mourants. Guéris, il réintégra son régiment, celui des hommes robustes que les horreurs de la guerre avaient rendus insensibles.Les plaintes du violon, à leur rappeler qu'ils avaient une âme, leur furent insupportables.Ils le brisèrent.&lt;br /&gt;Lorsque son armée quitta le camp, Johannes fit partie des troupes d'occupation qui restèrent sur place.Il fut logé chez un vieil homme, Erasmus, un luthier qui avait trois passions, le violon, les échecs et l'eau de vie qu'il distillait avec amour.&lt;br /&gt;La musique les rapprocha. Elle était la véritable patrie d'Erasmus. Il s'en nourrissait, il la servait et à travers elle, il servait Dieu, cette musique qui ne ment pas, capable d'émouvoir aux larmes et de rendre la voix humaine inutile, qui fait le lien entre le monde terrestre et le monde céleste.Et peut-être que les dieux ne furent pas étrangers à leur rencontre.&lt;br /&gt;Dans cette belle ville de Venise qui est un songe posé sur le bord de la mer,le rêve scella leur amitié.Chaque homme possède sa part de rêve, en rêve tout est possible, le bonheur existe.&lt;br /&gt;Une femme avait traversé les rêves de ces deux hommes. Pour Johannes, elle était apparue une nuit sur un champ de bataille où blessé, il attendait la mort. Dans un froissement d'étoffes noires, elle lui offrit de l'eau pour le corps et un chant pour l'âme, un chant si parfait, si pur qu'il en oublia de mourir. Depuis, elle hantait ses nuits.&lt;br /&gt;Erasmus aussi, à vingt ans, avait été amoureux d'une femme à la voix cristalline et au corps de violon qui chantait une musique divine. Elle s'offrait à lui, mais quand il allait l'étreindre, femme,violon et musique disparaissaient.&lt;br /&gt;Ce fantôme de femme qui les habitait, qui traversait leurs nuits et s'évanouissait sans jamais se laisser enlacer, était à la fois leur inspiration et un idéal de perfection inaccessible, elle était un amour sublime, une passion sublimée.&lt;br /&gt;Pour Johannes, elle était la voix de son opéra, cette musique intérieure qu'il sentait croître en lui sans parvenir à la transposer sur le papier, cet opéra qui restait désespérement imaginaire.&lt;br /&gt;Un dimanche de Novembre, il l' entendit  dans une église vénitienne, une voix aérienne, fragile et belle. Cette voix était celle de son opéra et la femme inconnue à laquelle elle appartenait, possédait un peu de son rêve comme lui possédait un peu de son âme. Cette étreinte spirituelle fut comme une naissance, un accouchement d'une partie de son âme dans la douleur et le plaisir, un instant suspendu de béatitude où il atteignit la félicité divine, avant de retrouver, le chant terminé, l'affligeante solitude terrestre, l'absence et le manque, seul avec cette voix en lui et autour de lui qui une fois de plus lui avait échappé.&lt;br /&gt;"Vois-tu, les rêves, il faut finir par les briser. " lui dira Erasmus, quand Johannes se confiera à lui. Il faut attendre que le rêve se réalise pour en être délivré, il faut attendre que quelque chose se passe, ça s'appelle espérer et sans espoir, il n'y a pas de bonheur possible sur terre.&lt;br /&gt;Car le rêve est la source de la création  et pour la faire naître, il faut aller chercher sa part de rêve un peu partout dans le monde mais surtout en soi.&lt;br /&gt;Erasmus voyait dans la création une manière de servir Dieu et de rendre hommage à son oeuvre. Pour y parvenir, il fallait certes des dons et une volonté hors du commun, mais il fallait surtout ce supplément d'âme qui fait les génies ou les fous.&lt;br /&gt;Erasmus l'avait rencontrée un jour, la femme qui troublait ses nuits en la personne de Carla Ferenzi, la fille d'un comte vénitien qui lui avait commandé un violon. Dès qu'il l'entendit, il sut que c'était elle, la femme à la voix d'or et il tomba amoureux d'elle, connut un infini bonheur avant de comprendre qu'il ne pouvait l'aimer qu'en rêve. Pouvait-il espérer, lui humble luthier, l'amour d'une fille de comte ?Par orgueil et pour faire taire l'impertinence de ces gentilshommes qui courtisaient Carla et  méprisaient ce quelconque artisan, il fit cette promesse insensée de fabriquer le plus beau violon du monde, celui qui posséderait la voix de Carla.&lt;br /&gt;Des mois de travail pour réaliser son rêve le plus cher.Il s'inspira du corps de Carla pour trouver la forme parfaite, le noir de sa chevelure et de ses yeux lui fit choisir l'ébène comme bois et quand, pour la première fois, il joua du violon noir, il entendit la voix de Carla, mais plus encore, il lui sembla la tenir dans ses bras.&lt;br /&gt;Il ne lui offrit jamais ce violon, car dans le même temps, Carla tomba malade et perdit la voix.&lt;br /&gt;En réalisant son rêve, il l'avait tuée, il lui avait pris sa voix.&lt;br /&gt;Il n'y a rien de pire que d'avoir connu un grand bonheur une fois dans sa vie, connu un grand amour.Après, même une chose insignifiante devient un grand malheur.&lt;br /&gt;Erasmus ne joua plus jamais du violon noir,il mourut emportant avec lui le secret des grands violons du monde. En atteignant la perfection, il avait tué l'espoir dans sa vie.&lt;br /&gt;Johannes Karelsky mit trente et un ans pour écrire son opéra et lorsque la dernière mesure fut écrite, pour la première fois, il se sentit heureux, il avait accompli l'oeuvre de sa vie, il en avait fini avec cette histoire et peu importe que personne ne sut jamais qu'il avait eu du génie.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-83517150439453148?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/83517150439453148/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/le-violon-noir.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/83517150439453148'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/83517150439453148'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/le-violon-noir.html' title='Le violon noir (Maxence Firmine)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SG58pmwX5bI/AAAAAAAAAFk/NTdAT9exnTU/s72-c/695560.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-6225759197156751862</id><published>2008-07-04T21:24:00.003+02:00</published><updated>2010-11-08T20:40:15.549+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cohen Albert'/><title type='text'>Le livre de ma mère (Albert Cohen)</title><content type='html'>&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5219242081192694690" style="FLOAT: left; MARGIN: 0pt 10px 10px 0pt; CURSOR: pointer" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SG55BSZC06I/AAAAAAAAAFc/U-8gMUAgDKY/s400/9782070365616.jpg" border="0" /&gt;"Chaque homme est seul, et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette phrase est la première phrase du Livre de ma mère, comme il existe Le livre d’Esther, livre presque biblique célébrant la mère, pour calmer la douleur de la mère perdue, de l’enfance à jamais disparue, l’angoisse de la mort prochaine, seule certitude dans la vie, livre écrit pour ressusciter cette mère et cette enfance, retrouver devant la table cette chaleur de ventre, cette affectueuse sécurité.&lt;br /&gt;Ecrire ce livre, c’est offrir à sa mère une deuxième vie, à cette isolée, cette timide, parce que juive, parce qu’étrangère, aux yeux sur la défensive, habitée par la peur, raconter sa vie triste pour la venger, cette mère qui n’a rien choisi dans sa vie, acceptant docilement le mariage imposé, alliance contre la vie méchante plus qu’amour passionnel, servant son fils et son mari avec une humble majesté. C’est faire renaître dans sa simplicité le quotidien modeste de cette femme tendre, désordonnée, maladroite et inoffensive, son quotidien laborieux et obscure de naïve enfant, tisane, confiture et papiers dentelés, toutes ces choses dont sont faites un sublime amour.&lt;br /&gt;C’est exorciser sa culpabilité de l’avoir laissée mourir seule à Marseille, lui réfugié à Londres pendant la guerre, seule avec la misère, la honte, l’étoile jaune, culpabilité de n’avoir pas été plus présent, plus attentif à cette mère dont le seulbonheur était d’adorer son fils, culpabilité de l’avoir fait souffrir, d’avoir eu honte de son accent oriental et de ses fautes de français , terrible scène où elle pleure et s’excuse sous ses reproches, écrite avec tant d’intensité qu’elle brise le cœur en la lisant.&lt;br /&gt;Elle était aimante cette mère sans être possessive, plus chien fidèle qu’exclusive, avec cette bonté dans les yeux, l’attendant sans impatience, le regardant vivre sans exiger, prête à tout lui donner, si heureuse de son bonheur, elle qui disait que « les mères aiment que leurs fils soient supérieurs et même un peu ingrats, c’est signe de bonne santé. » Il a été ce fils attentionné, même s’il regrette de ne pas l’avoir été assez, à avoir su noter et restituer tous les petits détails de cette vie, toutes les menues expressions de cette femme, même s’il a fallu qu’elle meurt pour qu’il s’aperçoive que sa mère était un être humain autre que lui et avec ses souffrances.&lt;br /&gt;Pleurer sa mère, c’est aussi pleurer son enfance,cet enfant qu’il ne sera jamais plus pour personne, cet enfant qui meurt avec la mère, ce lien avec le passé, lien de filiation, fil rompu du destin. C’était une enfance isolée et solitaire, parce qu’ils étaient des étrangers pauvres, à la fois fiers et naïfs, n’ayant pas les ruses pour se faire des relations, ne comprenant rien au truc social et que leur faiblesse et leur timidité éloignaient des possibles rencontres. « Il ne suffit pas sur cette terre d’être tendre et naïf pour être accueilli à bras ouverts. ».Enfance en vase clos où mère et fils se consolaient dans une douce connivence de leur mutuelle solitude, se dissimulant qu’ils s’ennuyaient un peu parfois ensemble et qu’ils n’étaient pas suffisants l’un à l’autre.&lt;br /&gt;Peu de contact avec l’extérieur, un terrain de jeu qui se réduit à l’appartement, mais un univers chaud, silencieux, rassurant, où les armoires ouvertes étaient des royaumes mystérieux et odorants. Parce qu’évoquer cette enfance, c’est retrouver sa douce sécurité, celle qui protège le petit garçon qui s’endort en tenant la jupe de sa mère, des méchants, des haineux, des hargneux, ceux qui pensent qu’être doux veut dire être sans importance, ceux qui contraignent les tendres à faire semblant d’être méchants pour qu’on leur fiche la paix ou qu’on les aime.&lt;br /&gt;Quelle étrange chose que cette aventure humaine, quel étrange destin que celui de ces humains qui arrivent sur terre, bougent et s’agitent, vivant comme des immortels avec leurs ossements déjà préparés, le bois de leur cercueil existant déjà quelque part, qui rient en montrant leurs dents qui sontautant de petits bouts de squelette apparents ! La mort de la mère, c’est l’enfance qui s’éloigne et sa propre mort qui approche. Pauvres morts vite oubliés ! La vie est une farce, pourquoi toutes ces joies, ces peines, pourquoi toute cette agitation, ces efforts pour finir dans un trou, sous la terre comme si rien de cette vie n’avait existé. Tout est vain ! Et pourtant ce fils qui écrit sur sa mère morte en sachant que lui aussi va mourir, jouit de cette écriture et y puise joie et sentiment d’utilité. Et s’il ne comprend rien à l’humaine aventure, il veut continuer et vivre, même si c’est de plus en plus souvent seul, loin des vivants absurdement occupés, espérant sans y croire à une vie après la mort où il retrouverait sa mère.&lt;br /&gt;La mort est irrémédiable, plus jamais de maman, plus jamais de cet amour à nul autre pareil. Près de sa mère, pas besoin de faire l’adulte, l’important. Avec les autres, même les plus aimés, il faut paraître un peu, dissimuler, avec une mère il suffit d’être, avec ses angoisses, ses faiblesses, ses misères de corps et de l’âme. Forts ou faibles, jeunes ou vieux, les mères aiment leurs enfants et plus ils sont faibles et plus elles les aiment, amour qui divinise l’aimé.&lt;br /&gt;Ce fils qui était un dieu dans les yeux de sa mère se souvient dans ce livre, du regard de sa mère, de cette folie de tendresse, de cette divine folie, la majesté de l’amour, un regard de Dieu.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-6225759197156751862?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/6225759197156751862/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/le-livre-de-ma-mre-albert-cohen.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6225759197156751862'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/6225759197156751862'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/07/le-livre-de-ma-mre-albert-cohen.html' title='Le livre de ma mère (Albert Cohen)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SG55BSZC06I/AAAAAAAAAFc/U-8gMUAgDKY/s72-c/9782070365616.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-3523376454090267468</id><published>2008-06-22T17:13:00.004+02:00</published><updated>2011-06-14T13:49:18.824+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Naruse Mikio'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Le repas (Mikio Naruse 1951)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SosDeSYye_I/AAAAAAAAAco/p1gn9qnhLzo/s1600-h/nar.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5371390799436217330" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SosDeSYye_I/AAAAAAAAAco/p1gn9qnhLzo/s400/nar.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 300px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 200px;" /&gt;&lt;/a&gt;Que sont devenus les rêves de jeunes filles de Michiyo ? Mariée depuis cinq ans à Hatsunosaki qu'elle a épousé par amour, contre l'avis de sa famille, elle mène une vie monotone entre cuisine et salon. Elle a quitté Tokio pour cette banlieue étouffante d'Osaka où le travail modeste de son mari suffit à peine à les faire vivre. La vie est difficile dans ce Japon d'après-guerre où le chômage conduit vite à la misère. Accablé par ce quotidien pesant et ennuyeux, Hatsunosaki ne semble plus voir sa femme. Après ses longues journées de travail, il fume et lit le journal, ne relevant la tête que pour s'intéresser au repas. Pour tromper son ennui de femme délaissée, Mychio n'a pas, comme ses riches amies qui ont accepté les riches mariages arrangés par leurs parents, tous ces artifices qu'offrent une vie aisée et qui remplissent le vide des journées. Pas de bonne pour s'occuper de la maison et lui laisser du temps libre, pas d'argent pour organiser des diners, fréquenter les salons de thé, pas plus pour se montrer dans un nouveau tailleur ou un élégant kimono quand parfois le riz manque pour se nourrir, toutes ces futilités totalement dispensables mais créatrices de vie sociale dans cet univers étriqué de femmes. A elle, la solitude, les quelques mots échangés avec la voisine en rentrant du marché, la beauté usée prématurément par les tâches ménagères.&lt;br /&gt;Michiyo accepte avec fatalité ce quotidien amer de privations, même si son beau visage souriant se voile souvent de tristesse, jusqu'à l'arrivée de Satoko, la nièce de Hatsunosaki qui vient s'installer chez eux, dans leur foyer pauvre et exigu.Elle a vingt ans, elle est jolie et le sait, use et abuse sans scrupule de son pouvoir de séduction et ne vit que pour son plaisir avec un égoïsme obstiné.Voilà que sous le regard déconcerté de Michiyo, Hatsunosaki sort de sa torpeur, le désir fouetté par ce vent de jeunesse et de frivolité, voilà qu'il retrouve la parole et le sourire et  de l'argent pour sortir Satuko, subjugué qu'il est par ses mines charmeuses, ses flatteries vaniteuses,indulgent pour sa légèreté, sa coquetterie et sa paresse quand Michiyo n'en peut plus de trimer du matin au soir dans ses jupes usées sous l'oeil indifférent de son mari. &lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5214734601333708066" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SF51fbZvFSI/AAAAAAAAAFU/f0KC_Yg_qWM/s400/18684903.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Alors Michiyo part, un retour en arrière vers sa vie d'autrefois, cette vie de jeune fille, que sa mémoire idéalise,vie heureuse parce que l'avenir était un rêve où  l'amour tenait la plus grande place. D'abord retrouver la chaleur maternelle, et puis la complicité avec sa soeur, la douce prévenance de son cousin Haruko et leur amoureuse affection, ces êtres qui l'aiment et la voient et la fêtent, la vie animée de Tokio si différente de l'industrieuse Osaka,peut-être y retrouver un travail, quitter son mari et tout recommencer.&lt;br /&gt;Mais y a-t-il encore une place pour elle et ses espérances de jeunesse dans cette vie qui s'est organisée sans elle, est-elle si idyllique, cette vie ? Il y a bien des voix autour d'elle, et celle de sa mère en premier, pour lui faire entendre qu'elle doit retourner auprès de son mari, que sa famille ne peut prendre en charge la femme mariée qu'elle est aujourd'hui. La vie est dure et laborieuse pour tous, chacun doit suivre son chemin sans peser sur les autres. Quant à Haruko, l'attentif cousin , tout empressé qu'il est auprès d'elle, il ne se fait pas prier pour sortir avec la coquette Satuko. Tout est illusion !&lt;br /&gt;Quand son mari, lassé de sa vie sans sa femme-servante et la tendresse réveillée par son absence vient la chercher,  elle le suit, semblant rassurée d'avoir retrouvé la place qui lui était assignée parce qu'il n'y en avait pas d'autre possible. Dans le train qui les ramène vers Osaka et sa vie de recluse, elle pose un regard aimant sur cet homme qui est son compagnon de route et qui a vite repris ses habitudes d'indifférence avec cette femme qui est de nouveau sa propriété, en se disant que c'est peut-être ça le bonheur des femmes, marcher côte à côte avec un homme en cherchant le bonheur.&lt;br /&gt;Et cette voix off, qui nous rappelle que le scénario est adapté d'un livre de Hayashi Fumiko, n'est pas là pour livrer un message anti-féministe, mais un message de résignation. Pourquoi pas cette vie là plus qu'une autre ?Puisque le bonheur est une utopie,il faut simplement suivre cette voie que l'histoire de chacun, que l'Histoire dessine pour nous sans chercher ailleurs une félicité illusoire.C'est ce que fait Michiyo, soulagée de s'abandonner au destin et de renoncer à cette liberté de construire sa vie comme elle aurait aimé.&lt;br /&gt;C'est une observation attentive de la vie de ces compatriotes à laquelle se livre Naruse, dans ce film, un constat amer sur les rouages d'une société qui laisse peu de place à l'épanouissement personnel, qui distribue les rôles en fonction de ses besoins, aidée par des individus qui  préfèrent la rassurante servitude à l'angoissante liberté.&lt;br /&gt;Car s'il a fait de Michiyo le personnage central de son film, la vie des personnages qui l'entoure n'est pas plus libre ni plus enviable, toutes ces vies dont le désir s'est retiré derrière la contrainte.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-3523376454090267468?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/3523376454090267468/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/06/le-repas-mikio-naruse-1951.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3523376454090267468'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/3523376454090267468'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/06/le-repas-mikio-naruse-1951.html' title='Le repas (Mikio Naruse 1951)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SosDeSYye_I/AAAAAAAAAco/p1gn9qnhLzo/s72-c/nar.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-2639444301152260116</id><published>2008-06-13T21:35:00.005+02:00</published><updated>2011-06-14T13:49:54.127+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Leroy Mervyn'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1940'/><title type='text'>La valse dans l'ombre (Mervyn LeRoy 1940)</title><content type='html'>&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5211454131910223266" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SFLN6-fAJaI/AAAAAAAAAE8/5x--rDfWjR4/s400/affiche_Valse_dans_l_Ombre_1940_1.jpg" style="cursor: pointer; float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Est-ce le jeu du destin de faire se rencontrer les êtres pour mieux les séparer?&lt;br /&gt;Londres 1917, une alerte aérienne sème la panique sur Waterloo bridge.Un groupe de jeunes filles perdues, affolées, demande à un jeune capitaine de leur indiquer un refuge. Le sac de l'une d'elle s'ouvre, éparpillant son contenu sur la chaussée. Elle se serait faite écraser si le bras du capitaine ne l'avait retenue. La voilà isolée de ses compagnes ! Alors ne la lâchant pas, il l'accompagne jusqu'à l'abri.&lt;br /&gt;A l'intérieur, c'est la cohue,l'air est à peine respirable. Peu leur importe l'inconfort ! Dans cette foule oppressante, ces deux-là sont seuls au monde. Ils rient et bavardent comme s'ils se connaissaient depuis toujours.&lt;br /&gt;Fin de l'alerte. Elle doit rejoindre le théâtre où elle danse dans un ballet, il doit diner chez le colonel avant de s'embarquer demain pour la France.&lt;br /&gt;Roy n'est pas homme à se laisser manipuler par la fatalité. Ce fils de famille, cet enfant unique, adoré, gâté, n'a aucun goût pour le renoncement. Se dérobant au repas du colonel il court rejoindre celle dont le petit visage tendre et enfantin l'a tant ému. Elle, déjà séduite et vaincue par sa ténacité, accepte le rendez-vous et, désobéissant au dragon qui dirige le ballet d'une main de fer, le retrouve pour un diner en tête à tête. Ils ne se quittent pas des yeux, l'instant est magique. Pourquoi alors, garde-t-elle cet air triste et grave ?Elle sait que cet enchantement, que ce bonheur inespéré qui la submerge est éphémère et que les jours qui suivront seront d'autant plus amers qu'elle aura goûté à cette félicité. Contrairement à Roy, cet inaltérable optimiste qui voit dans chaque évènement du monde une source de bonheur personnel, elle a connu la pauvreté, les privations, le travail dur, la discipline, la perte d'êtres chers et la solitude. La vie l'a rendue méfiante quand lui la trouve  terriblement excitante. Ils se sont rencontrés sous les bombes ? Et alors ? Tout va plus vite, seraient-ils l'un en face de l'autre si ce n'était pas la guerre ?&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;-Est-ce le moment d'être heureux ? lui dira-t-elle&lt;br /&gt;-Pourquoi vivre, si ce n'est pour être heureux ?&lt;br /&gt;-On peut se poser cette question aussi.&lt;/blockquote&gt;Pour quelques heures encore, ils oublient le monde, il l'entraîne dans une valse, une valse dans l'ombre, à la lumière des bougies que chaque musicien a allumées devant lui et qu'ils vont éteindre tour à tour, jusqu'à ce que règne dans la salle le silence et le noir complice, instants suspendus où leurs lèvres s'uniront. Lorsqu'ils se quittent devant la porte de Myra, ils savent et qu'ils sont faits l'un pour l'autre et qu'ils ne se reverront sans doute jamais.&lt;br /&gt;C'est une Myra effondrée, accablée  par l'avenir de désolation qui s'offre à elle après l'irréel enchantement de la nuit, qui devine derrière cette pluie qui n'en finit pas de tomber,  la silhouette de Roy, Roy dont le départ a été reporté et qui veut l'épouser avant de partir. Quelle tornade que ce Roy dont le contagieux enthousiasme ne supporte pas d'être entravé. Myra se laisse emporter, mi-craintive, mi-fascinée par ce prince charmant de conte de fées qui veut faire de ses rêves une réalité,et qui l'entraine dans une course contre le temps pour obtenir toutes les autorisations nécessaires à leur mariage. Le destin une fois de plus se moquera d'eux, contre-ordre et Roy repartira, laissant Myra sans bague au doigt et sans travail qu'elle perdra pour sa conduite indécente. Commence alors pour Myra et son amie Kitty qui partage sa misère une longue descente aux enfers. Roy ne l'a pas oublié, Myra reste son rêve, mais sait-il l'aimer suffisamment pour imaginer sa détresse ?Il lui envoie de coûteuses fleurs que Kitty échangerait bien contre un gigot !Myra est bien trop fière pour demander de l'aide. Un soir de désespoir la ramène sur Waterloo bridge, elle a lu dans le journal que Roy était mort au combat, elle sait que Kitty se prostitue pour les nourrir. A- t-elle envie de se laisser glisser dans ses eaux noires qui se confondent avec le ciel ?Quand un homme l'interpelle, elle le suit, un pauvre sourire sur son visage de morte-vivante. Elle n'a plus de raisons de vivre, elle n'a pas eu le courage de mourir, alors elle survit, comme elle peut bradant sa dignité, le dernier bien qui lui reste au plus offrant.&lt;br /&gt;Le sort n'a pas fini de se jouer d' elle et avec une cruelle ironie, il lui fait croiser un Roy bien vivant, sur un quai de gare où elle cherche les clients, un Roy mort d'une simple erreur d'imprimerie, d'une coquille sur la page d'un journal qui a fait basculer leurs vies. Douloureux quiproquo des retrouvailles, elle pleurant leur amour détruit, sali, lui tout à la joie de la revoir, de parfaire ce bonheur qui lui semble du, qui est son quotidien, ignorant le malheur du monde pourtant si proche. Peut-elle l'épouser, oublier, lui cacher l'abjection des mois passés ?Il n'y a pas de loi pour l'amour, lui dira Kitty. Myra le laissera l'étourdir le temps d'un bal où elle se croira princesse, le temps d'une valse dans l'ombre avant que l'angoisse ne revienne, l'angoisse qu'il apprenne sa vie passée de cendrillon tombée dans le ruisseau et dans ce monde où il évolue et qui la regarde en pinçant les lèvres, il y aura bien une âme charitable pour la lui révéler.Quelle autre issue que la fuite, disparaître pour qu'il ne sache rien et comme la vie sans lui n'a plus de sens, revenir là où ils se sont croisés pour la première fois, sur Waterloo bridge, les voitures qui passent en tous sens et personne pour retenir son bras.&lt;br /&gt;1939, une autre guerre, une autre alerte, d'autres gens affolés et sur ce même Waterloo bridge, Roy, un peu plus vieux qui se souvient de sa rencontre avec le malheur.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-2639444301152260116?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/2639444301152260116/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/06/la-valse-dans-lombre-melvin-leroy-1940.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/2639444301152260116'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/2639444301152260116'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/06/la-valse-dans-lombre-melvin-leroy-1940.html' title='La valse dans l&apos;ombre (Mervyn LeRoy 1940)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SFLN6-fAJaI/AAAAAAAAAE8/5x--rDfWjR4/s72-c/affiche_Valse_dans_l_Ombre_1940_1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-8569554355584932619</id><published>2008-06-05T15:27:00.004+02:00</published><updated>2011-06-14T13:52:26.271+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Duvivier Julien'/><title type='text'>Voici le temps des assassins (Julien Duvivier 1956)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SorfEZx-U1I/AAAAAAAAAbw/hOiawNPuGzk/s1600-h/vlta.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5371350772325700434" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SorfEZx-U1I/AAAAAAAAAbw/hOiawNPuGzk/s400/vlta.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 291px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 220px;" /&gt;&lt;/a&gt;Dans le restaurant qu’il tient aux Halles, André Châtelin ne ménage pas sa peine,le verbe haut, houspillant les uns et les autres, cachant sa sensibilité sous ses airs bourrus. La cinquantaine, célibataire, il fait la cuisine avec générosité, aimant nourrir les autres, ne refusant jamais sa table au clochard du coin, protégeant Gérard jeune étudiant en médecine désargenté qu’il considère comme son fils.&lt;br /&gt;Quand Catherine débarque avec son air d’oisillon tombé du nid, il l’accueille, la prend sous son aile. Catherine, c’est la fille de Gabrielle, la femme qu’il a épousée quelques vingt ans auparavant et qui n’a fait que passer dans sa vie. Elle vient de mourir, laissant seule au monde et sans ressources cette enfant au visage d’ange. Elle est un peu cette fille qu’il n’a pas eue et aurait aimé avoir, il est tout heureux de la présenter à Gérard, lui aussi ému par la grâce délicate de cette jeune fille, heureux de s’entourer de cette famille tombée du ciel, de jouer les bons samaritains.&lt;br /&gt;Très vite le spectateur découvre la vraie nature de Catherine, nous faisant complices de son imposture. La frêle jeune fille cache en fait une garce déterminée. Sa mère n’est pas morte, elle se cache dans un minable hôtel parisien. Dans une situation déplorable, elles ont monté toutes les deux ce plan satanique pour plumer le naïf André. Catherine avec son attendrissante fragilité doit pouvoir séduire ce solitaire au cœur tendre et alors, à elles la belle vie ! Fini les logements sordides, la pauvreté, les amants de passage partagés entre la mère et la fille. Pour arriver à ses fins, Catherine est prête à tout, à tromper à trahir, à tuer, dure, insensible, machiavélique. Quand elle croise dans la rue un homme qui l’a autrefois aimée et qui la supplie de lui parler, elle poursuit sa route imperturbable, ne sourcillant pas quand il se jette devant elle sous les roues d’une voiture. Par ses mensonges, ses manigances, elle réussit à éloigner Gérard, le brouillant avec André, de façon à être seule dans la place et entreprend ses manoeuvres de séduction.&lt;br /&gt;Car si ces hommes ont une faiblesse, que ce soit Gérard ou André, le jeune ou le vieux, ces hommes pourtant droits et braves, c’est de se faire avoir par les femmes, de se laisser envouter par leurs mines, leur charme, leurs demandes de protection. A ce jeu là, Catherine est très forte, c’est que malgré sa jeunesse, elle a de l’expérience en matière de rouerie. Vaincu par le démon de midi, André l’épouse. Duvivier ne fait pas un portrait flatteur des femmes, pas une pour rattraper l’autre. Et les deux personnages de mère qui gravitent autour de Catherine, même s’ils sont en total opposition, ont en commun leur cruauté de sorcière La mère d’André est une femme sévère, dure avec elle-même et avec les autres, une femme qui n’a pas du connaître beaucoup le plaisir, une femme de devoir raidie dans sa robe noire, toute en rage contenue qu’elle fait passer sur les poules de son poulailler en les tuant à coups de fouet, ce même fouet qu’elle utilisera contre Catherine quand André la laissera sous sa surveillance, la traitant comme une poule avec cette envie de tuer celle qui lui a pris son fils. Elle n’a de tendresse que pour son fils, son bonheur, sa raison de vivre, même s’il fait de bien mauvais choix quand il s’agit de femme, et quand elle le voit son visage se transforme, transfiguré par l’amour. Elle déteste Catherine, comme elle a détesté Gabrielle, sa mère, la première femme d’André.&lt;br /&gt;Gabrielle, c’est tout son contraire, une femme vulgaire, blonde, maquillée, trainant toute la journée en peignoir, usée par les plaisirs, l’alcool, la drogue, paresseuse, pleurnicheuse, mais démoniaque, prête à vendre son âme au diable et celles des autres avec.&lt;br /&gt;Et les autres, ces femmes qui se croisent dans le restaurant d’André, jeunes ou vieilles, pauvres ou jeunes, toutes calculatrices, intéressées, perverses, grandes bourgeoises adeptes du saphisme ou offrant de couteux menus à leurs chiens, jeunes starlettes prêtes à vendre leur corps à de lubriques vieillards pour réussir, toutes respirent le vice.&lt;br /&gt;Le noir et blanc des images n’en finit pas de mettre en relief ce monde sombre et glauque et la noirceur des âmes qui se vautrent dans le sordide.&lt;br /&gt;Parce qu’André a des doutes, par peur d’être découverte et de perdre sa place au soleil, Catherine va s’enfoncer dans les complots et les duperies, prête à tuer André et assassinant Gérard.&lt;br /&gt;Alors elle mourra, comme une bête la gorge broyée par les crocs d’un chien, celui de Gérard.&lt;br /&gt;Faut-il en conclure qu’il vaut mieux faire confiance à un chien qu’à une femme, que le chien est le plus fidèle ami de l'homme ?&lt;br /&gt;Je me demande aussi quels comptes Duvivier avait à régler avec les femmes pour en faire un portrait si noir, toutes diaboliques pécheresses, mères, filles, femmes, amantes, amies, toutes filles d'Eve éternellement tentatrices, mantes religieuses dont le seul dessein semblait être d'utiliser les hommes.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-8569554355584932619?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/8569554355584932619/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/06/dans-le-restaurant-quil-tient-aux.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/8569554355584932619'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/8569554355584932619'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/06/dans-le-restaurant-quil-tient-aux.html' title='Voici le temps des assassins (Julien Duvivier 1956)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SorfEZx-U1I/AAAAAAAAAbw/hOiawNPuGzk/s72-c/vlta.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-1226320058306965385</id><published>2008-06-03T15:45:00.004+02:00</published><updated>2011-06-14T13:53:28.519+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Assayas Olivier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinema 2000'/><title type='text'>L'heure d'été (Olivier Assayas 2007)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5207651949324202338" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SEVL20lW8WI/AAAAAAAAACs/CmAQpFT1zGA/s400/18898050.jpg" style="cursor: pointer; float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt;" /&gt;Un dimanche à la campagne, une grande maison un peu délabrée où règne l’émouvant désordre laissé par les générations qui se sont succédées dans ses murs, meubles, objets disparates qui tous ont une histoire, sont porteurs de souvenirs. Autour d’Hélène (formidable Edith Scob), la mère, la famille s’est réunie pour fêter ses 75 ans. Les petits enfants se sont dispersés dans le parc, comme l’ont fait avant eux leurs parents et grands-parents. Le repas s’étire dans le jardin, à cette place où il ya eu tant d’autres réunions de famille, plaisir des retrouvailles dans une douce torpeur, en évoquant des vieux souvenirs. Les trois enfants d’Hélène sont là, ce qui est un évènement de plus en plus rare : Frédéric, l’aîné, prof à Sciences-po, Adrienne, designer qui gravite dans les milieux artistiques new-yorkais et Jérémy travaillant en Chine pour le compte d’une grande multinationale.&lt;br /&gt;Hélène profite d’un moment de solitude avec Frédéric pour lui parler de sa succession, car dans cette maison a vécu l’oncle d’Hélène, un peintre de renom, l’amour de sa vie, celui auquel elle s’est consacrée, avant et après sa mort, gardienne de sa mémoire, légataire de sa collection et de son œuvre.&lt;br /&gt;C’est la transmission le personnage principal du film. Qu’est- ce qui se transmet au-delà de la mort ?Que reste-t-il d’une vie, rien ou presque, Hélène le sait, avec elle disparaîtront des souvenirs, de secrets et tout ce travail pour maintenir l’unité de l’œuvre de son oncle, puisque la collection sera vendue au plus offrant, dispersée au quatre vents, ce travail qui est son œuvre à elle, si chargée de mémoire, mémoire de sa jeunesse, de ses jours heureux, source de son bonheur, sens de sa vie.&lt;br /&gt;Car c’est une partie de son âme qu’elle a laissé dans cette tâche, comme son oncle avait laissé un peu de son âme dans ses tableaux et ce décor où il aimait vivre, peindre.Rester dans ses murs pour Hélène, c’était une façon de prolonger le dialogue avec cet oncle adoré, avec son esprit. C’est tout une part de l’histoire et de la vie des êtres qui ont vécu ici, qui reste enfermée dans cette maison. Mais qui le sait ? Si l’âme disparaît, il ne reste que des objets.&lt;br /&gt;Quand Hélène meurt, apparait donc la douloureuse question de l’héritage, cet héritage, à la fois biens matériels transmis lors d’une succession, mais aussi tout ce que nous transmettent les parents et les générations précédentes même si cet héritage-là n’est pas quantifiable.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5207652651425960066" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SEVMfsHdkII/AAAAAAAAAC0/Kk1kabMS6fU/s400/18898063.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Pour Frédéric, l’aîné, celui qui est le trait d’union entre le passé et le présent, la question ne se pose pas. Ne rien toucher dans la maison et continuer à y passer des vacances, s’y retrouver. Là sont ses racines, son enfance, les traces de vie de sa mère, de sa famille, toute cette histoire qu’il veut pouvoir offrir un jour à ses enfants. Pour les deux autres, qui ont déjà quitté la vieille Europe pour construire une vie ailleurs et qui ont besoin d’argent, cette maison de famille sans leur mère n’a plus de sens. Alors ils vont vendre, et la collection et la maison.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5207654124398490594" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SEVN1bXes-I/AAAAAAAAAC8/m9JDY7DhJy4/s400/18831572.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Quelle est la vraie valeur de ces objets dont chacun a une histoire ? Les deux Corot qui se font face, dans l’entrée depuis tant d’années, fierté de la famille, offerts par le peintre lui-même au grand - oncle, peints dans un champ juste à côté de la maison où s’élève désormais un supermarché, ne sont pour le marchand d’art que « des sujets austères réalisés par un artiste mal identifié sur le marché de l’art ». Le bureau Majorelle, pièce rare que le musée d’Orsay convoite, si vivant encombré de papiers, décoré des fleurs du jardin, semble prisonnier, exposé dans une galerie au milieu d’autres meubles devant lesquels défilent les touristes sans s’arrêter, comme le vase Bracquemont qui semble fossilisé dans sa vitrine au milieu d’autres objets. Fréderic le sait bien qu’il y a dans les choses une autre valeur que marchande quand il offre à Eloïse, la fidèle employée de maison, l’autre vase Bracquemont, naïve Eloïse qui ne sait pas qu’elle a sous le bras une pièce de musée qui vaut une petite fortune, mais qui voulait juste une souvenir d’Hélène, y mettre des fleurs et penser à elle.&lt;br /&gt;Parce que comme écrivait Malraux, « tout œuvre est morte quand l’amour s’en retire. »&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-1226320058306965385?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/1226320058306965385/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/06/lheure-dt-olivier-assayas.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1226320058306965385'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/1226320058306965385'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/06/lheure-dt-olivier-assayas.html' title='L&apos;heure d&apos;été (Olivier Assayas 2007)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SEVL20lW8WI/AAAAAAAAACs/CmAQpFT1zGA/s72-c/18898050.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-8742760222169724416</id><published>2008-05-28T21:15:00.009+02:00</published><updated>2010-11-08T20:45:01.147+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Eliot George'/><title type='text'>Le Moulin sur la Floss (George Eliot)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sorbt2KNw-I/AAAAAAAAAbo/2-dmQRovlZs/s1600-h/floss.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 231px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sorbt2KNw-I/AAAAAAAAAbo/2-dmQRovlZs/s400/floss.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5371347086271693794" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jamais l'âme de Maggie ne s'est sentie chez elle sur cette terre, cette âme douée de cette capacité supérieure de ressentir le malheur et dont le besoin le plus fort était d'être aimée. Jamais ce besoin n'a été comblé chez Maggie, qui regrettait toujours de ne pas avoir agi comme il aurait fallu et dans ses yeux pleins d'intelligence, luisait un désir d'affection toujours insatisfait.&lt;br /&gt;Dès l'enfance, cette période où fleurissent les souvenirs, où s'enracinent profondément dans la mémoire, les tendres sentiments, les attachements aux lieux qui nous ont vus naître et grandir, sources de délicieuses réminiscences, dès l'enfance, Maggie connut le tourment de ne pas être comme elle aurait du être.&lt;br /&gt;Elle n'était pas la sœur aimée de Tom, le frère adulé, en tous points différent d'elle. Tom avait cet acharnement, cette patience et cette maitrise de soi qui permettent de se concentrer sur un seul projet et de le réaliser. Cette obstination sans faille le rendait dur avec les autres, borné, souvent injuste, il fuyait les émotions, devenant au fil du temps de plus en plus implacable. Sa sœur, qui avait connu prématurément la lutte continuelle entre ses impulsions intérieures et la réalité extérieure, l'exaspérait avec sa nature imaginative et passionnée, lui qui l'aurait voulue docile et respectueuse.&lt;br /&gt;Elle n'était pas la petite fille rêvée par la famille Tulliver, trop grande, trop brune, tellement moins gracieuse que la blonde et délicate Lucy, sa cousine, cette idéale de fille qu'enviait madame Tulliver et qui lui faisait porter des regards de regrets et de commisération sur la sauvage enfant qu'était la sienne.&lt;br /&gt;Elle n'était pas à sa place dans cette famille Dodson, famille maternelle construite sur les convenances et les conventions de ce monde, engluée dans la respectabilité et le devoir, où la morale se modelait sur les coutumes héréditaires, offrant une perspective de vie mesquine, étouffante, si loin des nobles aspirations de Maggie. Ici, pas de place pour le sublime, la passion, la connaissance, pas même pour la religion, réduite à une tradition familiale consistant à suivre l'exemple des paroissiens les plus riches. Maggie les aimait pourtant, elle était attachée à cette famille par les fibres de son coeur, elle y avait connu l'appartenance au clan, la chaleur du groupe.&lt;br /&gt;Pas de place non plus dans ce monde d'hommes pour cette Maggie qui avait soif de toutes les connaissances, si privée de lecture qu'elle lisait le dictionnaire, dans ce monde où on jugeait l'intelligence des filles superficielle, où leur instruction se limitait à acquérir les connaissances utiles à leur condition de maîtresses de maison.&lt;br /&gt;La vie sur cette terre n'était pas heureuse mais dure et cruelle, si dépourvue de cette indulgence et de cette affection qu'avaient les êtres dans le monde qu'elle aimait imaginer, des êtres qui manifestaient leur tendresse autrement qu'en vous critiquant. La monotonie de son existence obligeait Maggie à se reporter sur sa vie intérieure. Aspirant à une vie ardente, elle avait évolué entre rêveries, livres et réalité et avec sa précocité naturelle de jeune fille, elle était à la fois plus vieille que son âge mais dépourvue de prudence et de maîtrise d'elle même. Elle pensait que les difficultés de sa vie venaient de ce qu'elle avait été dotée de désirs plus grands que ceux que les autres semblaient éprouver et qu'elle devait supporter sans espoir, son attente d'accéder à ce qu'il y avait de meilleur et de plus élevé sur terre. Pourquoi ne pouvait-elle pas se satisfaire de l'ordinaire, du quotidien, se fixer un but comme Tom. Elle était si seule, Maggie avec ses désirs vifs et ses passions fortes et personne pour les partager ou les comprendre.&lt;br /&gt;Elle crut trouver une issue dans le renoncement, considérant sa vie comme une partie insignifiante d'un tout divinement dirigé, oubliant sa propre satisfaction, cessant de désirer pour ne plus penser qu'à supporter ce que la vie impose. Elle se jeta à corps perdu dans cette foi élaborée pour son propre usage personnel, avec orgueil et obstination, elle y trouva l'espoir qui l'aida à traverser ces années de solitude.&lt;br /&gt;Et puis il y eut Philip, le tendre ami d'enfance, celui qui s'intéressait à tout ce qu'elle disait alors que personne d'autre ne l'avait fait auparavent. Cette relation qui aurait pu être bonne et irréprochable, leur était injustement interdite parce que leurs pères étaient ennemis. Ils auraient pu passer outre, mais Maggie ne pouvaient se résoudre à blesser ceux qu'elle aimait, son père en particulier. Pourtant, n'est-il pas vain, ce sacrifice qui se fait pour une personne au détriment d'une autre ? Avec Philip, elle pouvait avoir des livres, de l'affection, de la conversation, avoir accès à cette culture dont elle était privée. Mais l'émulation connue avec lui, l'éloignait de la patiente résignation et la jetait à nouveau sous la tutelle de ses désirs sans fin. Rencontrer Philip en secret, c'était aussi accepter la duplicité, perdre la transparence et la simplicité de sa vie, même si c'était les mauvais sentiments des autres qui rendaient ces mensonges nécessaires. Philip, c'était le frère qu'elle aurait aimé avoir, qui, mieux que Tom aurait su l'aimer, à la fois protecteur et professeur, voulant sortir Maggie de sa résignation, de l'engourdissement de rester dans l'ignorance de ses facultés, Philip, que son intense sensibilité et les souffrances physiques et morales imposées par sa difformité, avaient contraint à fuir la médiocrité des hommes et à ne voir de salut que dans un talent exceptionnel ou une exceptionnelle passion amoureuse. Cette passion, elle avait pris le visage de Maggie.&lt;br /&gt;C'est Tom qui allait mettre fin à cette douce et pourtant culpabilisante relation, de la façon la plus cruelle qui soit, menaçant Philip, se servant de son infirmité pour l'insulter. Il était si sûr d'avoir raison, Tom, raidi dans son carcan de valeurs jamais remises en questions,si imperméable au doute et aux souffrances de sa soeur.&lt;br /&gt;La vie terrestre était donc cette éternelle lutte où il fallait combattre ses propres passions et celles des autres, si loin du repos et de l'harmonie espérés. Maggie ne pouvait que se soumettre à son frère parce qu'il était un homme et avait, lui seul, les moyens d'agir dans le monde, mais dans son cœur, elle ne se soumettait qu'à ce qu'elle trouvait juste.&lt;br /&gt;Dans la haute-société qu'elle fréquentait dans le sillage de sa cousine Lucy, Maggie ne trouva pas sa place non plus. Habituée à une vie humble et modeste, elle avait la fierté de la pauvreté qui refuse d'avoir honte d'elle-même.Elle ne savait pas se fondre dans le jeu social, avait tendance à ne pas être d'accord avec les remarques de la bonne société, ce qui gênait le cours normal de la conversation. Elle n'aurait jamais parlé sans penser ce qu'elle disait, alourdissant de sentiments excessifs les incidents les plus banals, refusant les compliments, ce qui lui donnait parfois une certaine gaucherie et un air déraisonnable et ce d'autant plus qu'elle était dépourvue de ces airs de coquettes qu'affectaient habituellement les femmes.&lt;br /&gt;Maggie ne pouvait vivre dans la dépendance, préférant un travail ingrat  à la vie étriquée de demoiselle que lui proposait sa famille. Et si le monde lui avait permis, elle aurait voulu se construire un univers hors de l'amour, comme le font les hommes, parce que pour elle, à l'amour, s'était toujours mêlée la souffrance.&lt;br /&gt;Elle allait la connaître encore cette souffrance, lorsqu'elle passa quelques mois chez Lucy, la radieuse et gentille cousine à la vie facile et douce, qui voulait rendre Maggie heureuse, lui offrir une parenthèse enchantée dans sa triste vie. Le contraste entre sa vie passée de privations, de journées sans joie remplies de travail ingrat et cette vie de plaisirs futiles et éphémères sans cesse renouvelés rendit son renoncement satisfait insupportable."Elle sentait la présence d'un monde d'amour, de beauté, de délices fait d'images vagues et mélangées tirées de tous les romans qu'elle avait jamais lus." Elle retrouvait les combats du passé, aspirant à une vie intense et variée, à profiter de tous les luxes avec ardeur, maintenant qu'ils étaient à sa portée. En lui faisant rencontrer Stephen, le fiancé de Lucy, la vie lui révélait quelque chose de nouveau, d'inconnu et de fort. Si avec Philip, elle avait connu une affection tendre et tranquille faite de conversations paisibles, si elle avait pour lui une tendresse de femme, un sentiment sacré où elle trouvait refuge, avec Stephen, elle devait lutter contre son influence séduisante. Lorsqu'ils se retrouvaient seuls, ils sentaient le poids de la présence de l'autre jusqu'au bout des ongles. Lorsqu'ils arrivaient à rester loin l'un de l'autre, ils étaient comme un malade qui a réussi à se passer d'opium. Maggie subissait cette situation, sans avoir la force d'y réfléchir, même si au fond d'elle même, elle savait qu'elle n'aimait pas Stephen de toute son âme.&lt;br /&gt;Torturée par cet amour interdit et scandaleux, Maggie se tordait de douleurs, ballotée par ses passions. Pouvait-elle s'abandonner à ce courant si doux sans plus avoir besoin de se débattre ?Fallait-il suivre ses sentiments les plus forts, même s'ils s'opposaient aux liens que le passé a tissés pour nous, aux liens qui font que d'autres dépendent de nous ? Pourquoi l'amour n'est-il pas le signe que deux personnes doivent s'appartenir et pourquoi la vie nous crée-t-elle des devoirs avant de nous le faire rencontrer ?Peut-on chercher son propre bonheur en sacrifiant les autres ? Maggie savait qu'elle paierait d'une souffrance éternelle sa trahison envers Philip et Lucy et qu'elle empoisonnerait son amour pour Stephen. Mais la constance sans amour avait-elle un sens, se donner à d'autres sans le désirer, par engagement, par fidélité, n'est-ce pas faire le malheur de tous ? Pourquoi, quand la plénitude de l'existence s'offrait à elle, devait-elle y renoncer pour que d'autres en profitent ?&lt;br /&gt;Difficile de trouver son chemin dans l'obscurité de la vie. Restait pour la guider, cette lumière, ce pressentiment divin de quelque chose de plus élevé que le plaisir personnel et qui faisait la sainteté de la vie. Nous ne pouvons choisir le bonheur, ni pour nous -même, ni pour les autres, seulement choisir entre jouir du moment présent ou y renoncer. Avec son éternel balancement entre passion et devoir, la vie est mystérieusement complexe et il n'existe pas de réponse passe-partout pouvant convenir à tous les cas. Vouloir la réduire à quelques règles générales, s'en tenir à des jugements moraux faux et trompeur, juger les autres sur leurs résultats sans tenir compte du chemin parcouru, ne peut conduire qu'à l'injustice et à l'erreur. Etre humain,c'est ne pas se sentir grandi personnellement en condamnant les autres mais au contraire s'aider mutuellement à rester debout et à avancer.&lt;br /&gt;Que Maggie soit une victime de son époque et de la société dans laquelle elle vivait, c'est certain. J'aime voir en elle aussi une héroïne  intemporelle. Aurait-elle été plus heureuse aujourd'hui ? Pas sûr! Plus libre de mener sa vie comme elle l'entendait, plus indépendante, certainement. Mais toujours déchirée par ses passions, fuyant les faux-semblants, les demi-mesures, les compromis. Être en accord avec elle-même, avec sa conscience, un rude combat de tous les instants, perdu d'avance.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-8742760222169724416?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/8742760222169724416/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/05/le-moulin-sur-la-floss-george-eliot.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/8742760222169724416'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/8742760222169724416'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/05/le-moulin-sur-la-floss-george-eliot.html' title='Le Moulin sur la Floss (George Eliot)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/Sorbt2KNw-I/AAAAAAAAAbo/2-dmQRovlZs/s72-c/floss.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-5983137563071101462</id><published>2008-05-28T01:35:00.006+02:00</published><updated>2011-06-14T13:54:46.820+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Wilder Billy'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1940'/><title type='text'>Assurance sur la Mort (Billy Wilder 1944)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5205206195459151282" src="http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SDybdNcBVbI/AAAAAAAAACE/meMxIfEZT50/s400/affiche.jpg" style="cursor: pointer; float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt;" /&gt;C’est une histoire qui finit mal, on le sait dès le début du film, quand Walter Neff arrive au cabinet d’assurances où il est courtier, blessé et visiblement mal en point, pour laisser sa confession sur le dictaphone de son patron. Neff est coupable d’un meurtre, il a tué pour de l’argent et pour une femme et il n’a eu ni l’un ni l’autre. A partir de là, le film est un long flash-back  expliquant pour quoi Nef en est arrivé là.&lt;br /&gt;La femme, on devine tout de suite qui elle est, le jour où Neff sonne à la porte de cette somptueuse demeure de style espagnole pour placer ses assurances-auto. Dès qu’il l’aperçoit, en haut de l’escalier, cachant sa nudité sous un drap de bain, son coup de sonnette ayant interrompu sa séance de bronzage, il est séduit et le montre. La caméra et les yeux de Walter s’attardent longuement sur les jolies jambes et les fines chaussures  qui descendent l’escalier, jambes qu’elle sait si bien croiser et décroiser, toute alanguie dans un canapé en face de Neff. S’engage entre eux un étonnant dialogue, chargé de sous-entendus, où elle feint de repousser les avances de Walter, alors que tout dans leurs corps, leurs regards, les expressions de leurs visages semblent dire le contraire et exprimer  la magnétique attraction qu’ils ressentent l’un pour l’autre.&lt;br /&gt;L’entretien se termine sur une promesse de rendez-vous en présence du mari, qui bien sûr le jour dit est absent. Ce soir-là la belle en dévoile un peu plus sur ses intentions. Jouant  l’épouse prévenante et inquiète pour son mari, elle souhaite souscrire une assurance-vie pour lui sans qu’il le sache évidemment . Neff, qui n’est pas né de la dernière pluie, voit tout de suite où la dame veut en venir, l’assurance signée, éliminer le mari et toucher la prime.&lt;br /&gt;La suite est un jeu de dupes qui de traîtrise en trahison, de mensonge en tromperie, maintient jusqu’au bout le suspens sur les véritables rouages de cette affaire dont on connaît la fin.&lt;br /&gt;Walter Neff est un brave garçon, jovial, sympathique, intelligent, mais qui a voir passer sous son nez toutes ses fortunes, à être témoin de toute ces escroqueries, aimerait bien aussi avoir sa part du gâteau. Sa rencontre avec Phyllis Dietrichson est l’élément décisif qui va l’inciter à  donner forme à ces idées qui le taraudent depuis longtemps. Il n’est pas la pauvre victime d’une femme sans scrupule, il est un homme ordinaire qui bascule dans le crime par appât du gain.&lt;br /&gt;Le premier berné, c’est le spectateur. On peut se laisser émouvoir quelques instants par cette Phyllis, qui un soir de pluie vient trouver refuge auprès de Walter pour échapper à un mari violent et alcoolique, personnage d’ailleurs fort peu sympathique. On peut penser encore qu’un brutal coup de foudre les a  jetés dans les bras l’un de l’autre.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5205206431682352594" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SDybq9cBVdI/AAAAAAAAACU/JT7Sjtrk77o/s400/1203028405_18823855_w434_h_q80.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;C’est décidé, Walter aidera Phyllis à contracter cette assurance sans l’accord de son mari, et poussera même la conscience professionnelle jusqu’à éliminer le mari. L’affaire est montée avec minutie, préparée dans les moindres détails, le sang-froid et la détermination de l’un et de l’autre venant à bout même des imprévus de dernière minute.&lt;br /&gt;C’est dans la voiture que Phyllis conduit, son mari à côté d’elle et Walter caché à l’arrière qu’aura lieu le meurtre auquel on assiste sans le voir, géniale scène, la caméra braquée sur le visage de Phyllis , transfigurée par un bonheur extatique à entendre le dernier souffle de son mari, meurtre qui sera ensuite maquillé en accident de train.&lt;br /&gt;Le crime était presque parfait , mais c’était sans compter sur les soupçons de Keyes, le patron de Walter qui pressent le meurtre mais sans pouvoir imaginer une seule seconde que Walter est impliqué dans l’affaire, sans compter sur les soupçons de Lola, la belle-fille de Phyllis, la fille de la victime, qui suspecte déjà Phyllis d’avoir tué sa mère dont elle était alors la garde-malade, sans compter sur l’intégrité d’un inattendu témoin qui ne reconnait pas dans la victime le monsieur Dietrichson croisé dans le train./&lt;br /&gt;Envolée la passion entre Walter et Phyllis! Devant le mauvais tour que prend l’affaire, chacun cherche à tirer son épingle du jeu, même si pour cela il doit piétiner l’autre. Pas de regrets, pas de culpabilité, c’est la cupidité qui les anime, la perfidie qui les fait avancer. Walter sort avec Lola pour la distraire et l’empêcher de parler pendant que Phyllis rend jaloux le fiancé de Lola, extrêmement impulsif, espérant qu’il vengera son honneur en tuant Walter et peut-être même Lola, la débarrassant  de ces deux gêneurs. Tous s’observent, s’épient, se piègent.Dans chaque relation, il y a manipulation.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5205206513286731234" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SDybvtcBVeI/AAAAAAAAACc/Xs7fc9RT_VQ/s400/1203028614_18823872_w434_h_q80.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Tout est bien qui finit mal. Walter tue Phyllis qui lui a tiré dessus, dans une scène d’une tension extrême où on se demande qui sera la proie de l’autre.Et quand à son tour il s’effondre auprès de Keyes qui l’a enfin démasqué, Keyes cet ami qu’il a, lui aussi, roulé sans remord,  vaincu, il allume une dernière cigarette, la cigarette du condamné.&lt;br /&gt;Oui, tout finit mal, tout est noir et pessimiste, dans ce film fascinant que Woody Allen considère comme le plus grand film jamais tourné.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-5983137563071101462?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/5983137563071101462/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/05/assurance-sur-la-mort-billy-wilder.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5983137563071101462'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/5983137563071101462'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/05/assurance-sur-la-mort-billy-wilder.html' title='Assurance sur la Mort (Billy Wilder 1944)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SDybdNcBVbI/AAAAAAAAACE/meMxIfEZT50/s72-c/affiche.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-8560512238859916621</id><published>2008-05-23T02:05:00.004+02:00</published><updated>2011-06-14T13:55:56.824+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Gavras Julie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinema 2000'/><title type='text'>La Faute à Fidel (Julie Gavras 2006)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5203358066736715170" src="http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SDYKl9cBVaI/AAAAAAAAAB8/48WpGR329eI/s400/18688592.jpg" style="cursor: pointer; float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt;" /&gt;Après avoir revu récemment, Missing, palme d’or 1982, un admirable film de Costa-Gavras, enquête sur la disparition d’un américain au Chili, pendant le coup d’état de septembre 1973, l’envie m’est venue de voir le film de sa fille Julie, qui se déroule à la même époque, regard d’une petite fille sur le monde parfois incohérent des adultes.&lt;br /&gt;Anna est une petite fille heureuse et insouciante dont la vie va être bouleversée par l’arrivée de sa tante, venue d’Espagne, la soeur de son père. Son mari, un militant communiste, a été arrêté et tué. Anna voit d’un mauvais oeil, cette tante et sa fille, Pilar, s’installer chez eux, ne comprend pas pourquoi son père, avocat, ne peut pas intervenir pour qu’elles rentrent chez elle, se dit impuissant devant les lois de ce pays, elle ne comprend pas non plus pourquoi son père va  plonger, d’un coup, dans une crise existentielle. Fernando a fui son pays, sa dictature, sa famille franquiste, pour une confortable vie en France, avec Marie, issue d’une famille bourgeoise. L’arrivée de sa soeur, qui elle a continué le combat, ravive sa culpabilité et sa sensibilité militante. Après un voyage au Chili, il décide d’apporter ses compétences au gouvernement d’Allende.&lt;br /&gt;C’est quoi être communiste, se demande Anna , ce sont des barbus rouges, qui m’ont pris ma maison et m’ont chassée de mon pays, lui dit Philoména , sa nounou cubaine qu’elle aime tant, ce sont des gens qui veulent partager les richesses du monde, de manière équitable, entre tous, lui expliquent les copains de ses parents, qui passent leurs nuits dans leur salon à refaire le monde, ce sont des gens comme tout le monde mais surtout des pauvres, qui veulent tout, nos maisons, nos richesses et même les jouets des enfants, lui dit sa grand-mère, dans sa belle propriété viticole du Bordelais.&lt;br /&gt;Dans l’immédiat, l’engagement politique de ses parents, se traduit surtout par des changements dans la vie d’Anna, qu’elle subit sans en comprendre l’intérêt. Comme son père quitte son travail et que les rentrés d’argent sont moindres, exit la belle maison et son grand jardin, exit Philoména  la tendre nounou, parce que  les parents d’Anna ne peuvent plus payer son salaire. La famille se serre dans un petit appartement, les baby-sitters se succèdent, ses parents n’ont plus le temps, ne sont plus jamais là, plus de dimanche tous ensemble. Pire il reproche à Anna son individualisme, son égoïsme, là où il n’y a que réaction d’une petite fille dépassée par les évènements, à qui on demande une maturité qu’elle n’est pas en âge d’avoir, et surtout d’être à l’image de ce que ses parents attendent d’elle pour flatter leur égo, digne prolongement de ce qu’ils sont. Pour lui faire découvrir l’esprit de groupe, ils l’entraineront dans une manifestation anti- franquiste, où elle fera connaissance surtout avec le dos des manifestants (très bien suggéré par cette caméra à hauteur des yeux d’Anna), les gaz lacrymogènes et la bousculade. Sa mère l’emmènera au planning familial où elle entendra parler avortement et femmes en détresse.Pour lui apprendre la vie, la sortir de cette bourgeoise éducation qu'ils lui ont donnée dans un premier temps.&lt;br /&gt;Il y a une chose sur laquelle Anna n’a pas voulu céder, c’est son école, elle a voulu y rester dans cette école catholique dirigée par des sœurs et que ces parents avait choisie pour elle, avant qu’ils ne changent d’idée. Elle le pourra  mais sera dispensée de catéchisme, ce qui l’isolera de ses camarades, faisant d’elle une marginale involontaire, celle dont les parents sont des « beatniks-hippies ».Ce que Anna préfère dans le catéchisme, c’est la genèse, la création du monde, pourtant c’est une autre version que lui révèle sa baby-sitter grecque qui lui fait découvrir la mythologie, autre version encore avec la baby-sitter vietnamienne, et pour son grand-père, fervent catholique à qui elle fait part de ses découvertes, les gens dans l’antiquité croyaient n’importe quoi, la vérité, c’est dans la bible.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5203357955067565458" src="http://3.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SDYKfdcBVZI/AAAAAAAAAB0/BXmJoWvfP50/s400/18680388.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Voilà la grande question que se pose Anna, où est la vérité si chaque adulte à sa vision des choses, est persuadé d’avoir raison, qui faut-il croire, comment savent-ils qu’ils ne se trompent pas ? Elle, ce qu’elle voudrait c’est retrouver sa vie d’avant, dans leur grande maison où elle pouvait recevoir ses copines, quand ses parents riaient et avaient du temps pour l’écouter,quand elle se sentait en sécurité auprès des adultes et leur faisait confiance.&lt;br /&gt;Bien sûr, il y a des moments de joie, quand Allende gagne les élections, c’est la fête chez elle. Et des moments de tristesse, quand son père regarde à la télé, les images du coup d’état au Chili, dernières images du film, premières images de Missing, celles des chars dans les rues de Santiago, ces images qui émeuvent tant Julie Gavras, parce que Missing, c’est le premier film de son père qu’elle a compris.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-8560512238859916621?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/8560512238859916621/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/05/la-faute-fidel-julie-gavras.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/8560512238859916621'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/8560512238859916621'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/05/la-faute-fidel-julie-gavras.html' title='La Faute à Fidel (Julie Gavras 2006)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SDYKl9cBVaI/AAAAAAAAAB8/48WpGR329eI/s72-c/18688592.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-7917926616637588668</id><published>2008-05-22T20:04:00.005+02:00</published><updated>2010-11-08T20:47:39.025+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Les Livres'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Schwartz-Bart André'/><title type='text'>Le Dernier des Justes (André Schwartz-Bart)</title><content type='html'>&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SDW22dcBVVI/AAAAAAAAABQ/Y1kZ7KoNSJA/s1600-h/dernierjustes.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0pt 10px 10px 0pt; FLOAT: left; CURSOR: pointer" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5203265991227823442" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SDW22dcBVVI/AAAAAAAAABQ/Y1kZ7KoNSJA/s400/dernierjustes.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;"Nos yeux reçoivent la lumière d'étoiles mortes."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que la vie d’un homme s’inscrit dans l’Histoire et dans son histoire, dans celle de sa famille et de ceux qui l’ont précédé, avant d’en arriver à la vie d’Erny Levy, le livre commence par le récit étrange et fabuleux, presque biblique de la vie de ses ancêtres, depuis le massacre de Rabbi Tom Levy et de sa communauté à York en 1185, et de cette légende des Justes, qui accompagne cette lignée de Lévy.Selon elle, l’équilibre du monde repose sur trente-six Justes, les Lamed-waf, « cœur multiple du monde »,dans lequel se déversent toutes les souffrances des hommes, et « s’il venait à en manquer un seul, l’humanité étoufferait dans un cri . » Dieu, pris de pitié pour la souffrance de Yom Tov, accorde à sa descendance la grâce d’un Juste par génération.&lt;br /&gt;Plusieurs siècles de persécution, de martyre, de douleurs, d’errance, d’exil à la recherche de la paix avant d’arriver à Ernie Levy, fils de Benjamin, fils de Mardochée. Parce qu’il a bien fallu donner un sens à toute cette souffrance absurde pour ne pas devenir fou, Mardochée y voit, la volonté de Dieu, et il est tout habité de cette résignation qui va avec, « puiqu’ils sont le tribut de souffrance que l’homme verse à Dieu », « puisque ni le fer ni le feu ne les soustrairont aux mains de Dieu », »puisque le cœur juif doit crever mille fois pour le plus grand bien des nations », « puisque les méchants servent les desseins du Seigneur, tout ce qui arrive est une punition » et « puisque le mal est partout, alors pourquoi vouloir lui échapper ? »&lt;br /&gt;Mais en ce XXème siècle, où la famille Lévy a fini par s’installer en Allemagne, Ernie ne consent pas à voir, comme son grand-père, un miracle dans chaque évènement, triste ou heureux, de la vie. Déjà Judith, la grand-mère, souhaite que « Dieu cesse de les miraculer comme ça ! » Benjamin, le fils, voit plus les Juifs « comme la proie des méchants, que servant la glorification du Seigneur. »Le naïf et pur Benjamin, cet obscur petit tailleur qui voulait si fort s’intégrer, espérant qu’on décèlerait sous l’enveloppe juive, cette nature humaine universelle, si pauvre et pourtant considéré par les ouvriers allemands, qui habitent le même quartier, comme le plus noir des capitalistes, accusé de manger le pain des allemands alors qu’il voulait juste partager un peu de bonheur humain..&lt;br /&gt;Quant à Ernie, le doux, cet enfant si sensible, différent, intelligent, stigmatisé dès l’enfance parce que Juif, brimé, persécuté par les autres, accusé de mille maux, il se demande ce qu’il a bien pu faire, lui et les siens, pour qu’on leur en veuille autant. Tout petit, il vit avec cette peur au ventre, du seul fait d’exister, « si seul ,si petit, si peu important », lorsqu’il va à la synagogue, serrant la main de son petit frère et qu’à chaque coin de rue, le danger peut surgir, danger contre lequel personne ne le protègera, peur si bien décrite, si bien écrite qu’on la partage avec lui dans chaque mot, Ernie qui déteste la violence, qui humilié par les autres enfants et le nazi qui lui sert d’instituteur, ne voit d’issue que dans le suicide, Ernie le juste, (le Juste), écrasé par tant de souffrance qui décide de réagir et de se battre pour défendre les siens et qui n’y arrive pas parce qu’il ne peut se résoudre à la haine et parce qu’il prend son adversaire en pitié.&lt;br /&gt;Quand tous les siens disparaissent, envoyés dans les camps, Ernie, puisqu’on lui refuse le statut d’homme, veut devenir chien, cultivant en lui les plus bas instincts, seulement attentif à combler ses besoins les plus primaires, être une bête pour ne plus souffrir, oublier ce que c’est d’être un homme, oublier ce que c’est d’être juif.&lt;br /&gt;Mais la compassion le rattrape. Cette compassion que son grand-père qui voit en Ernie le Juste de cette génération de Lévy, ce Juste qui devine tout le mal qui se tient sur terre et qui le prend dans son cœur, c’est cette compassion donc que Mardochée lui explique quand il est enfant, cette petite clé qui permet de comprendre le monde des âmes et leurs misères secrètes et pour cela il faut se faire tout petit et s’oublier soi-même pour saisir tous les êtres vivants dans une même affliction, mais en prenant bien garde de ne pas glorifier cette petitesse pour ne pas tomber dans l’orgueil.&lt;br /&gt;C’est cette compassion-là, enfouie au plus profond de lui-même mais toujours présente, qui va lui faire quitter sa vie de chien pour rejoindre les siens, ce qu’il en reste et partager leur destin tragique, s’étonnant au passage que Dieu ne les ait pas encore lassés.&lt;br /&gt;Pendant ces quelques années de la vie d’Ernie Lévy, le nazisme va progresser, s’installer en Allemagne puis en Europe, mettre au point et perfectionner son système d’anéantissement, d’abord repérant ce bétail humain indésirable, le marquant, l’immatriculant avant de le parquer, le déporter et finalement l’exterminer. Et pour que cette mécanique fonctionne, il faut l’obéissance de la bête humaine « devant laquelle on fit voler jusqu’au bout un lambeau d’espoir », «égarant le gibier par l’appât de la survie », ce gibier qui refuse de croire à la solution finale tellement difficile à concevoir tant que les nazis gardent figure humaine et « parce que l’âme est esclave de la vie ».&lt;br /&gt;Il y aura bien quelques voix pour s’élever contre cette barbarie mais si faibles, ici ou là, pour dire que les Juifs sont des hommes comme les autres, qu’on ne choisit pas le ventre de sa mère. Dans la vie d’Ernie, il y a monsieur Kremer, l’instituteur, ce tendre idéaliste qui croit que la pureté de l’enfant peut venir à bout des imperfections de la nature humaine, que l’instruction civique et la poésie peuvent construire une digue contre la barbarie. Il ne s’intéresse pas vraiment à la politique, pour lui, le fascisme, c’est « la taverne dans les rues et au gouvernement » et les fascistes de mauvais enfants qui ont besoin d’être corrigés. Trop d' ignominies vont l’obliger à sortir de sa rêveuse réserve .Dans la cour de récréation, les jeunes garçons des jeunesses hitlériennes harcèlent les enfants juifs, aidés par les autres, les « apolitiques », ces enfants qui n’ont d’autres raisons de le faire que de s’amuser un peu et d’être du côté des plus forts. En s’interposant, en les protégeant monsieur Krémer va signer son arrêt de mort mais accéder à la sérénité et goûter une grand paix surtout lorsqu’il réalisera que même s’il disparait, le ciel et la terre continueront d’exister.&lt;br /&gt;Et c’est aussi ce que pense Ernie quand il se tient devant les portes du camp d’internement de Drancy, sous un ciel doux et serein. « Les choses ne prennent aucune part à l’agitation des hommes, Drancy recelait quelque part un abcès d’où suintait une quantité incroyable de souffrance, mais elle n’en laissait rien voir. » Drancy, où il veut entrer pour ne plus ressortir, à la grande stupéfaction des gendarmes en faction, n’attendant pas humblement comme tout un chacun de sa race, que son heure soit venue et son sort décidé par les autorités en place.&lt;br /&gt;C’est à Drancy qu’est enfermée Golda, celle qu’il a extirpée des mains de deux "patriotes français". Ernie et Golda se savent promis à la mort, ils ne peuvent que s’aimer au bord de leur destinée, quelques heures, quelques jours. Il est douloureux à lire le récit de leur pourtant délicieuse journée de liberté qu’ils s’offrent dans les rues de Paris, déambulant sans étoile, comme tout le monde, amoureux anonymes et quelconques, se permettant de futiles et innocents plaisirs.&lt;br /&gt;Les dernières pages sont terribles et belles à la fois, d’une beauté déchirante, parce qu’à travers cette horreur, rayonne l’humanité d’Ernie, Ernie qui promet aux enfants qu’il accompagne dans leur dernier voyage, à ces petits corps souffrants qui s’accrochent à lui de leur dernières forces, qu’à l’arrivée, ils rejoindront un royaume merveilleux où règne une joie éternelle.&lt;br /&gt;Quand on ferme ce livre, on partage avec Ernie, l’impression qu’il avait eu plusieurs fois dans sa vie, « de stupeur et d’accablement devant l’extraordinaire pouvoir des hommes de créer de la souffrance avec rien ou presque. »&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-7917926616637588668?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/7917926616637588668/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/05/le-dernier-des-justes-andr-schwarz-bart.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/7917926616637588668'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/7917926616637588668'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/05/le-dernier-des-justes-andr-schwarz-bart.html' title='Le Dernier des Justes (André Schwartz-Bart)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_ZcJy3NWiFNg/SDW22dcBVVI/AAAAAAAAABQ/Y1kZ7KoNSJA/s72-c/dernierjustes.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5194584965909834232.post-2389514439758803225</id><published>2008-05-22T19:43:00.005+02:00</published><updated>2011-06-14T13:58:09.768+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Wright Joe'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinema 2000'/><title type='text'>Reviens-Moi (Joe Wright 2007)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5203261159389615426" src="http://bp0.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SDWydNcBVUI/AAAAAAAAABI/LVqJm5pdPhc/s400/18828929.jpg" style="cursor: pointer; float: left; margin: 0pt 10px 10px 0pt;" /&gt;Une propriété victorienne de l’Angleterre des années 30, terrain de jeu de Briony, 13 ans,  petite fille fantasque et imaginative. Briony écrit, Briony veut être écrivain. Elle vient de terminer une pièce de théâtre qu’elle veut faire jouer le soir même pour fêter le retour de son frère par ses turbulents cousins qui la laissent bien vite tomber pour aller se baigner. Les jeux de Briony les assomment, ils l’abandonnent à ses rêveries et  à sa solitude qui n’est jamais ennui, tant elle aime observer le monde des adultes qui la fascine même si certaines choses lui échappent. Elle va être témoin d’une scène ambiguë entre sa soeur Cécilia et Robbie, le fils de la femme de ménage, qu’elle va mal interpréter. Toute la subtilité du film est là, dans sa construction, ces flash-back, ces  même scènes vues sous différents angles suivant le personnage, chacun sa version, chacun sa vérité? avec pour nous seul, spectateur la possibilité de reconstituer le puzzle.Robbie et Cécilia sont attirés l’un par l’autre, ça se voit malgré leur apparent désaccord lorsqu’ils sont ensemble, elle faussement agressive, lui, tétanisé par le trouble que sa présence provoque. Lorsque dans la solitude de sa chambre, il tente de lui écrire et qu’elle dans la sienne, se prépare pour le dîner, la tension est palpable, leur désir vibrant. C’est cette terrible lettre qu’il finira par écrire, ces quelques mots griffonnés  révélant ses sentiments pour elle, qui va faire basculer cette insouciante et chaude journée d’été dans le drame.C’est à Briony que Robbie remettra la  lettre pour Cécilia, sans se douter que ce geste va lui être fatal. Briony est attirée par Robbie , à la fois compagnon de jeu de la petite fille qu’elle est encore et source d’un sentiment plus ambivalent, attirance vaguement amoureuse de la jeune fille qu’elle est en train de devenir.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5203261060605367602" src="http://bp1.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SDWyXdcBVTI/AAAAAAAAABA/-MJeHjpVxgs/s400/18815801.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;Un jour, elle ira jusqu’à se jeter dans la rivière pour qu’il la sauve. Son esprit, à la fois naïf et d’une maturité peu commune pour son âge, est affolé par tout ce qu’elle pressent des mystères de l’amour, étrange mélange de trouble et d’inquiétude. Si l’attitude de Robbie avec Cécilia provoque en elle curiosité, elle y voit aussi comme une menace qu’elle verra concrétisée lorqu’elle surprendra Cécilia dans les bras de Robbie, dans la bibliothèque, dans une attitude qui ne laissera aucun doute sur la nature de leur relation.Une union entre Robbie et Cécilia est difficilement concevable, lui le fils de domestique qui envisage de faire des études de médecine, mais grâce à la générosité des employeurs de sa mère, et elle, riche héritière de la famille Tallis. D’ailleurs, ce soir là, le fils de la famille est arrivé, accompagné d’un ami, ennuyeux à mourir, mais fils de bonne famille, possédant une fortune conséquente, un excellent parti pour Cécilia. Ce bel ordre établi va voler en éclats ce soir-là, lorsque la cousine de Briony est victime d’une agression sexuelle, c’est Robbie qu’elle accusera, lui le suborneur de sa soeur, lui qui en lui préférant Cécilia, en la traitant comme une gamine, l’a quelque part trahie, ce ne peut être que lui le coupable, cette vague silhouette masculine entrevue dans la nuit et pour preuve de sa perversité , elle exhibera la lettre .Robbie sera jugé, emprisonné  et finalement, si coupable il doit y avoir, ça arrange tout le monde que ce soit ce fils de domestique plutôt qu’un membre de l’aristocratique tribu.&lt;br /&gt;Quelques années plus tard, c’est la guerre, Robbie vient d’être libéré de prison, parce qu’il a accepté de s’engager dans l’armée, il rencontre pour un bref moment Cécilia, qui elle, a tout abandonné, famille, fortune pour vivre à Londres de son travail d’infirmière. Ils se revoient avant d’être séparés de nouveau et pourtant ils s’aiment avec la même intensité. Et là, on nage tellement dans le romanesque, qu’on a peur de s’y noyer. Une brève étreinte dans une bibliothèque, suivie de quatre années sordides et leur amour est intact ? Soit : il faut se laisser emporter par ce flot sentimental, ces images somptueuses, ces rêves de petit cottage blanc et bleu au bord de la mer, où ils abriteront leurs amours quand Robbie reviendra de la guerre. Mais où est la vérité?&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5203260884511708450" src="http://bp0.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SDWyNNcBVSI/AAAAAAAAAA4/MrILT-zBdxk/s400/18815800.jpg" style="cursor: pointer; display: block; margin: 10px auto; text-align: center;" /&gt;C’est Briony qui a la clé de toute cette histoire, comme elle avait la preuve de l’innocence de Robbie, elle qui a grandi, pris conscience de la gravité de ses actes. Elle est devenue infirmière pour se rapprocher de sa soeur dont elle a brisé le destin et elle écrit. De ces  aller et retour continuels entre rêve et réalité, elle fera son métier, elle sera écrivain. Elle va écrire et réécrire sa vie et celles de ses proches, cet éternel jeu des apparences, comme elle l’entend, comme elle aurait du être, comme un acte d’amour, jusqu’à son ultime roman , dont le titre dit bien ce qu’il veut dire Expiation.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5194584965909834232-2389514439758803225?l=memoiredejade.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://memoiredejade.blogspot.com/feeds/2389514439758803225/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/05/reviens-moi-joe-wright.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/2389514439758803225'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5194584965909834232/posts/default/2389514439758803225'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://memoiredejade.blogspot.com/2008/05/reviens-moi-joe-wright.html' title='Reviens-Moi (Joe Wright 2007)'/><author><name>Jade</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07546600060290264890</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_ZcJy3NWiFNg/SDWydNcBVUI/AAAAAAAAABI/LVqJm5pdPhc/s72-c/18828929.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry></feed>
